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Les dossiers
Les origines historiques du manga divisent les spécialistes : fin du XVIIIe siècle, seconde moitié du XXe siècle ?
Tout le monde s’accorde en revanche pour situer au Japon l’apparition de ces « images dérisoires », traduction littérale du terme.
Mais le manga a beaucoup voyagé depuis les années 1980-1990, aux Etats-Unis et en Europe notamment, au point que la France apparaît désormais d’après certaines données comme le second marché mondial de ce type de bandes dessinées.
Nombreux sont les jeunes et moins jeunes lecteurs français, garçons et filles, qui lisent ainsi de droite à gauche, sens de lecture traditionnel du manga au Japon, et qui se familiarisent de manière plus ou moins approfondie avec la culture japonaise : langue, coutumes, histoire, etc..
Il existe même aujourd’hui des dessinateurs de mangas français dont les productions sont simultanément publiées dans les deux pays…
Près d’un manga sur deux est cependant lu sur un téléphone portable au Japon, ce qui est loin d’être le cas pour le moment en France.

Le mot Manga est composé de deux idéogrammes :
ga qui signifie image dessinée, dessin, peinture, et
man, notion plus complexe, qui peut se comprendre comme léger, divertissant, et qui signifie pour un dessin, esquisse rapide.
Employé
à l’origine uniquement pour désigner la bande dessinée japonaise, le
terme est aussi utilisé aujourd’hui pour les bandes dessinées en
provenance d’Asie ou d’Europe quand celles-ci respectent les codes ou
l’esthétique des mangas.
Par extension le mot manga sert aussi à désigner les productions audiovisuelles : dessins animés ou films inspirés des mangas.

La Nouvelle île au trésor, Osamu Tezuka, 1947
On l’appelle le « Dieu du manga », on dit qu’il est le Walt Disney, le Hergé japonais, Osamu Tezuka est
né en 1928 dans la préfecture d’Osaka. Il découvre très jeune le cinéma
de Walt Disney qui le marque durablement, il suit ensuite des études de
médecine tout en commençant très tôt à publier ses dessins.
A 19 ans, il connaît son premier grand succès avec La Nouvelle île au trésor.
Ce sont près de 700 uvres qui suivront sans discontinuer, dans
lesquelles Tezuka invente les codes qui vont désormais définir le
manga : une mise en page à la fois dynamique et parfaitement lisible, un
dessin noir et blanc sobre et expressif, et des procédés graphiques
rappelant le cinéma.
Dans ses histoires, il oppose régulièrement un monde cruel à des personnages héroïques et humanistes, comme Astro, l’enfant robot, ou BlackJack, le médecin à gages. Il s’inspire du Metropolis de
Fritz Lang dans son manga éponyme, adapte Dostoïevski, ou bien raconte
la vie du Bouddha. Dans les années 60, son hégémonie est contestée par
une génération d’auteurs qui jugent sont style trop enfantin et
conformiste. D’abord réticent, Tezuka finira par intégrer les
thématiques pessimistes du gekiga dans ses uvres plus sombres des
années 70 et 80, comme L’Histoire des 3 Adolf, Phoenix ou Kirihito.
En 1962, il fonde le studio d’animation Mushi, puis Tezuka Production en 1980. Il réalise des séries animées comme Astro Boy et Le Roi Léo, mais aussi des courts-métrages expérimentaux, comme Jumping. Inquiétés par le succès télévisuel du Roi Léo dans les années 60, les Studio Disney organisent le grand black-out des créations japonaises en occident.
Il
faut attendre le tournant des années 80 pour que le public français
redécouvre les bande-dessinées de Tezuka dans la revue pionnière Le Cri qui tue.
Tezuka disparaît en 1986. Le manga, qu’il a pratiquement inventé, est
devenu une véritable industrie. En France, ses nombreuses oeuvres
inédites sont régulièrement traduites.
Au Japon
1814 : le mot Manga est employé pour la première fois par le peintre japonais Hokusaï pour intituler un de ses recueils de dessins : Les images dérisoires de Hokusaï.
Feuilleter la "Manga" d'Hokusaï sur le site de la BnF
1914 : le terme Manga se systématise au Japon avec le lancement de la première revue pour les jeunes garçons, Shônen-club des éditions Kodansha.
1947 : Manga Shônen, premier magazine mensuel japonais à ne publier que du manga.
1950 : création des librairies de prêt qui diffusent une production exclusive de mangas et apparition des bandes dessinées pour jeunes filles avec le magazine Sôjo Book.
En France
1978 : en France, l’émission de télévision « Récré A2 » animée par Dorothée, propose les dessins animés Candy, Albator et Goldorak.
1980 à 1990 : les éditeurs se lancent dans l’édition des titres connus en tant que dessins animés et rencontrent progressivement un grand succès.
1996 à 1998 : certains éditeurs renoncent à l’édition de mangas, mais le public de fans continue d’entretenir sa passion aidé par Internet
2000 : reprise des publications en grand nombre, le manga s’installe alors comme un genre à part entière faisant partie intégrante du paysage de la bande dessinée française.
2004 : début du boom des mangas, en 2005, 937 mangas édités, en 2006, 1110 mangas édités et 13 millions d’exemplaires vendus.

Astro le petit robot (Tetsuwan Atom en version originale) est sans doute l’une des créations les plus connues de Tezuka.
Publié entre 2010 et 2011 en France, Pluto est une série de Naoki Urasawa qui revisite ses aventures originales.
Sous sa plume, les personnages rondouillards de Tezuka deviennent des héros de thriller, sombres et torturés. A la fois hommage à Tezuka, déconstruction et mise en perspective de son oeuvre, Pluto a été récompensé à la Japan Expo 2010 et au festival d’Angoulême 2011. Naoki Urasawa est l’invité d’honneur de la Japan Expo 2012.
Le Prix culturel Osamu Tezuka
C'est une récompense prestigieuse remise depuis 1997 par le Asahi Shinbun, le deuxième plus grand quotidien japonais. Le grand prix a souvent récompensé des auteurs bien connus en France comme Jiro Taniguchi (en 1998 pour Au temps de Botchan), Naoki Urasawa (en 1999 pour M%onster et en 2005 pour Pluto) ou Takehuiko Inoue (en 2002, pour Vagabond).