0   Commentaires
Brève

Soulèvements au Musée du Jeu de Paume

Au Musée du Jeu de Paume, "la colère gronde quand le regard frémit". Le philosophe et historien d'art Georges Didi-Huberman explore l'esthétique des mouvements de foules en lutte à travers l'exposition "Soulèvements" (18 octobre 2016-15 janvier 2017).
/files/live/sites/Balises/files/Images/Arts/soulevements/Soulevement_catalogue.jpg

 "J'essaye de faire bouger des choses concernant notre rapport aux images " 
Né en 1953, Georges Didi-Huberman est un philosophe et historien de l’art. Maître de conférence depuis 1990, il enseigne à l’Ecole des Hautes-Etudes en Sciences Sociales. Il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages et d’essais mêlant philosophie et histoire de l’art comme l’Oeil de l’histoire composé en 6 tomes dont Peuples en larmes, peuples en armes. Il a été co-commissaire de l’exposition "Atlas-Comment porter le monde sur son dos ?" présentée à Madrid, Karlsruhe et Hambourg en 2010-2011 et "Nouvelles histoires de fantômes" au Palais de Tokyo en 2014.
En 2016 , le Musée du Jeu de Paume lui confie ses espaces pour une exposition transdisciplinaire sur le thème de émotions collectives en tant qu'elles supposent des mouvements de foules en lutte : insurrections, révolutions, vacarmes, bouleversements en tous genres ...

"Soulèvements" nous promène selon un parcours thématique, d’un montage de films russes des années 1930 aux Drapeaux de Léon Cogniet rouges du sang des insurgés de 1848, des gravures de Goya témoins de la violence de l’armée napoléonienne à la colère en acte photographiée par Germaine Krull, des manifestants nord-irlandais cadrés par Gilles Caron au cliché d’un ouvrier mexicain en grève  par Manuel Alvarez Bravo, du Ciné-Tract de Gérard Fromanger filmé par Jean-Luc Godard à la charge des manifestants par la police gravée par Félix Vallotton en 1893 jusqu' à la longue marche des migrants afghans et syriens contournant la frontière gréco-macédonienne dans le plan fixe du film Idoméni de Maria Kourkouta...

"Pour qu’il y ait soulèvement, il faut un partage des émotions"

Pour "Soulèvements", Georges Didi-Huberman s'appuie sur le travail historique et philosophique qu'il mène depuis des années.
Dans Peuples en larmes, peuples en armes, un séminaire organisé par le Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL) en fin 2014, il consacrait la première séance à l'analyse de la scène de lamentation du Cuirassé Potemkine d’Eisenstein.

Dans son approche de la repré­sen­ta­tion des peuples, G. Didi-Huberman reste sen­sible aux tem­pêtes ou oura­gans (insur­rec­tion pari­sienne des Misé­rables de Hugo, sou­lè­ve­ment humains de La Grève d’Eisenstein ou de Soy Cuba de Kala­to­zov) où, selon lui, le « je » devient « nous ». Il nous explique ici comment les vieilles pleureuses d’Odessa, autour du corps d'un matelot mort, passent des lamentations à la colère et réclament justice,  annonçant la levée du peuple en armes.

 

Peuples en larmes, peuples en armes, la première séance (03/11/2014) du séminaire du CRAL composé de dix séances, de novembre 2014 à avril 2015 :

Captcha: