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de ligne en ligne n°20 - avril à septembre 2016

Tout étudiant ne mérite-t-il pas une bourse ? Je suis boursière. Échelon 2 : pas de frais d’inscription à payer et 249 euros par mois. Je vis chez mes parents. Grâce cette bourse, je peux couvrir mes besoins (livres, fournitures…) sans solliciter leur aide ni être contrainte de travailler. Mon amie Marie n’a pas de bourse, car ses deux parents travaillent et gagnent des salaires plutôt raisonnables. Ils la laissent se débrouiller. Pour payer son loyer et subvenir à ses besoins, elle doit travailler en parallèle de ses études. Après les cours, elle va au McDo de 19 h à minuit. Ceci dure depuis trois ans et durera jusqu’à la fin de ses études. J’ai rencontré dans un train un jeune homme de 22 ans, ambitieux et motivé pour faire des études. Il n’a pas droit à une bourse. Ses parents refusent de l’aider. N’ayant pas trouvé de boulot pour pouvoir financer ses études, il les a abandonnées. Aujourd’hui, il travaille et vit en colocation. Il espère néanmoins pouvoir reprendre ses études de commerce. Dernier exemple. Jonathan, un ami, est boursier et vit chez ses parents. Touchant une belle somme chaque mois, il n’hésite pas à se faire plaisir : sorties, ciné, soirées, les dernières paires d’Adidas, iPad et iPhone… Qui mérite la bourse ? Moi, Marie, le jeune homme du train ou Jonathan ? À mon avis, la solution idéale, déjà mise en place dans certains pays européens et en projet dans d’autres, est le revenu de base inconditionnel, ou revenu universel. Il se définit tout simplement comme un revenu versé par la société à tous ses membres, sur une base individuelle, sans conditions de ressources, ni exigence de contrepartie. Pour les pauvres comme les riches. Il ne s’agit pas d’une logique compensatrice de revenu mais plutôt d’une logique émancipatrice de l’individu. Les pays ayant adopté le revenu universel s’en réjouissent, à quand notre tour ?  Nezha, 24 ans, étudiante en master 1 de droit, Toulouse 20 dossier : Jeunes en 2016 « L’orthographe de Nietzsche m’a fait sourire... mais cette citation correspond bien au statut des étudiants. » « Marseille, La Friche Belle de Mai. Au bout, c’est la fin des études, le début d’une vie plus stable avec un emploi à la clef. Mais il reste encore un peu de chemin à parcourir…» Moi, Wargirl en France Un(e) War, c’est un(e) étranger(e) au front sur un territoire donné, qui se bat pour sa survie au quotidien. C’est ainsi que chaque étudiant étranger s’identifie. Dès mon arrivée en France, je suis entrée dans la réalité de la vie étudiante : stress, études et pression. J’ai entrepris des démarches pour trouver un boulot étudiant. Là, j’ai réalisé que la réponse des recruteurs dépend pas mal de l’idée que l’on se fait de tes origines. Pour une raison qu’on ne saurait expliquer, ceux-ci se voient très mal confier la responsabilité de la caisse, de la supervision ou des rayons aux « djobeurs » africains dans des supermarchés ou des boutiques. Ils préfèrent recruter des tiers, même si le Warboy ou la Wargirl fait preuve d’une motivation surnaturelle. Redevable envers toute la famille Le devoir absolu des Warpeople est de se battre pour trouver un taf. S’ils réussissent à se voir délivrer le visa d’études, ils savent qu’ils vont au front pour chercher leur avenir, et qu’ils sont de ce fait redevables envers toute la famille qui s’est la plupart du temps endettée pour payer les frais de voyage. Tout ceci n’est pas à voir comme un point faible, mais au contraire comme une expérience qui forge l’endurance d’un(e) War. Une chose est sûre, c’est que c’est mieux qu’au bled. Les Warpeople trouvent souvent des tafs dans des domaines laborieux comme la plonge, la manutention, etc. Ainsi je tire mon chapeau à tous les Warpeople de France qui parviennent à rester debout, même touchés par les coups de la vie.  Barbara, 23 ans, volontaire en service civique, Lyon


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