au Centre : Occupy Beaubourg !

de ligne en ligne n°20 - avril à septembre 2016

Occup y Beaubour g ! L’art de la révolte Hors Pistes – 11e édition Festival organisé par le service des cinémas du DDC du 22 avril au 8 mai Galerie 4, Forum – 1, Cinéma 1 et 2, Petite Salle Programme complet : www.centrepompidou.fr/ https://fr-fr.facebook.com/hors.pistes/ #HorsPistes www.bpi.fr Anna Halprin, Blank Placard Dance, 1967 © Lawrence Halprin au Centre Printemps arabes, Occupy Wall Street à New York, mouvement des Indignés en Espagne, des Parapluies à Hongkong… Depuis une dizaine d’années, des révoltes citoyennes secouent la planète. Les artistes contemporains se font l’écho de ces luttes et s’en inspirent. L’édition 2016 du festival Hors Pistes, programmée par Géraldine Gomez, rend visible cet intérêt en présentant des oeuvres d’artistes internationaux. Toutes les luttes se ressemblent. Si les motifs d’indignation diffèrent, la forme que prend l’expression du mécontentement est, à peu de chose près, identique depuis des siècles. Sans doute n’a-t-on pas trouvé d’action plus efficace pour montrer l’ampleur de son indignation que de se rassembler, de marcher ensemble, et d’occuper l’espace public. Pancartes, affiches, slogans, chants… sont des outils visuels et sonores encore largement utilisés. « Chaque fois qu’on fait une manifestation », souligne Géraldine Gomez, « on inscrit ses pas dans une manifestation antérieure, soit concrètement, en défilant dans les mêmes rues , soit en reprenant les codes qui accompagnent la manifestation. Hors Pistes explore ces rites de la contestation citoyenne à travers des représentations artistiques. » Réactiver les codes, détourner les rituels Depuis longtemps, les artistes s’intéressent à ce vocabulaire formel et l’intègrent à leur travail. Ainsi, en 1967, à San Francisco, alors que les États-Unis s’embourbent dans la guerre du Vietnam, la chorégraphe américaine Anna Halprin réalise la performance Blank Placard Dance. Elle demande à des danseurs de marcher dans la rue en brandissant des pancartes vierges. Le but ? Provoquer la surprise et les questions des passants sur le motif de cette manifestation silencieuse, recueillir leurs propres motifs de révolte. Dans le cadre du festival, cette performance sera rejouée. Sous la direction artistique de la chorégraphe Anne Collod, des volontaires défileront dans les espaces du Centre Pompidou et recenseront, peut-être, les raisons contemporaines de s’indigner. L’artiste colombien Iván Argote s’intéresse pour sa part au slogan. En amont du festival, il proposera un atelier de création de slogans. Ces derniers seront ensuite inscrits sur différents mobiliers : vitrines, présentoirs, porte-documents, dispersés dans les espaces du Centre. Aux côtés des oeuvres présentées, ces formules écrites sur des supports inhabituels offriront un parcours alternatif. Marco Godoy, lui, est sensible au caractère sonore des slogans scandés lors des manifestations. Cet artiste espagnol a demandé à La Solfónica, une chorale madrilène qui ne chante que lors de manifestations, de reprendre certains slogans dans un arrangement musical inspiré du compositeur Henry Purcell. Dans sa vidéo Claiming the Echo (2012), il filme les membres de la chorale dans un théâtre vide. Alors que ces derniers, habillés de noir, partition à la main, se répartissent sur les gradins, rien ne laisse présager que vont retentir : « It’s called a Democracy but it’s not a Democracy », « We are not scared » and « These are our weapons ». Ces morceaux composés pour la vidéo ont, depuis, été intégrés au répertoire de La Solfónica. 4 au Centre : Occupy Beaubourg !


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