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“Il y a des trucs qu’on ne sait pas qu’on désire”

De l’intérêt de la re-matérialisation des ressources en ligne : quelques solutions testées à la Bpi
 

“J’aime pas.”

Au début de l’année 2017, la Bpi s’est intéressée à l’usage fait de ses ressources en ligne, interrogeant lecteurs et personnels.
Le constat de départ est clair :
"Je déteste la lecture sur un ordinateur."
"J’aime pas.”
"J’aime pas lire sur un écran en fait.”
"Zéro !  Zéro ! Je me suis juste jamais posé la question. Je me contente de trouver des ressources non électroniques."

En insistant un peu, le bibliothécaire parvient tout de même à susciter un intérêt autour de ces collections et des perspectives qu’elles laissent entrevoir :
"Je peux l’avoir en direct, instantanément, sur mon ordinateur,  alors qu’avant je ne le faisais jamais."
"C’est plus simple d’accès que d’aller farfouiller dans les collections périodiques."
"Oui, il y a un vrai plus en terme de commodité."
"Pour faire une petite revue de presse du coup ça m’a vraiment aidé de voir ce qu'il y avait dans l’actualité au niveau hebdomadaire. Au niveau des recherches c’est bien."

 L’important travail de médiation effectué par les bibliothécaires est ainsi à souligner, ce sont eux qui orientent en premier lieu vers ces ressources et assistent les lecteurs.
 Mais comment provoquer la rencontre “fortuite” entre l’usager et les ressources en ligne en dehors de la médiation avec le bibliothécaire ? Dans les rayons et les allées de la bibliothèque ?

"C’est juste qu’il y a des trucs qu’on ne sait pas qu’on désire"

La question est bien de rendre ces "trucs" visibles et donc "désirables” .

La centaine de sites spécialisés auxquels est abonnée la Bpi est accessible sur 217 postes informatiques de la bibliothèque ainsi que sur le propre matériel des usagers, par le wifi. Mais cette collection numérique riche et originale est, particularité de la Bpi, accessible sur place uniquement. Il n’y a -sauf exceptions liées à l’éditeur- pas d’accès distant aux ressources en ligne de la Bpi.

Par ailleurs, les publics et les usages sont très diversifiés : étudiants mais aussi professionnels (juristes pour les sites spécialisés de droit par exemple), grand public. Avec à chaque fois des besoins, des modes d’accès, des usages et des équipements numériques différents.
L’idée n’est donc pas de rajouter des dispositifs technologiques entre un contenu et le lecteur mais de recréer une approche tangible, concrète et familière, celle de la matérialité du "papier” et ainsi une forme d’attention sur des contenus numériques. Sans perdre de vue la spécificité de ces collections et sans vouloir à tout prix mimer le livre jusqu’à l’absurde :
"Non ça va prendre de la place en rayon. Et puis l'intérêt du livre c'est que je peux le feuilleter etc. Donc à part faire vraiment des faux livres.... mais dans ce cas où est l'intérêt..."

Informer, Expliquer, Sélectionner, Signaler, Donner accès

Un marque-page mode d'emploi, une signalétique à proxixmité des / sur les postes informatiques, une carte ebook, une carte postale renvoyant vers une sélection de ressources, un fantôme, une partagebox, des stickers à disséminer sur les tables de lecture... : chacun des dispositifs testés a en commun de s'appuyer sur un "support", qui renvoie ensuite vers un accès direct sur un terminal mobile, un poste informatique ou la médiation humaine du bibliothécaire en s’appuyant potentiellement sur toutes les techniques qui permettent de faire le pont entre le virtuel et le réel : reconnaissance d’imageNFCBeacon ou tout simplement le QR code… Car si on dispose de peu de retours sur l’usage réel du QR code en bibliothèque, on constate que sa signification au moins est connue : il y a “quelque chose” derrière ce carré gris. Le QR Code "signale" ainsi un contenu en ligne, en est le "point d'accès" et le "symbole".

Il est intéressant de multiplier et diversifier les accès et les supports, de les disséminer dans les différents espaces de la bibliothèque (étagères, bureaux d'information, postes informatiques, tables de lecture, espaces de détente... ) et de décliner les supports et les discours en fonction des objectifs définis en amont par le bibliothécaire qui se sert de ces outils pour proposer aux usagers des collections cohérentes, tous supports.

Mais il est surtout essentiel de prendre conscience du caractère transverse de ces problématiques de matérialisation des ressources en ligne, entre gestion des collections, gestion de flux, graphisme, communication, signalétique, choix techniques... et donc du néccessaire traitement transverse de la question au sein d'un établissement. Peut-être est-ce là le plus difficile ? 




 
 












 

 

 
 
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