Venez ! - Lettres d'un temps de guerre - «Écris-moi des tas de petits mots pour multiplier les chances que ça arrive»

De Ligne en ligne n°15 - Octobre à décembre 2014

suite 25 venez ! «ÉCRIS-MOI DES TAS DE PETITS MOTS POUR MULTIPLIER LES CHANCES QUE ÇA ARRIVE» Cartes postales envoyées du front Lettres d’un temps de guerre, cycle de films documentaires du 7 au 27 novembre, Cinéma 1 et 2. Organisé en collaboration avec la BDIC (Bibliothèque de documentation internationale contemporaine), dans le cadre du Mois du film documentaire et de la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale. Programme complet www.bpi.fr À lire ������������������������������������������������������������������ Livres et journaux dans les ������������������, Autrement, 2013 930.722 GIL �������������������������������������������������� �������������������������������������������������������� (avec Arndt Weinrich) Paris, La Martinière, 2014 930.72 GIL © Coll. Privée Mobilisé comme des milliers d’autres hommes en ce début d’août 1914, le jeune normalien Marcel Étevé demande qu’on lui écrive régulièrement et beaucoup. Il doit affronter, dans les premières semaines de la guerre, la désorganisation des services postaux. Même s’il ne participe pas aux premières batailles en Belgique et sur la Marne en septembre 1914, Marcel Étevé rencontre les mêmes difficultés que les combattants. Ceux-ci ne reçoivent pas les lettres de leurs proches et se plaignent amèrement auprès de leurs officiers de cette absence qui mine leur moral. Aussi, l’état-major comprend rapidement la nécessité de mettre en place un système efficace de poste aux armées. En décembre 1914, ce sont ainsi près de quatre millions de lettres qui partent chaque jour du front, et probablement autant expédiées de l’arrière. L’ampleur de cette correspondance – un soldat écrit une lettre par jour en moyenne – témoigne du besoin de maintenir un lien avec les familles, de donner des nouvelles, d’informer de sa vie dans les tranchées et de rassurer. Ces lettres sont un des résultats tangibles de l’accélération des progrès de l’alphabétisation qui marque la société française depuis la fin du XIXe siècle. Le commandement militaire ne tarde pas à s’inquiéter de ce mouvement épistolaire. Au début de l’année 1915, il prend de premières dispositions concernant le contenu des correspondances écrites par les soldats. Craignant que des informations d’ordre militaire ne tombent entre les mains de l’ennemi et soucieux de ne pas trop révéler l’ampleur des pertes subies, le général Joffre, commandant en chef de l’armée, demande à ce que les courriers écrits par les soldats soient lus avant de quitter le front. Dans les faits et en raison de la masse quotidienne d’envois, seule une lettre sur deux cent cinquante est effectivement ouverte et lue par les commissions de contrôle postal qui opèrent dans la zone des armées. Mais en demandant à ce que la mesure soit connue de tous les combattants, l’état-major crée les conditions de l’autocensure. Les combattants se sentent désormais épiés et le contenu de leurs missives s’en ressent. Il faut bien sûr largement nuancer cette affirmation. Les correspondances éditées depuis 1915 montrent très souvent que les mobilisés ne cachent rien de la réalité tragique de leur sort et de leur souffrance. L’autorité militaire se sert d’ailleurs de ces lettres pour mesurer, à partir de 1916, le moral de ses troupes. Benjamin Gilles, Conservateur à la BDIC et commissaire de l’exposition Vu du front : représenter la Grande Guerre. Paris, BDIC-Musée de l’Armée. Octobre 2014 - janvier 2015. venez!��Lettres d'un temps de guerre


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