au Centre : Stephen O'Malley, metal hypnotique

de ligne en ligne numéro 23 - avril à septembre 2017

au Centre Manifeste-2017 Fujiko Nakaya, Fog Sculptures KTL (Stephen O’Malley et Peter Rehberg) composition, arrangement et performance Vendredi 2, samedi 3 juin Piazza, 22 h Stephen O’Malley et Peter Rehberg STEPHEN O’MALLEY, METAL HYPNOTIQUE Fondateur du groupe de drone metal Sunn O))), le guitariste Stephen O’Malley se situe au croisement de la frange dure du rock et de la musique contemporaine. Rencontre avec un artiste en quête de méditation, invité de la prochaine édition du festival Manifeste de l’Ircam. KTL, le duo que vous formez avec Peter Rehberg se produit pour la seconde fois dans le cadre du festival Manifeste. En juin, vous jouerez sur l’esplanade du Centre Pompidou en écho aux sculptures de brouillard de Fujiko Nakaya. Comment ce contexte influence-t-il votre musique ? Mon influence majeure, c’est vraiment Fujiko. Elle est incroyable, c’est une artiste très libre et ouverte. C’est elle qui a conçu le scénario et le design du brouillard. C’est la première fois qu’elle collabore avec l’Ircam. Cette institution de recherche musicale s’intéresse aussi au spectacle vivant et permet de découvrir de nouvelles zones de création. Je vis à Paris depuis dix ans, mais je viens de Seattle. C’est très loin d’ici, à bien des égards ! Il n’y a pas de musée de cette envergure. Jouer dans un lieu aussi populaire et fréquenté, c’est franchement un honneur. C’est exotique pour moi, je suis un immigré ici ! C’est aussi très excitant, car le concert va me donner l’opportunité de faire les choses à grande échelle en travaillant sur la spatialisation du son avec une très bonne équipe technique, notamment avec Manuel Poletti. À Paris, avec Sunn O))) ou d’autres projets, j’ai joué dans de petites salles comme les Instants chavirés, dans de plus grandes structures comme la Cité de la musique-Philharmonie de Paris, ou à l’église Saint-Merri. Il y a un public fréquentant ces deux types de salles. Le lien entre Saint-Merri, l’Ircam et le Centre Pompidou est très intéressant : Saint-Merri est l’église la plus progressiste de Paris, l’Ircam est le plus grand centre de recherche acoustique et le Centre Pompidou se consacre à l’art contemporain. © Ronald Dick Quels sont vos liens avec la musique contemporaine et les grands compositeurs tels Pierre Boulez, György Ligeti et Gérard Grisey ? Grisey a été mon premier contact avec la musique contemporaine. Vers 2008, Sunn O))) travaillait sur un nouveau disque, Monoliths & Dimensions. Nous voulions développer les résonances entre instruments électriques et instruments acoustiques, mais on ne savait pas comment s’y prendre. La personne qui a écrit les arrangements était obsédée par Tristan Murail et Gérard Grisey. C’est comme ça qu’on a découvert la musique spectrale de Grisey et de Iancu Dumitrescu, ainsi que ce qui se passait à l’Ircam. Grisey savait merveilleusement créer l’illusion d’un son venu d’ailleurs avec un ensemble instrumental. En revanche, je connais davantage Boulez comme chef d’orchestre que comme théoricien ou compositeur. En fondant l’Ircam, il a créé des connexions entre les arts contemporains, dont la musique. 5 au Centre : Stephen O’Malley, metal hypnotique ➩suite


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