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de ligne en ligne n°20 - avril à septembre 2016

Mon dernier rendez-vous au Centre d'Information et d'Orientation Un mercredi à 18 h 30. Ce jour-là, je rentre dans le bureau de la conseillère d’orientation, impatiente de discuter de mon avenir et de trouver une suite à ma première année de master Management et gestion en alternance. Quand elle ouvre la porte et que j’aperçois son bureau, je suis un peu surprise : tout est rangé, son ordinateur éteint, comme si elle avait terminé sa journée, prête à expédier son dernier rendez-vous. Le combat commence Je me lance pour exposer ma demande, la conseillère me coupe et souhaite que je lui expose d’abord ce que j’ai fait comme études à ce jour. Je m’exécute. Aussitôt, elle remet en question mon parcours et la validité du diplôme que je prépare. Le combat commence. Mon école m’aurait-elle donné de fausses informations ? Un doute s’installe, mais je tente de mieux me faire comprendre pour défendre mon statut. La discussion tourne en rond. Ni elle ni moi n’avons l’intention de céder. Je décide d’y mettre un terme : « J’ai bien entendu ce que vous pensez. Maintenant, pourrions-nous envisager que mon master soit valable, et que vous m’informiez sur ce que je peux faire à la sortie de cette année ? » Comme je le ferais pour ma liste au père Noël, je lui donne mes critères de recherche : un master 2 en alternance, pour lequel j’envisage trois spécialités, et n’importe où en France car je suis mobile. Mais ce n’est pas si simple : elle m’explique que mes critères sont trop vagues, qu’il y a des tonnes de formations qui peuvent y correspondre, qu’il n’y a que moi qui puisse trouver en cherchant sur Internet… J’insiste. Le logiciel magique qui sait tout sur les cursus Eh oui, il va falloir rallumer l’ordinateur. Elle se connecte au super logiciel magique des CIO qui sait tout sur tous les cursus, elle commence par la demande de formation en communication interne et me montre les 2 000 résultats qui sortent. À ce moment, elle pense avoir eu raison de moi, mais je n’ai pas fini. Je veux des réponses, je veux des adresses, je ne partirai pas sans rien. Alors je lui demande s’il est possible de ne sélectionner que les cursus en alternance. La magie se produit et les 2 000 résultats se transforment en une liste de deux ou trois pages. Finalement, j’ai eu ce que je voulais, ma formation est bien un diplôme universitaire certifié, et je suis fière de m’être battue. Mais à 17 ans, qu’aurais-je fait ?  « Marseille, Le Panier. Pour moi, c’est la capacité à dépasser ses peurs pour atteindre ses objectifs, coûte que coûte. » *À lire : Hélène, 26 ans, volontaire en service civique, Toulouse 21 dossier : Jeunes en 2016 ➩suite du dossier Mon plan de carrière Il y a deux ans, mon collègue revient d'un rendez-vous le regard vide. Il m'explique que notre plus gros client vient de décider de ne pas renouveler notre contrat. Nous étions photographes, nous ne travaillions déjà pas toute l'année. Pour moi, cela ne signifiait qu'une chose : j'allais devoir trouver un emploi à côté, ou même devoir changer complètement de profession. Retour à la casse Départ J'ai pris un boulot alimentaire afin de me laisser le temps de réfléchir. Ma situation ressemblait exactement à celle dans laquelle je m’étais trouvé à la fin de mes études : obligé de travailler, pas de diplômes, pas de plan de carrière, pas d'opportunités claires. Je me suis posé les mêmes questions qu’à l’époque : qu'est-ce que j'aime faire dans la vie ? Quelles sont mes passions ? Quels sont les métiers qui me permettraient d'en vivre ? Rien de tout ça n'avait changé avec le temps. J'étais toujours passionné par la technologie, la technique, et attiré par l'Art. Toujours rester curieux Un jour, je me suis rappelé l’existence de la programmation, un domaine qui m'avait toujours intéressé, mais qui, à l'époque, me semblait inaccessible. Soit les écoles n'étaient pas intéressées par mon profil, soit elles étaient hors de prix, quand ce n'était pas les deux. En cherchant, j'ai trouvé des établissements qui donnaient une chance aux personnes dans ma situation. Me voilà donc lancé dans une nouvelle aventure, dans un domaine qui m'est encore inconnu, mais riche de connaissances et de compétences à maîtriser. Toujours rester curieux, toujours avoir envie d'apprendre, voilà comment je vois mon plan de carrière. Nicolas, 27 ans, en formation, Paris D’autres témoignages sur www.la-zep.fr/


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