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La Bpi
et vous
Aliénations, un film de Malek Bensmaïl, 2003, 1h45 min
«En Algérie, la montée régulière et progressive de la pathologie mentale atteint des proportions alarmantes. La psychiatrie y rencontre d'énormes problèmes en regard des bouleversements socio-culturels, de la récession économique, du traumatisme des attentats et de la crise politique.» (Malek Bensmaïl) Réalisé en hommage à un père psychiatre qui contribua à fonder l'hôpital Djebel Ouahch de Constantine et tourné dans ce même hôpital, ce film est riche d'informations sur la pratique des psychiatres en Algérie et sur les compromis qu'ils passent avec les autres spécialistes de l'âme humaine (les marabouts et les cheiks). Filmé en cinéma direct, le réalisateur recueille la parole spontanée des malades soit lorsqu'ils sont reçus en consultation, soit lorsque, internés, ils parlent entre eux ou avec un parent venu en visite. Vers la fin, certains se livrent directement à la caméra. En mettant en évidence les courants souterrains qui travaillent cette société et alimentent sa crise, ce film donne un écho aux multiples souffrances actuelles du peuple algérien.Le film a reçu le Prix des Bibliothèques au festival Cinéma du réel 2004.
D’un monde à l’autre, un film de Michel Viotte, 2005, 52 min
L'unité Victor Marcia de l'hôpital psychiatrique de "L'eau vive" à Soisy-sur-Seine en région parisienne accueille depuis les années 70 des déficients mentaux dont la plupart sont des adultes autistes ayant eu le plus souvent un itinéraire chaotique. Le film nous permet d'appréhender le quotidien des malades et les efforts fournis par leurs soignants pour établir avec eux un lien de communication. En effet pour l'équipe de Victor Marcia il importe de recommencer ensemble une histoire et de tenter de construire avec les patients "une passerelle entre deux mondes fondamentalement différents : notre monde dit normal, social, parlant, et leur monde à eux, dans lequel les mots et les gestes semblent revêtir d’autres significations…"
Histoires autour de la folie, un film de Paule Muxel et Bertrand de Solliers, 1993, 3h30
Fondé en 1868, l'asile de Ville-Evrard, situé en région parisienne, était un établissement représentatif du système d'exclusion de la folie à la fin du 19ème siècle. Devenu hôpital psychiatrique après la réforme de sectorisation de 1972, il dessert aujourd'hui la population du département de la Seine-Saint-Denis. Ce documentaire traverse les lieux et les vies, celles de médecins, d'infirmiers, de malades, pour certains internés depuis plus de trente ans. Il restitue la logique du rejet, évoque la vie quotidienne, les méthodes de soins, les relations humaines au sein de cette institution et propose une réflexion sur les rapports relatifs à l'exclusion et leur évolution sur près d'un siècle.Le film donne longuement la parole à Lucien Bonnafé (1912-2003) qui consacra sa vie à la recherche d’un désaliénisme théorique et pratique. Considéré comme le principal fondateur de la psychiatrie de secteur, il fut l'un des plus importants acteurs de l'évolution de la psychiatrie au 20°siècle.
J'ai rêvé d'une grande étendue d'eau, un film de Laurence Petit-Jouvet, 2003, 53 min
Au Centre hospitalier universitaire Avicenne de Bobigny Marie-Rose Moro, psychiatre pour enfants et adolescents, reçoit des familles migrantes venue d'Asie, du Moyen-Orient, d'Afrique et d'ailleurs. Grâce à cette consultation d'ethnopsychanalyse (s'y croisent en effet ethnologie, psychiatrie et psychanalyse) les patients peuvent exprimer leur mal être sans le dissocier de leurs croyances et coutumes. Le film par les extraits des séances dont il se compose rend compte de l'originalité de l'espace clinique crée où la maladie est soignée collectivement grâce à la présence de co-thérapeutes originaires de différents pays.
San Clemente, un film de Raymond Depardon et Sophie Ristelhueber, 1980, 1h38 min
Tourné en 10 jours pendant la période du Carnaval par l'équipe très réduite des deux co-réalisateurs, le film nous montre la vie au tout début des années 80 des malades dans un hôpital psychiatrique sur l'île de San Clemente à 10 minutes en bateau de Venise. L'asile de San Clemente est maintenant fermé, ses archives sont conservées à la Fondation San Servolo IRSESC et constituent la mémoire de l'histoire psychiatrique de Venise. Ce film, saisie d'une réalité dans les temps de sa disparition, soulève non seulement des questions sur la maladie mentale, le regard que nous portons sur elle, le bruit en nous à sa vision, les ambivalences quant à "l'asile" (lieu de l'exclusion et refuge) mais suscite également des interrogations sur son statut d'archive audiovisuelle.
Schizophrénia, un film de Vita Zelakeviciute, 2001, 58 min
Selon l'Association indépendante des psychiatres de Russie, de 1967 à 1987, plus de deux millions de personnes ont été considérées malades, soumises à des traitements contre leur gré, déchues de leurs droits civiques, et ce, pour des raisons politiques. Le film est construit à partir de témoignages d'anciens dissidents internés en hôpitaux psychiatriques, confrontés à ceux de médecins psychiatres dont certains sont encore en activité. Des documents d'archives et des films de propagande, ainsi que des images filmées dans des hôpitaux actuels, montrant leur état de délabrement, viennent compléter ces témoignages. La plupart des médecins ne semblent pas remettre en question leur pratique d'alors et trouvent des arguments pour la justifier encore aujourd'hui. Les dissidents, inculpés pour " activités anti-soviétiques " et diagnostiqués comme schizophrènes, sont brisés par cinq, dix ou quinze ans d'internement.
Titicut Follies, un film de Frederick Wiseman, 1967, 1h24 min
Les conditions de vie dans la prison d’Etat de Bridgewater (Massachussets), réservée aux criminels malades mentaux. Le film montre de quelle façon les détenus sont traités par les gardiens, les travailleurs sociaux et les psychiatres. Premier film de Wiseman, «Titicut Follies» a été interdit de diffusion aux Etats-Unis pendant 24 ans. Le film est en noir et blanc, magnifiquement cadré et monté, sans commentaire, sans effet, sans compassion, sans concession. D'autant plus impitoyable et bouleversant.
Toulouse, la folle explosion, un film de Gérard Milhès, 2003, 52 min
30 morts, 3000 blessés. Tel est le bilan de la catastrophe d'AZF, le 21 septembre 2001à Toulouse. L'hôpital psychiatrique Marchant, situé en face de l'usine chimique, est détruit par l'explosion. Les locaux sont dévastés, il n'y a plus de lit pour les 370 patients. En ce tragique 21 septembre patients et soignants attendront patiemment des heures et des heures une évacuation se sentant abandonnés sur place. Le film tourné un an après l'accident chimique montre l'itinéraire de l'hôpital pris dans ce désastre, le traumatisme engendré par la catastrophe, les solutions recherchées pour les patients déracinés ayant perdu leurs repères, les réactions paradoxales des hôpitaux environnants, les difficultés pour les patients, les infirmiers, la communauté psychiatrique confrontée au vieux vécu de l'exclusion. Le film s'interroge et nous interroge sur l'état des rapports de la société avec les malades mentaux. Les conséquences de la déflagration permettent de réfléchir sur la psychiatrie publique.
Urgences, un film de Raymond Depardon et Claudine Nougaret, 2000, 1h 30 min
Pendant plusieurs mois, Raymond Depardon a filmé au Centre des Urgences psychiatriques de l'Hôtel-Dieu à Paris, des gens en situation de crise, de détresse morale, victimes du stress quotidien, de l'extrême solitude, de l'alcoolisme. Il nous fait découvrir le patient travail d'écoute du psychiatre et la relation qui s'établit entre le malade et le médecin.Pour prolonger le film : deux interviews où Raymond Depardon parle de son métier, de son rapport à la caméra, au montage, à la prise de son.