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de ligne en ligne numéro 23 - avril à septembre 2017

Les nymphes du Grand Palais dans la brume en 2013 Marie-Hélène Gatto, Bpi 7 Fin Flickr (CC-BY-ND 2.0) Deweggis au Centre : Stephen O’Malley, metal hypnotique CE N’EST PAS DU VENT ! Peut-on sculpter la brume ? Oui, répond Fujiko Nakaya. Depuis les années 1970, cette artiste japonaise a fait du brouillard la matière principale de son travail. Un peu partout dans le monde, elle crée des Fog Sculptures en interaction avec le milieu choisi, naturel ou urbain, et collabore parfois avec d’autres artistes : musiciens, danseurs… Née en 1933, Fujiko Nakaya est la fille d’Ukichiro Nakaya, le premier à avoir fabriqué des flocons de neige artificielle. Un héritage assumé puisque le travail artistique de Fujiko Nakaya s’appuie sur des recherches scientifiques. À partir de brumisateurs d’eau à haute pression – un dispositif technologique élaboré et breveté par l’artiste –, Fujiko Nakaya produit la matière qu’elle utilise. En fonction des données météorologiques, topographiques du lieu de l’intervention, elle détermine le nombre de brumisateurs, leur distance idéale, utilise des ventilateurs pour accélérer le mouvement ou des éclairages qui chauffent l’atmosphère et génèrent des courants de brouillard verticaux. Peut-on parler de sculpture quand la matière se fait fuyante, évanescente ? Dans la monographie que lui ont consacré les Presses du réel, l’artiste s’explique : « en fait de sculpture, il s’agit de travailler avec l’atmosphère comme matière première et de laisser le vent manier le burin à sa guise dans le moule des conditions atmosphériques. » Ses Fog Scupltures sont donc des collaborations subtiles avec l’eau, l’atmosphère, les courants d’air et… les spectateurs. Eux aussi, par leur présence qui augmente la température, modifient les conditions de production de l’oeuvre.


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