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La saison
culturelle

Le 08/02/2010
19h30
Cinéma 2
Trois commandes qui
impliquent l’investissement intime du cinéaste dans l’espace-temps public, que
ce soit par la parole, par le corps, par la caméra qui prolonge l’il.
Pier
Paolo Pasolini voyage et voit le monde changer, il prend acte dans ses notes
filmées (Appunti), délibérément
fragmentaires, comme cette réflexion sur la forme mouvante de la ville, au
Yémen et en Italie. Robert Kramer accepte la contrainte d’un plan séquence
d’une heure sans intervention extérieure – montage, mixage, musique interdits.
« J’étais tout à fait parti dans l’idée de vivre les choses avec la
caméra. Mon corps est ici, mais mon esprit erre dans mon histoire, dans mes
associations, dans l’histoire et les associations des autres. L’idée classique
de l’unité n’a rien à voir avec la manière dont nous vivons dans ce monde. »
Jia reçoit lui aussi une commande, d’un film d’une demi-heure en numérique, et
il explore ce qui lui est opaque dans une ville de sa province où coexistent
plusieurs temps : la muraille moyenâgeuse, des cheminées délabrées, un
capitalisme mafieux qui s’installe… Ses émotions, à l’en croire, sont loin de
se limiter au visuel-auditif. « Quand ils sont passés à côté de moi j’ai
senti sur leur corps l’odeur de la sueur qui mouille mon propre corps. Quand
nos odeurs se sont mêlées en une seule, nous avons enfin été ensemble, nous
nous sommes liés. … Tout existe naturellement, il nous suffit de le regarder et
d’en faire l’expérience. » Sous l’apparence de la contemplation, un
constant aller-retour avec le spectateur, pour qui tout repère reste hypothétique
et mystérieux.