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La Bpi
et vous
Quelques films pour appréhender par le sensible, écouter /voir, les êtres et leurs proches frappés par la maladie de la mémoire.

Alzheimer, mon amourun film de Carine Lefebvre, Yumi Productions, 1998, 26 min.A travers deux couples, deux différents stades de la maladie d' Alzheimer, deux façons de faire face à une vie bouleversée. Deux histoires qui racontent l'évolution et les conséquences de la maladie pour le conjoint des personnes atteintes pour qui, au-delà de la souffrance, l'amour demeure dans son essence et sa vérité.
Edith et Michelun film de Jocelyne Clarke, ONF/NFB, 2004, 52 min.
"Lorsque je parle de toi, lorsque j'écris sur toi, lorsque j'ai l'audace de rendre publique un pan de notre histoire, j'offre le plus intime de nous deux au regard des autres. C'est dangereux, douteux, hasardeux mais je ne résiste pas au plaisir de te dire, de te raconter. Je déroule notre histoire et c'est une tendre distance qui s'empare de mon présent autant que de mon devenir. Est-ce là me préparer au pire ? Peut-être...". Ces paroles d'Edith Fournier, femme et accompagnatrice dans la maladie d'Alzheimer du documentariste, peintre et écrivain Michel Moreau, fondent un film qui relate l'expérience tragique d'un couple en y trouvant un germe autre, le levain nouveau des sentiments qui unissent. Edith décrit toutes les étapes de la dégénérescence physique et intellectuelle de Michel depuis l'été 1998 où l'apprentissage du fonctionnement d'une nouvelle caméra lui fut insurmontable. Des extraits du dernier documentaire autobiographique de Michel "Le pays rêvé", des passages de ses carnets de notes constituent la matière du film qui oscille entre le passé et le présent. Les réflexions d'Edith et un entretien réalisé à Baie Saint-Paul, leur maison de vacances, sont les jalons, les amers de cette traversée :
" Ton existence a pris le dernier virage. Tu es occupé à vivre, seul au milieu de nous, puissant dans ton extrême faiblesse, infiniment digne dans ce corps dorénavant nu".
Entre père et filsun film de Ara Sahiner. 2002, 53 min.
Shahnour Sahiner, le père du réalisateur, était médecin et vivait à Istanbul. Il a consacré également sa vie à l'enseignement de l'histoire et de la langue arménienne. Lorsque son fils Ara commence à le filmer, il a 80 ans, et les premiers signes d'une maladie de la mémoire viennent d'apparaître. Ara vit aux États-Unis et filme son père à Istanbul lors des visites régulières qu'il lui rend, d'abord dans l'appartement familial, puis dans la chambre que son père occupe dans un foyer."Entre père et fils" est un film sur la mémoire et sur les liens affectifs qui unissent père et fils. A la fin du film, Shahnour Sahiner ne reconnaît plus son fils — il le confond avec son propre frère — lui fait répéter inlassablement son nom, celui de son fils aîné et, pour combattre l'oubli, réécrit inlassablement ces noms. Cet effort acharné du père pour retenir des bribes de sa vie est parallèle à celui, désespéré, du fils pour saisir l'instant présent avec sa caméra.
Maladie de la mémoireun film de Richard Dindo, Léa film Production, 2002, 90 min.
Richard Dindo, « travailleur de la mémoire » s’intéresse à la maladie d’Alzheimer encore très mystérieuse. Pour ce faire il est allé à la rencontre de patients, chez eux, dans une maison de retraite ou des lieux de soins et de diagnostic comme la consultation de la mémoire du service de gériatrie des Hôpitaux universitaires de Genève. Il saisit à la fois la lutte des malades contre le néant et la souffrance des familles face à ce qu’un des témoins décrit comme un « deuil blanc». A chaque nouvel oubli constaté c’est un deuil qu’il faut faire. Les paroles recueillies s’ancrent dans la douleur et la perte. Le film nous aide à comprendre et l’évolution de la maladie et le changement relationnel brusque, total qu’elle induit. Car comme l’énonce avec tant de détresse un jeune homme que son grand-père ne reconnaît plus : « Quand tous les souvenirs se sont évadés, tout s’efface, il ne reste qu’une enveloppe vide ; les souvenirs, c’est tout ce qui fait un être ».
La mémoire retrouvéeun film de Jean-Michel Kuess, La Cathode, 2005, 52 min.
Depuis quatre ans, à l'hôpital gériatrique "Les Magnolias" à Balainvilliers dans l'Essonne, tous les lundis pendant une heure et demie, Pilar Garcia, musicothérapeute, anime un atelier en direction des personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer. Expérience exceptionnelle où la vocalisation, le chant, l'intimité avec des instruments de musique permet à des patients de retrouver le sens de la communication. Le film s'articule autour des séances, de l'énergie qui y est donnée et dépensée. Cinq portraits de malades sont esquissés dont celui d'une femme aphasique pour laquelle les mots déferlent en cascades incompréhensibles pour nous mais porteurs d'intenses émotions pour elle. Par son approche de l'autre, Pilar, permet aux patients la redécouverte de leur corps et par là même une reconnaissance comme individu. L’expérience singulière du chant, sa matière vivante offre ce présent (cadeau et instant de vie à la fois) : garder sa voix.
« L’Alzheimer est typiquement une maladie à « début insidieux ». Comme tout le monde perd plus ou moins la mémoire en vieillissant, il est impossible d’épingler le premier souvenir qui en est victime. Le problème était particulièrement délicat dans le cas de mon père qui, non seulement était déprimé, renfermé et légèrement sourd, mais qui prenait en outre de puissants médicaments pour d’autres affections. Longtemps, on a pu attribuer ses absences à ses difficultés auditives, ses oublis à sa dépression, ses hallucinations à ses médicaments ; et nous ne nous en privions pas. » p. 19.
dans Pourquoi s’en faire ? Jonathen Franzen, trad. de l'anglais (Etats-Unis) par Rémy Lambrechts, Ed. de l’Olivier, 2003821 FRAN.J 2