Le métier de mangaka, c’est-à-dire d’auteur de mangas, est bien différent de celui de dessinateur de bande-dessinées tel qu’on le connaît en Europe, pour des raisons qui tiennent d’abord au rythme frénétique imposé par les magazines de prépublication : il s’agit souvent de produire une trentaine de pages par semaine, voire même plus lorsqu’un auteur réalise plusieurs séries de front !
Le métier de Mangaka
Manga, émotions by Sympho [CC-BY-2.0]
Pour produire un tel quota de pages, il est presque indispensable de recruter des assistants chargés de dessiner les décors, d’appliquer des trames ou de noircir des à-plats. Toute cette équipe est étroitement encadrée par un « rédacteur » - il s’agit en fait d’un intermédiaire entre le dessinateur et sa maison d’édition, chargé de s’assurer qu’il respecte ses délais de livraison et suit une ligne éditoriale adéquate.
Ces conditions de travail sont épuisantes. Le surmenage et les dépressions sont fréquents chez les dessinateurs. Des auteurs très connus, comme Naoki Urasawa (
Monster, 20th Century Boys) ou Takehiko Inoue (
Vagabond, Real) ont même été contraints de ralentir leur rythme de publication suite à des accidents musculaires. Toutefois, le jeu peut en valoir la chandelle : un manga à succès est rapidement adapté en dessin-animé ou en jeu vidéo. Son auteur peut y gagner une plus grande autonomie, une certaine gloire et beaucoup d’argent. On a ainsi coutume de dire que Rumiko Takahasi, l’auteur de
Ranma1/2 et de
Lamu, est la femme la plus riche du Japon.
Comment devient-on mangaka ?
Pour dénicher de nouveaux talents, les maisons d’édition organisent régulièrement des concours, comme le Morning International Comic Competition (MICC). Il existe également des écoles de mangas. Après avoir acquis un certain niveau technique, les jeunes artistes débutent souvent comme assistants. Des autodidactes talentueux préfèrent parfois diffuser eux-mêmes leurs uvres, souvent fortement inspirées de séries existantes (c’est ce qu’on appelle des Doujinshi). Certains mangakas reconnus ont fait leur début de cette manière, comme les membres du studio CLAMP.
Portrait de Kaori Yoshikawa
Kaori Yohikawa est une jeune mangaka japonaise qui a décidé d’apprendre la technique du Manga aux Français. C’est elle qui a réalisé la fresque qui habille le salon de lecture de la Bpi.
Kaori fait ses débuts dans la très renommée Japan Designer School de Shibuya à Tôkyô. Alors qu’elle est encore étudiante, elle remporte un concours organisé par la revue
Dengeki Gao ! et réalise des dessins et scénarios pour la maison d’édition AscII Media Works.
Elle vit désormais en France et enseigne les techniques japonaises de dessin à l’école AAA (Associations des Amitiés Asiatiques).
Kaori Yoshikawa continue par ailleurs de réaliser des illustrations, notamment des pochettes d'albums pour des artistes japonais ainsi que des couvertures de magazines.
