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La Bpi
et vous
La Devinière, un film de Benoît Dervaux, 1999, 1h30 min
«Le 18 février 1976, La Devinière, un lieu de psychothérapie institutionnelle, ouvrait ses portes à dix-neuf enfants réputés incurables, refusés par tous ... Ces enfants, en somme exilés, La Devinière les a acceptés définitivement avec comme principe fondateur de ne les rejeter sous aucun prétexte. Le mot asile reprend son sens, un espace sans grille, ni chimie, où l’on donne le droit de vivre avec sa folie....Au fil des saisons, j’ai filmé au plus près ce lieu qui a fait rejaillir la vie où tout semblait condamné» ( Benoît Dervaux) Le principe fondateur de la Devinière, c’est de permettre au malade de vivre «avec sa folie», au milieu de soignants qui ne prêtent pas attention à ses symptômes. A cela s’ajoute le refus de la limite d’âge. Quinze des dix-neuf enfants du début sont encore là. Huit autres les ont rejoints. Sans voix off, sans commentaire, le film de Benoît Dervaux donne à voir la relation, précieuse, fragile, qui se tisse entre des êtres que la folie a privés de tout moyen de communication.
Elle s’appelle Sabine,un film de Sandrine Bonnaire, 2008, 1h25 min
Sandrine Bonnaire filme sa soeur Sabine, 38 ans, autiste. Par un montage parallèle ce témoignage nous confronte, et c'est à chaque fois un choc, à Sabine avant (une jeune femme au regard noir intense, rieuse, pleine de vitalité) et après (une silhouette massive défaite par les neuroleptiques à hautes doses, la camisole) son internement durant cinq ans dans une structure psychiatrique inadaptée. Le contraste entre l'avant et l'après est constant dans le film marquant ainsi la nostalgie que ressent la réalisatrice et l 'actualité de la situation de Sabine qui depuis son entrée dans un foyer d'accueil en Charente a retrouvé petit à petit la parole, un goût de vivre même si ses capacités restent altérées. Ce va-et-vient entre deux temps séparés, cassés par l'internement ( l'un évoqué par des images d'archives personnelles et la narration en voix off de Sandrine Bonnaire, l'autre par le présent de moments de vie au foyer) montre combien un individu peut être broyé par un système de prise en charge défaillant. Cette dénonciation est renforcée par celle de la dramatique pénurie de centres spécialisés qui soient de véritables lieux de vie pour des adultes en souffrance.
Ligne 28 de l'hôpital à la ville,un film de Patrick Viron, 1999, 58 min
Rencontre avec les voyageurs de la ligne 28 reliant l'hôpital psychiatrique Le Vinatier au centre de Lyon. Dans ce bus vous croiserez : Aline, Hervé, Yves, Martine et Martine, Laurent, Laurette et Didier. "Rien ne les distingue vraiment des autres voyageurs si ce n'est cette descente à l'arrêt Le Vinatier. Rejetant les masques du silence, ces personnes, en cours de traitement, ont accepté de livrer une part de leur expérience de vie. En transit entre lieu de soin et lieu de vie, saisissant la parole et parfois la caméra ils questionnent la part de folie qui est en nous".
La Lucarne, un film de Thierry Augé, 1989, 54 min
Sous la houlette d'un centre psychothérapique, quatre cents familles d'Ainay-le-Château, dans le Bourbonnais, accueillent 1150 personnes handicapées mentales. Voués ailleurs à l'enfermement, les handicapés sont ici pris en charge par les villageois «nourriciers». Mais ils constituent aussi pour le village la principale «industrie» : «S'il n'y avait pas les mabouls, Ainay-le-Château serait mort.» La caméra observe avec douceur cette cohabitation de gens «ordinaires» et de gens «à problèmes». Léon prend un cours d'arithmétique avec la petite fille de la maison. D'autres font leurs emplettes chez les commerçants ou sur le champ de foire. Celui-ci donne de l'herbe aux lapins. Celui-là parle chiffons avec la psychothérapeute. Il y en a deux qui flirtent tranquillement au café. La «nourrice» se plaint : Michel était désagréable, le Centre l'a repris et va changer son traitement, mais elle n'en veut plus; d'ailleurs elle préférait Lucien, hébergé depuis 27 ans. Ainay-le-Chateau, ce drôle de village où l'on rencontre de vieux enfants.
Portrait de Bruno Bettelheim : vivre à l'Ecole orthogénique, un film de Daniel Karlin, 1974, 1h17 min
Bruno Bettelheim, au moment de ce film (3ème d'une série de 4 émissions consacrées à son uvre), dirigeait depuis près de trente ans l'Ecole orthogénique Sonia Sankhman dans la banlieue de Chicago. Le film regarde vivre les quelques cinquante enfants alors à l'Ecole et le personnel qui les entoure. La méthode Bettelheim consiste, pour simplifier, à créer autour des enfants malades (autistes notamment) un milieu propice à l'établissement d'une communication pouvant aboutir parfois à la guérison, parfois à l'atténuation de la souffrance. Dans ce film sur la vie quotidienne des malades et du personnel, la souffrance et l'enfermement psychiques ne sont pas observés avec la curiosité entomologique qui caractérise certains documentaires sur la maladie mentale. Les gestes, les mots, les silences, montrés dans une juste complicité, font approcher le monde de l'Ecole et celui de la maladie, et comprendre, un peu, la différence.
Quand tombent les murs de l'asile, un film de Youki Vattier, 2005, 55 min
Voyage avec des psychiatres et des malades dans l'Europe de la psychiatrie hors-les-murs qui naquit en 1974 à Trieste sous l'impulsion de Franco Basaglia (1924-1980) organisateur des " communautés thérapeutiques" dont le combat est à l'origine de la loi 180 qui supprime les asiles psychiatriques en Italie.
Les racines de La Borde et la psychothérapie institutionnelle, un film de Alain Bouvarel, Richard Martin et Pierre Tremblay, 2008, 52 min
"Rêve d'enfant, délire, château de sable, fuite métonymique, terrain désertique, tout reste encore à explorer" c'est sur cette citation que s'achève l'interview de Jean Oury, psychiatre et psychanalyste, fondateur en 1953 de la clinique de Cour-Cheverny dans le Loir-et-Cher, située dans le château de La Borde, lieu mythique de mise en actes de la psychothérapie institutionnelle. Procédant à la fois par associations et de manière plus dirigée grâce aux questions de son interviewer Pierre Delion, Jean Oury retrace l'histoire de La Borde, les péripéties de sa création, la venue de Félix Gattari, l'importance théorique de Lacan comme celle de Lucien Bonnafé. Les racines de La Borde, ce sur quoi le projet thérapeutique se fonde est au coeur du propos à savoir la résistance à l'oppression psychiatrique, soit le respect de l'opacité de l'autre. Il dénonce également l'infiltration technocratique qui détruit toute potentialité soignante.
Secrète enfance, un film de Guy Seligman, 1979, 1h30
Animée par Maud Mannoni, l'école expérimentale de Bonneuil destinée aux enfants inadaptés avait fait l'objet d'émissions de télévision plus anciennes, mais, à partir de 1978, la pratique de l'école, reconnue comme hôpital de jour, dotée cependant d'un foyer d'accueil de nuit, avait déjà considérablement évolué. En effet, les enfants et adolescents séjournent alors plus longtemps et plus souvent dans les familles qui les accueillent, les suivent et les guident. Le film décrit cette nouvelle étape de Bonneuil, en s'attachant plus particulièrement au quotidien de quatre enfants vivant en province. Le témoignage de quelques parents permet également d'approcher l'univers difficile des enfants.
Un silenzio particolare, un film de Stefano Rulli, 2004, 1h 15 min
«Il m’a fallu un long cheminement pour accepter de porter à l’écran, mon fils, Matteo, Clara et moi-même. Un choix que je n'arrivais pas à me formuler clairement, même quand j’ai commencé à filmer ce qui, au début, constituait du matériau sur la maison d'accueil, le gîte de la Fondation «La città del sole» et ses hôtes. Et puis, petit à petit, Matteo qui était là, hors-champ, m’a fait comprendre dans son langage fait plus de gestes et de regards que de mots, qu’il pouvait y être lui aussi, qu’il était prêt à se raconter et à se laisser raconter par moi. C’est ainsi qu’est née l’idée d’«Un silenzio particolare» comme le journal d’une famille «différente» sans la présence d’un regard extérieur pour modifier cette expérience. A l’intérieur de cette idée de récit, j’ai décidé, après plus de vingt ans, de revenir à la réalisation, parce que, pour la première fois, j’ai senti que je ne pouvais confier mon histoire à d’autres, même beaucoup plus talentueux que moi». Stefano Rulli, co-réalisateur avec Silvano Agosti, Marco Bellocchio et Sandro Petraglia de « Matti da slegare »/ «Fous à délier», nous donne à lire ici le journal intime filmé d'une famille mue par le désir de comprendre et d'entrer en communication avec leur fils, Matteo, âgé de 24 ans, atteint de troubles psychiques. Entre distance et proximité, entre archives familiales et projet collectif autour des pensionnaires de «La città del sole» de Monte Piglio, le film interroge notre rapport à l'autre, à la différence parfois radicale, au repli sur soi, à l'angoisse, à la peur mais aussi au consentement fragile, à la relation apaisée avec Mamma Clara concrétisée dans le rapprochement pacifié de leurs deux corps, moment fort d'une consolation mutuelle. Nous convier à ce voyage, au travail du temps et de la confiance que Clara et Stefano donnent à leur fils telle est la grande humanité de la démarche du film.