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Fil d'ariane

Violences extremes et traumatismes

mis à jour le 30/11/10  | Page imprimable  | Envoi de la page
mis à jour le 30/11/10

Le Deuil de la violence, un film de Olivier Lassu, 2004, 55 min
"De tout temps, les hommes se sont infligés les uns les autres des violences destructrices, individuelles ou de masse. Quand elle n'y perd pas la vie, chaque victime en est profondément traumatisée. Lorsqu'il est possible d'y recourir s'engage alors parfois une thérapie où chacun va tenter de comprendre, de surmonter cette violence qui est entrée en lui avec fracas... La violence extrême intentionnelle ou organisée provoque des effets qui vont au-delà de l'effroi et de la douleur. Les repères qui soutenaient jusque-là l'individu sont détruits, les fondements de l'humanité même sont touchés". Le film suit le travail de thérapeutes face à des victimes et des agressions très diverses. Les séances de musicothérapie aideront Mya, 14 ans, avant le procès qui doit reconnaître son statut de victime d'abus sexuels de la part de son demi-frère. Christian Lachal, psychanalyste et ethnopsychiatre, responsable des programmes de santé mentale de MSF (Médecins sans frontières) intervient auprès d’enfants rescapés de Raffah dans la Bande de Gaza lors de séances de thérapies familiales avec traducteur. Stéphanie, 29 ans, violée, a décidé de suivre une psychothérapie avec Carole Damiani de l'association Paris Aide aux Victimes. "Le travail est non seulement intellectuel (la thérapie) mais aussi un travail de sensations (retrouver des émotions corporelles) pour ensuite pouvoir les lier à des mots". Pour Jean, survivant du génocide du Rwanda, réfugié puis adopté par une famille québécoise en 1999, la thérapie s'est engagée à l'hôpital de Montréal avec deux psychologues, Cécile Rousseau et Déogratias Bagilishya d'origine rwandaise. Ces quatre témoignages et le point de vue des différents thérapeutes montrent qu'après un traumatisme le retour comme avant est impossible, qu'il y a perte et deuil nécessaires d'une identité antérieure et émergence d'une nouvelle identité qui peut être fragmentée.

 

De guerre lasses, un film de Laurent Bécue-Renard, 2003, 1h45 min
Sedina, Jasmina, Senada, trois femmes, trois jeunes villageoises européennes. Au cours de la guerre de Bosnie (1992-1995), leur univers s'est effondré. Leur mari et plusieurs dizaines d'hommes de la famille ont disparu. Maison, terre, village, pays ont été emportés dans la tourmente. Le cours de la vie lui-même s’est comme arrêté. Quelques années après pourtant, un automne, elles emménagent avec leurs enfants dans une maison appartenant à l'association Vive Zene à Tuzla (Bosnie). Elles y entreprennent pour quatre saisons une psychothérapie et entament ainsi un processus vital pour se reconstruire, tenter de devenir sujets de leur destin, sortir de la prostration. Au coeur de ce projet, la rencontre avec la psychothérapeute, Fika, passeuse et médium qui permet à la victime d'être reconnue dans son intégrité.

L'Expérience inoubliable, un film de Jean-Louis Mahé et Pierre Morize, 1999, 56 min
Document sur le syndrome post-traumatique qui frappe des individus ayant frôlé la mort. Dans des situations d'extrême violence, ils ont été transformés en «survivants», victimes d'une expérience qu'ils ne peuvent oublier. Le film est illustré par des images d'archives, provenant notamment d'hôpitaux militaires, et rassemble à la fois des témoignages de victimes et des entretiens avec des neuropsychiatres et des neurobiologistes. Il révèle comment la perturbation des mécanismes de la mémoire et des émotions peut pousser des individus dans une impasse psychologique et sociale. Synthèse très claire pour des non spécialistes de l'état des travaux actuels dans leurs approches psychanalytique et biologique.

Opération retour, un film de Luc Côté, 2005, 51 min
Fondé sur le témoignage de quatre anciens soldats de l’armée canadienne, trois hommes et une femme, dont le plus âgé a 40 ans, «Opération retour» permet d’appréhender, ou du moins d'approcher, cette maladie psychique, le syndrome post-traumatique, enfer quotidien pour ceux et celles qui en souffrent. Chacun énonce une des visions d’horreur qui le hante au point de vouloir que «les nerfs, là, derrière le cou soient tranchés» (image qui renvoie à la lobotomie). Afin de se protéger des crises générées par le syndrome, Georges, Marc et Nathalie s’isolent dans la campagne, fuyant ce qui dans le monde d’aujourd’hui peut sans cesse les ramener à l’horreur, lors de flash-back incontrôlables. Les bips pour Georges sont insupportables car ils lui font revivre le trauma d’un champ de mines traversé. Leandro, otage en Bosnie et témoin d’atrocités, ne quitte pas son appartement (sur)vivant au rythme de doses massives d’anxiolytiques prises toutes les quatre heures. Nathalie, très souvent hospitalisée, ne voit toujours pas sa maladie reconnue par le Ministère des Anciens Combattants du Canada. Le film aborde l’abandon dans lequel sont laissés ces militaires «libérés» pour raisons de santé. Ainsi à la détresse et aux souffrances s’ajoute le sentiment d’être trahis et déchus d’un statut professionnel. En effet, cette extrême souffrance psychique n’est pas considérée comme une blessure de guerre mais comme une faiblesse majeure de qui se doit à la vaillance envers et contre tout, préparé à tuer et à être tué. Dans une interview radiophonique, Luc Côté confiait que le tournage du film avait agi comme une thérapie pour ces militaires dont le besoin d’exprimer est immense. Pour ces témoins de l’horreur, le film peut aussi être un moyen de dire à leurs proches la douleur qui les anéantit.

Rwanda, un cri d'un silence inouï, un film de  Anne Lainé avec la collaboration de Marie-Odile Godard, 2003, 52 min
Le génocide rwandais de 1994, qui a fait en cent jours plus d'un million de morts, a laissé des cicatrices profondes. Le film d'Anne Lainé est un document impressionnant, "message à la communauté des humains" qui ne sont pas intervenus pendant le génocide. Il témoigne de la pire barbarie, notamment de l'acharnement sur les femmes. Il alterne la parole de rescapés et des entretiens avec des médecins psychiatres et des membres d'associations d'entraide, qui décrivent les séquelles des traumatismes et la manière dont cette souffrance peut être prise en charge par la société, notamment à travers la parole. Les témoignages, sont précis, détaillés, filmés sobrement, sans pathos, comme la visite silencieuse au mémorial de Murambi. On perçoit dans ce film les limites de l'action thérapeutique devant l'ampleur des troubles générés chez les survivants des massacres. Mais on voit aussi l'efficacité de la parole, en entretiens individuels ou en groupes, pour restaurer l'estime de soi.