Page 6

de ligne en ligne n°20 - avril à septembre 2016

Aimée Zito Lema, Rond de Jambe, 2015 Marie-Hélène Gatto, Bpi « On le voit dans le film Take the Square d’Oliver Ressler, dès qu’il y a occupation de rue, des bibliothèques participatives sont créées spontanément », souligne Géraldine Gomez, chargée de la programmation du festival. Une bibliothèque participative : les anarchives de la révolte. Au niveau – 1 du Centre Pompidou, Hors Pistes met en place une bibliothèque participative avec la collaboration active de la Bpi et la contribution généreuse de nombreux éditeurs — qu'ils en soient tous remerciés ! Vous pourrez prendre et déposer des documents sur les manifestations et occupations de rue, les lanceurs d’alerte, les nouvelles utopies, l’art et politique… mais pas seulement ! La bibliothèque vivante des militants Les livres, ce sont eux : des militants venus de différents horizons. En 20 minutes, un ou une marxiste, végétalien(ne), défenseur(e) du droit au logement ou de la cause LGBT,... vous racontent leur parcours, leur combat. Une rencontre en face à face pour vous permettre de discuter et d’en savoir plus sur les convictions qui animent ces hommes et ces femmes engagés. Les 27, 28 et 29 avril de 17 h 30 à 19 h 30 Forum -1, inscription sur place 6 au Centre : Occupy Beaubourg ! Expérimenter Les représentations des combats citoyens empruntent parfois des voies plus poétiques. Dans sa vidéo Rond de jambe (2015), Aimée Zito Lema établit un parallèle entre les corps en lutte et les corps dansants. Elle s'inspire d'un conflit déclenché dans les années 1980 par la construction du Stopera à Amsterdam. Les riverains estimaient notamment que ce bâtiment destiné à accueillir des spectacles de danse était trop élitiste. En visionnant les archives de cette lutte, l’artiste argentine prend conscience de l’implication physique mise en jeu lors des contestations. Elle travaille alors avec des danseurs sur les gestes, parfois violents, des contestataires. La vidéo juxtapose les images d’archives et celles de la répétition d’une chorégraphie intégrant certains de ces mouvements. Autre exemple, l’artiste cubain Adrian Melis a assisté en Espagne à de nombreuses manifestations pour les droits des travailleurs. Il en a enregistré le son pour en garder la trace. Dans son installation The Power of the Working Class, il l’utilise et en donne une équivalence visuelle. Par le biais de machines à bulles, le son est transformé en bulles de savon. Plus le bruit de la manifestation est fort, plus le visiteur est bombardé de bulles. Une fois passés la surprise et l’émerveillement, il s’interroge. Que symbolisent ces bulles de savon ? La beauté fragile de la lutte ? Leur éclatement inéluctable ne signifie-t-il pas plutôt l’inutilité de celle-ci ? Les frontières entre ces formes de représentations sont poreuses. Tourné depuis la fenêtre d’un immeuble donnant sur une place où se déroule une manifestation étudiante contre le Contrat première embauche, Sur place de Justine Triet a des allures de documentaire. Le film suit les mouvements de la foule, paysage changeant et chaotique. Les agressions des casseurs, les interventions des CRS, les rythmes visuels de la rue se mélangent dans une chorégraphie hypnotique. « À la fin, on ne sait plus que c’est une manifestation, cela devient abstrait », explique Géraldine Gomez. © Aimée Zito Lema


de ligne en ligne n°20 - avril à septembre 2016
To see the actual publication please follow the link above