Accéder à la page Publics handicapésAller au contenuAller au menuAller à la recherche

Bibliothèque publique d'information - Centre Pompidou

Recherche

Bandeau photos de la BPI

Contenu de la page

Fil d'ariane

Eileen Gray au Centre Pompidou

mis à jour le 15/03/13  | Page imprimable  | Envoi de la page
mis à jour le 15/03/13

Pour la première fois en France, le Centre Georges Pompidou organise une grande rétrospective sur Eileen Gray du 20 février au 20 mai 2013. Très complète, l'exposition aborde l'ensemble de son oeuvre - design, architecture, peinture et photographie - et lève le voile de sa part d'ombre et de mystère. Une belle occasion de découvrir Eileen Gray, jusqu'à présent encensée par l'élite mais encore peu connue par le grand public, comme une icône majeure de l'art du 20e siècle.

Enfance et révélation

Eileen Gray

Issue d’une famille aristocratique et aisée, Kathleen Eileen Moray Smith, plus connue sous le nom de Eileen Gray est née à Enniscorthy en Irlande en 1878 et grandit à Londres. Son père, amateur d'art, cultivé et anticonformiste, l'emmène régulièrement visiter les musées européens. C'est en 1900, alors que l’Exposition Universelle bat son plein à Paris qu'Eileen Gray reçoit une véritable révélation. Elle décide alors de consacrer sa vie aux Arts décoratifs et s'inscrit à la Slade School of Fine Arts à Londres, attirée par son enseignement avant-gardiste. Deux ans plus tard, Eileen Gray décide de s'installer à Paris, ville de la liberté intellectuelle et artistique, pour y satisfaire son esprit d'indépendance.

 

Décoration intérieure

Eileen Gray débute par les secrets de la laque grâce à un célèbre Japonais du nom de Sugarawa. Mais le produit, très dangereux, lui abîme les mains : Eileen Gray change de direction pour créer des objets usuels et s’occupe de décoration intérieure. Forte de son succès et attirant une nombreuse clientèle audacieuse et innovatrice comme Jacques Doucet ou Ossip Zadkine, Eileen Gray s’affirme comme une figure phare de l’Art Déco. En 1922, elle ouvre une boutique de décoration au 217 rue du Faubourg Saint-Honoré, haut lieu du luxe et de l'élégance parisienne. La boutique n'attire que l'élite intellectuelle et avant-gardiste comme les Noailles, aristocrates et mécènes produisant des films originaux réalisés par Luis Buñuel ou Jean Cocteau entre autres. Mais faute de publicité et de rentabilité, la galerie ferme ses portes en 1930.

 

Architecture et design

Aux alentours de 1924, Eileen fait la connaissance d'un ami architecte d’origine roumaine, Jean Badovici. C'est avec lui que Gray entreprend un voyage aux Pays-Bas et étudie les exemples de l'architecture moderniste. C'est encore par son entremise qu'elle rencontre Le Corbusier. A Roquebrune-Cap Martin, près de Menton, Eileen Gray et Jean Badovici conçoivent une villa en bord de mer.

Villa E 1027

Editions Imbernon - Photo Centre Pompidou, Bibliothèque Kandinsky - Guy Carrard

Cette construction se révèle révolutionnaire tant dans l'architecture que dans la décoration intérieure. Ils la baptisent Villa E-1027. Cette mystérieuse signature cache en réalité leurs initiales : E pour Eileen ; 10 , la dixième lettre de l'alphabet J pour Jean ; 2, la deuxième lettre B pour Badovici et 7 la septième lettre G pour Gray. Le Corbusier y séjourna régulièrement et construisit son ensemble formé par Le Cabanon et la Baraque à proximité. En ruine, la villa est en cours de restauration.

 Durant la période des années 30, elle se lie avec des architectes, designers et décorateurs de renom tels que Mallet-Stevens et René Herbst, membres de l’Union des Artistes Modernes. Elle crée des objets avec toutes sortes de matériaux, qu'ils soient luxueux tels que la laque et le cuir ou industriels comme l’aluminium, parfois avec un humour ironique, par exemple le fauteuil Bibendum, référence à la marque de pneu en caoutchouc.

fauteuil Bibendum

Fauteuil Bibendum. Galerie De Vos - Photo Christian Baraja, Sudio SLB

Ses créations assoient sa réputation de décoratrice d'intérieur et de designer. A ses réalisations, elle ne donne jamais de titre ni ne les date : elle ne travaille pas pour la postérité. Sa décoration intérieure dépouillée comme ses meubles connaissent un succès intemporel. De nombreux designers contemporains s'en inspirent encore. Parmi eux la grande dame au damier noir et blanc, récemment disparue :  Andrée Putman.

 

 

Eileen Gray, design and architecture : 1878-1976 / Philippe Garner, Nouv. éd., Taschen, 2007
A la Bpi, niveau 3, 70"19" GRAY 2
Dans cet ouvrage, les meubles, les décorations intérieures et les créations architecturales de Eileen Gray sont analysés et illustrés.

 

 

Artiste complète

Eileen Gray s’intéresse à tous les domaines de l’Art comme la peinture, la photographie, la tapisserie, etc. Autodidacte, atypique, pluridisciplinaire, esprit indépendant et véritable touche à tout, Gray ne subit aucune influence et n’appartient à aucun courant artistique. Au fil des années, sa curiosité dans tous les secteurs ne cesse jamais, aussi bien dans le domaine de l'art, que dans ceux de l'urbanisme ou de l'environnement social : par exemple, en 1936, l'impact des congés payés provoque un bouleversement dans la vie sociale des gens. Eileen Gray va imaginer un centre de vacances et de loisirs. Ce projet intégrant services administratifs, parking, équipements liés aux loisirs, est présenté à l'exposition "Arts et techniques dans la vie moderne" en 1937. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Cote d'Azur est annexée par l'armée italienne et interdite aux étrangers, ses travaux restés à Menton sont pillés. Après la guerre, Eileen Gray se fait oublier par le corps architectural. Toutefois elle continue discrètement ses activités dans l'urbanisme social de 1946 à 1947. En 1954, Gray termine son dernier projet : la construction d'une nouvelle maison, baptisée "Lou Pérou". En raison de sa grande réserve, Gray disparaît progressivement du paysage artistique.

Eileen Gray : oeuvres sur papier / [textes de Robert Polo et Serge Aboukrat], Galerie Historismus, 2007
A la Bpi, niveau 3, 70"19" GRAY 2
Présentation de 60 oeuvres de l'architecte, designer et peintre Eileen Gray : des gouaches, collages et photographies, réalisées de 1918 aux années 1950, qui s'inscrivent dans le courant du modernisme.

 

Reconnaissance de son statut d'artiste majeure

En 1968, la popularité de Eileen Gray renaît grâce à un article élogieux de Joseph Rykwert publié dans Domus. En 1972, la vente aux enchère du mobilier du grand couturier et collectionneur Jacques Doucet fait redécouvrir son oeuvre et aussi son style inimitable. Quatre ans avant son décès à Paris en 1976, Eileen Gray est enfin reconnue comme pionnière dans le design, l’architecture intérieure et comme une artiste majeure du 20e siècle. Depuis cette date, elle a fait l'objet de quelques expositions posthumes. Sa notoriété éclate de nouveau grâce un événement très médiatisé et mondain le 24 février 2009 : lors de la vente à l'encan du mobilier appartenant à la collection Pierre Bergé/Yves Saint-Laurent, le fauteuil aux dragons ou la lampe Satellite réalisés par elle atteignent des sommes astronomiques.
Il est curieux de constater que les tranches de vie de cette artiste irlandaise de génie s'éclairent et s'assombrissent tour à tour, tel un phare trouant la nuit par intermittence. Cette exposition la mettra-t-elle en lumière définitivement ? L'avenir nous le dira...

Eileen Gray : exposition, Paris, Centre Georges Pompidou, 20 février-20 mai 2013 / sous la dir. de Cloé Pitiot, Ed. du Centre Pompidou, 2013
A la Bpi, niveau 3, AR BUR EXP

Architecte-décoratrice irlandaise ayant choisi la France comme pays d'adoption, Eileen Gray (1878-1976) s'est illustrée comme laqueuse, décoratrice, créatrice textile, photographe, ou encore peintre. Elle fut l'une des figures marquantes des arts décoratifs français des années 1910 et 1920. L'exposition présente mobilier, maquettes, dessins, photographies et documents d'archives inédits.

Eileen Gray : l'exposition = the exhibition, Paris, Centre Georges Pompidou, 20 février-20 mai 2013 / sous la dir. de Cloé Pitiot, Ed. du Centre Pompidou, 2013
A la Bpi, niveau 3, AR BUR EXP

Un parcours autour d'un sélection d'oeuvres de cette figure marquante des arts décoratifs français. Avec de courts textes éclairant ses créations

 

vie et oeuvre

Eileen Gray : sa vie, son oeuvre / Peter Adam, La Différence, 2012
A la Bpi, niveau 3, 70"19" GRAY 2

Parcours de Eileen Gray (1878-1976), connue comme designer de mobilier et architecte. Sa longue intimité avec Peter Adam (300 lettres et 500 photos) permet à celui-ci de retracer le fil de sa vie en accord avec l'esprit de son temps en même temps qu'en butte avec ses contemporains.

 

Eileen Gray, une biographie / Peter Adam, A. Biro, 1989,
A la Bpi, niveau 3, 70"19" GRAY 2

Le destin de cette artiste connue pour son utilisation d'une technique ancienne : la laque, et pour avoir été une des premières à se lancer dans l'aventure du design.

 

  • Pour un survol rapide de la vie et des principales créations de Eileen Gray :

Eileen Gray / par François Baudot, Assouline, 1998
A la Bpi, niveau 3, 74 MEM

La couverture de cet ouvrage représente "Le fauteuil aux dragons", réalisé vers 1917/1919. Il fait partie d'une des pièces les plus spectaculaires et aussi la plus chère de la collection Yves Saint-Laurent/Pierre Bergé vendue aux enchères en 2009.

.

 

couverture

"Eileen Gray, une modernité poétique et sensible" C. Geoffroy, M. H. Gatto, janvier 2013 : Article De ligne en ligne N° 10, la revue de la Bpi

 

 

 

Focus sur :

Bibliographie sur Eileen Gray

Sélection d'ouvrages où Eileen Gray  est évoquée

Femmes designers : un siècle de créations,  Marion Vignal, Aubanel, 2009
A la Bpi, niveau 3, 741-8 VIG

 

 

 

Côte d'Azur des années 1930,  Charles Bilas et Lucien Rosso, Amateur, 2007
A la Bpi, niveau 3, 724.407 BIL

 

 

La collection Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent : la vente du siècle, Christiane de Nicolay-Mazery, Flammarion, 2009
A la Bpi, niveau 3, 743.9(44) SAI

 

 


"Bibliographie - Sitographie" téléchargeable ici
au format pdf (350 Ko)