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de ligne en ligne numéro 23 - avril à septembre 2017

Parcours d’un engagement Aujourd’hui, lorsque l’on ouvre la porte du prêt sur gage, on est d’abord accueilli par des employés qui demandent si c’est la première fois que l’on vient et, le cas échéant, expliquent comment s’y prendre. Il faut avoir un justificatif d’identité et un autre de domicile. Ensuite, on fait la queue pour ouvrir un dossier de prêt, suite à quoi on reçoit un ticket. Puis, on s’installe dans la salle d’engagement jusqu’à ce que le numéro inscrit sur le ticket s’affiche sur l’écran indiquant le guichet où se présenter. Là, on dépose son objet dans une boîte que vous tend le guichetier. On attend alors à nouveau, le temps qu’un des experts installés dans une salle derrière les guichetiers examine ce que l’on est venu engager. On est rappelé et on prend connaissance de la valeur estimée, ainsi que de la somme du prêt proposée, soit environ la moitié de l’estimation. Si l’on accepte, on signe l’expertise et on attend dans une autre salle, où l’on reçoit l’argent après avoir signé un contrat de nantissement de l’objet à l’une des caisses. À tout moment, on peut revenir dégager son bien. Il faut alors rembourser le prêt augmenté des intérêts dont le taux varie selon le montant prêté. Ventes aux enchères À chaque date anniversaire, si l’on souhaite renouveler l’engagement, il faut payer les intérêts de l’année écoulée. Mais si on décide de ne pas récupérer l’objet, on ne paye rien et il est alors mis aux enchères dans la salle des ventes dont la porte, dans la cour pavée, fait face à celle du prêt sur gage. Si le produit de la vente est inférieur à l’estimation, le Crédit municipal assume la perte. Si, au contraire, les enchères se clôturent sur un prix supérieur à la valeur estimée, on encaisse le bénéfice. On peut d’ailleurs choisir d’anticiper la vente, après un délai minimum de trois mois. Le prêt sur gage pourrait paraître folklorique au XXIe siècle s’il n’était pas révélateur de difficultés matérielles contemporaines. Depuis la crise bancaire de 2008, les mises en gage sont encore plus nombreuses. D’ailleurs, le montant maximum prêté en espèces – au-delà il faut disposer d’un compte bancaire –, qui avait été abaissé en 2015 à mille euros afin de lutter contre le blanchiment d’argent, a été de nouveau relevé à trois mille euros le 1er janvier 2017. 15 dossier : L’engagement ➩suite du dossier Lorenzo Weiss, Bpi Photo L. Weiss, Bpi « Un secours venu à propos vaut mieux, je le répète, qu’un véritable trésor. » Théophraste Renaudot, créateur du journalisme en France, Félix Roubaud, 1856


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