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Vitrine d’un studio de portraits photographiques, par Walker Evans

Vitrine d’un studio de portraits photographiques
Penny Picture Display, Savannah, 1936, Epreuve gélatino-argentique 21,9 x 17,6 cm, The Museum of Modern Art, New York, Gift of Willard Van Dyke © Walker Evans Archive, The Metropolitan Museum of Art, Photo : © 2016. Digital Image, The Museum of Modern Art, New York / Scala, Florence
Walker Evans (1903-1975) reste l'un des photographes américains les plus importants et les plus influents du 20e siècle. Du 26 avril au 14 août 2017, le Centre Pompidou lui consacre sa première grande rétrospective française, en exposant près de 300 photographies. A cette occasion, Balises revient sur une œuvre, qui, du début des années 1920 à la fin des années 1970, sut documenter avec force et réalisme l’Amérique moderne.
En 1936, au cours de l’un de ses nombreux voyages, Walker Evans photographie la devanture de ce studio photo à Birmingham en Alabama. On y découvre les portraits miniatures et standardisées de centaines de citoyens américains prenant la pose, de face ou de trois-quarts : hommes, femmes, enfants, amoureux, soldats, bébés... que l'on imagine être d'anciens clients. Ici, la culture "vernaculaire" chère à Walker Evans est portée haut et fort, dans le sujet de la photographie certes, mais surtout dans la méthode choisie : cadrage frontal, simplicité du tirage... Ce cliché s'impose comme une photographie-manifeste, qui semble être la profession de foi artistique de Walker Evans. La culture de masse, cette "taylorisation générale des individus" (Kracauer, 1927), n'effraie pas l'œil, au contraire, elle est représentée positivement à travers cette démocratie d'hommes moyens, dont la photographie promet de laisser une trace du passage.
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