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Analyse
Appartient au dossier :

Le New Deal et les arts plastiques

La politique menée par Franklin Roosevelt consiste en une intervention massive de l’Etat fédéral se déployant dans tous les domaines d’activité. Les arts plastiques ne sont pas oubliés.
L'affiche du Faderal Art Project

  Affiche, 1936, Archives of American Art, [Domaine public]

Un art pour tous

L'un des programmes les plus importants, le Federal Art Project relève de la puissante agence Work Projects Administration ou WPA qui gère la politique de grands travaux publics. C'est un programme fédéral dédié aux arts visuels. 

Son objectif est de donner du travail aux artistes, des travailleurs comme les autres affaiblis par la crise économique. Les chiffres sont éloquents : de 1935 à 1945, près de 200 000 œuvres (peintures, affiches, fresques) sont commandées à des artistes.

Cette politique d’envergure donne non seulement du travail aux artistes, mais répond aux objectifs de Franklin Roosevelt : montrer la crise, la documenter afin de justifier les mesures exceptionnelles et convaincre les Américains de la gravité de la situation.

C’est aussi l’occasion de rapprocher l’art du grand public en confiant aux artistes la mission de refonder le roman national, de redonner espoir et dynamisme à une population désenchantée.

Le périmètre d’action de ce programme s’étend aussi à l’enseignement et la recherche en art : une volonté de rendre la culture accessible à tous et de créer de nouveaux publics.  
 
école de peinture pour enfants
Ecole de peinture à Jacksonville, Florida, Archives of American Art [domaine public] 
W.C.Palmer peignant une fresque
W. C. Palmer, 1936, Archives of American Art [Domaine public]

Certains des artistes soutenus deviendront très célèbres comme Jackson Pollock, Willem de Kooning, Lee Krasner, Mark Rothko, Arshile Gorky, Philip Guston ou Stuart Davis.

Les peintres du New Deal développent cependant en majorité une peinture régionaliste qui vante la vie simple loin des grandes villes, exalte la nature américaine.

Si les résultats du New Deal sont mitigés du point de vue économique, des bénéfices se dégagent dans le domaine culturel : l’Amérique commence à créer sa propre culture s’inspirant du muralisme mexicain, des avant-gardes européennes et puisant dans sa propre histoire.
 

 

couverture de Art for the Millions
Art for the Millions: Essays from the 1930's by Artists and Administrators of the WPA Federal Art Project, Francis V. O'Connor
New York Graphic Society, 1975
De 1935 à 1943, le Federal Art Project, branche artistique du Works Progress Administration fut administré par Holger Cahill. Cet ouvrage est un bilan officiel de son activité au service des arts dans toute leur diversité : beaux-arts (peintures murales, sculpture, peintures de chevalet, arts graphiques et photographies), arts décoratifs et aussi enseignement artistique. C’est aussi une anthologie des réalisations relatées par les artistes eux-mêmes, pour certains devenus célèbres comme Arshile Gorky, Stuart Davis ou Berenice Abott.
A la Bpi, niveau 3, 707.38 ART

couverture de When Art Worked

When Art Worked: The New Deal, Art, and Democracy

Roger G. Kennedy, Rizzoli, 2009
Les objectifs et réalisations des programmes artistiques lancés dans le cadre du New Deal. Cet ouvrage propose plus de 450 illustrations.
A la Bpi, niveau 3, 707.38 WHE


Quand le Mexique inspire Washington

Les Etats-Unis, en ce début de 20e siècle, aspirent de plus en plus à se libérer de la suprématie culturelle européenne. Le Mexique voisin vient de faire sa révolution et met en œuvre une politique culturelle originale qui encourage les artistes à se rapprocher du peuple, souvent illettré, en décorant les bâtiments publics. Un peintre américain, George Biddle va jouer un rôle important : il connaît le Mexique et s’intéresse à la peinture murale. Il est aussi un condisciple de Roosevelt auquel il soufflera l’idée du Federal Art Project.

Muralisme mexicain, retour en arrière

Dans les années 20, des artistes, comme Diego RiveraJosé Clemente OrozcoDavid Alfaro Siqueiros répondent à la commande du gouvernement mexicain : ils s’engagent dans l’aventure et produisent de nombreuses peintures murales. Ils y racontent et aussi glorifient l’histoire du Mexique, son passé et sa révolution. Ils inventent le muralisme, une version moderne et épique de la fresque qui se nourrit de sources multiples : avant-gardes européennes, Renaissance italienne, art pré-colombien et aussi art populaire mexicain. Cet art national deviendra rapidement le symbole de la modernité mexicaine.
Au début des années 30, Rivera, Orozco et Siqueiros, « Los Tres Grandes » sont appelés par des commanditaires privés aux Etats-Unis ; ils y deviennent célèbres auprès du public et des artistes américains qu’ils vont influencer.

couverture du livre
Aspects du muralisme mexicain
Monique Plâa, CNED, PUF, 2008
Cette étude aborde le mouvement le plus significatif de la peinture mexicaine à partir de trois artistes essentiels : José Clemente Orozco, Diego Rivera et David Alfaro Siqueiros, souvent perçus comme étant au service de l'Etat.
L'auteur envisage l'articulation entre art et histoire tout en dégageant les spécificités de chacun d'eux et en faisant la part de l'autonomie de leur art. Avec une chronologie.
A la Bpi, niveau 3, 758.8 PLA
couverture du livre
The Mexican Muralists in the United States
Laurance P. Hurlburt, University of New Mexico Press, 1989
Cet ouvrage propose une étude détaillée des productions américaines des trois grands muralistes mexicains. Il étudie aussi leur impact sur les artistes et intellectuels nord-américains ainsi que sur la politique de commandes publiques initiées par le gouvernement Roosevelt.
A la Bpi, niveau 3, 757.38 HUR
couverture du livreMuralism Without Walls: Rivera, Orozco, and Siqueiros in the United States, 1927-1940
Anna Indych-López, University of Pittsburgh Press, 2009
Le mouvement muraliste mexicain a émergé après une décennie de violence de 1910 à 1920. Au début des années 1930, « Los Tres Grandes », Orozco, Rivera et Siqueiros sont appelés aux Etats-Unis à la demande d’institutions privées. Cet ouvrage étudie l’introduction et la réception du muralisme mexicain aux Etats-Unis.
A la Bpi, niveau 3, 757.38 PLA

Peindre les murs

A l’exemple du Mexique, les peintures murales vont occuper aux Etats-Unis une place majeure dans les commandes publiques. Leur mission est de rapprocher l’art du peuple. A cet égard, un ambitieux programme est emblématique : décorer plus de 1000 bureaux de postes répartis sur tout le territoire. L’esthétique, à dominante régionaliste, répond aux objectifs de Roosevelt : faire découvrir la diversité de l’Amérique, revisiter son histoire, célébrer une culture commune, magnifier le peuple américain. Parmi les œuvres créées, les réalisations des artistes africains-américains font exception : leur style est plus original, entre modernité européenne et retour à l’art primitif africain, comme chez Aaron Douglas. 

couv. Democratic Vistas
Democratic Vistas: Post Offices and Public Art in the New Deal

Marlene Park, Gerald E. Markovitz, Temple University Press, 1984
Cet ouvrage retrace l’histoire et les enjeux du vaste programme initié par la Section of Painting and Sculpture qui relève du Trésor des Etats-Unis. A son actif, plus de 1100 peintures murales et 300 sculptures décorant des bureaux de poste répartis dans l’Amérique entière. Le titre fait référence au texte de Walt Whitman « Perspectives démocratiques » en faveur de la démocratie américaine.
A la Bpi, niveau 3, 757.38 PAR
 
couv. Aaron Douglas
Aaron Douglas : African American Modernist
Yale University Press, 2007
Peintre africain-américain (1899-1979) né à Topeka, Kansas. Aaron Douglas s’installe à Harlem en 1925 où il devient l’artiste phare de la Harlem Renaissance. Il étudie à Paris avec Charles Despiau et Othon Friesz (1925–31). Il développe des thèmes et motifs africains d’inspiration Art déco. En 1934, il réalise dans le cadre du Public Works of Art Project, les fresques « Aspects of Negro Life » à la bibliothèque de Harlem, aujourd’hui Schomburg Center for Research in Black Culture.          
A la Bpi, niveau 3, 70 « 19 » DOUG 2

 
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