Dire et lire la prose et le vers


Je propose un atelier dans le cadre de La Nuit de la lecture autour de la langue française en explorant les chantiers d’investigation que sont la syntaxe, la métrique, la phonétique, la symbolique des langages... Détenir ces clefs permet pleinement d’éclairer toute phrase, sa construction et la pensée qu’elle sous-tend. Tout texte devient alors une partition que l’on peut déchiffrer, lire et dire en donnant à entendre la trajectoire de la pensée de l’auteur, parce que l’on saisit de l’intérieur la façon dont elle est construite.
Ce sont ces outils fondamentaux que je me propose de transmettre aux participants de l'atelier. Qu’ils deviennent des goûteurs de la langue, dans une démarche d‘écoute et d’échange avec l’auditoire, en participant ainsi à la recherche d’une adresse à l’autre renouvelée, vivante.

Dans son livre (Le Jeu verbal), Michel Bernardy nomme avec justesse le processus de déchiffrage par le lecteur de la partition de l’auteur : « Faute de sentir que la langue est à la fois proche et distante, les jeunes acteurs brûlent généralement l’étape verbale, comme supposée connue, pour passer au stade téméraire de l’interprétation.
Les mots ne leur semblent exister que pour être mémorisés au plus vite. Ils les consomment sans tenir compte de leur substance, de leur énergie, de leur action réciproque. Ils méconnaissent le maniement des phrases pour n’avoir pas envisagé l’énoncé dans sa forme et dans sa vibration. Or, l’incarnation du verbe par l’acteur est une opération privée qui sert de préalable à toute représentation théâtrale. Elle suppose un accord parfait entre un texte écrit et la personnalité physique de l’interprète avant la moindre intervention du metteur en scène. Tant que l’écriture n’a pas trouvé sa respiration exacte, sa pulsation cardiaque, aucun rendez-vous ne peut être donné au personnage.» 


Robin Renucci