Accéder à la page Publics handicapésAller au contenuAller au menuAller à la recherche

Bibliothèque publique d'information - Centre Pompidou

Recherche

Bandeau photos de la BPI

Contenu de la page

Fil d'ariane

Un dessin au service du récit

mis à jour le 13/04/12  | Page imprimable  | Envoi de la page
mis à jour le 13/04/12

extrait du manga Ubunchu

Ubunchu, Hiroshi Seo, CC by NC

Un manga se distingue physiquement par sa taille, son sens de lecture de droite à gauche, par la prédominance du noir et blanc et surtout par un nombre de planches beaucoup plus important que dans une bande dessinée occidentale. Mais le manga diffère aussi de par sa grammaire narrative, c'est-à-dire par les techniques employées pour faire vivre le récit.  Un manga doit se lire rapidement et dans ce but, les mangakas ont recours à de nombreux codes graphiques.

Un trait simple

Si à l’origine, les auteurs usent d’un trait simple, c’est surtout en raison de contraintes techniques inhérentes au choix d’un papier de basse qualité (beaucoup de pages pour un prix le plus modique possible) et aux procédés d’impression utilisés auparavant et nécessitant un dessin sobre.
L’avantage d’un trait réduit à son strict minimum, est l’immersion instantanée du lecteur dans le dessin.
Techniquement, cela permet aussi de produire un plus grand nombre de planches. En effet, au Japon, le rythme de parution est plus élevé et le nombre de planches demandé aux auteurs beaucoup plus conséquent.

Des codes graphiques

Autour d’un trait à première vue simple, les auteurs déploient des procédés afin de faire vivre le récit. Il faut toujours garder en tête qu’à la différence de l’école franco-belge, le dessin est au service du récit.

De grands yeux

extrait du manga Ubunchu

Ubunchu, Hiroshi Seo, CC by NC

Le recours aux grands yeux par exemple, est un des procédés employés. Il permet de rendre les visages beaucoup plus expressifs et d’élargir la gamme des émotions que les auteurs souhaitent leur faire exprimer.

Un décor épuré

extrait du manga Ubunchu

Ubunchu, Hiroshi Seo, CC by NC

Autre technique : le décor dans lequel évoluent les personnages est souvent stylisé ou remplacé par une trame.
Pourtant à certains moment ce même décor pourra être dessiné de manière très minutieuse lors de sa mise en place, par exemple afin de situer les personnages dans leur environnement ou au cours du récit pour apporter une respiration.

Des cadrages cinématographiques

extrait du manga Ubunchu

Ubunchu, Hiroshi Seo, CC by NC

Le découpage d’un manga s’inspire beaucoup du cinéma dans le but de donner une dynamique au récit. Ceci est d’autant plus vrai que les auteurs n’hésitent pas à multiplier les angles de vue sur une même action. Ce qui, paradoxalement en la décomposant, provoque un effet de ralenti qui en amplifie la puissance. L’usage des hachures est utile pour donner une sensation de vitesse ou amplifier les gestes des personnages. De même, l’usage de différents cadrages comme le recours au gros plan, à l’insert, le nom respect des limites de la case, sa déformation contribuent au rythme du récit.

La rupture de style

Autre particularité la rupture du style du dessin au cours d’un récit. Il arrive que sur une case ou plusieurs, un personnage soit représenté déformé et avec des traits grossiers. C’est une technique utilisée pour signifier un changement de registre notamment lorsque l’auteur veut introduire un effet comique.

Les onomatopées

Enfin, un travail conséquent est réalisé pour simuler des sons et des mouvements par le biais des onomatopées dont le registre est beaucoup plus étendu que dans la bande dessinée occidentale. L’expression du son est fondamentale. Elle participe de toutes les techniques employées pour apporter de la fluidité au récit et favoriser l’immersion du lecteur dans le manga.

extrait du manga Ubunchu

Ubunchu, Hiroshi Seo, CC by NC

 

Focus sur :

Ubunchu

couverture du manga Ubunchu

Ubunchu, est un manga un peu particulier. Créé en 2009 par Hiroshi Seo, il raconte les aventures de jeunes passionnés d'informatique autour de l'univers de linux.
Il est traduit en 15 langues, dont le français, et est accessible gratuitement sur Internet . Sa reproduction et son téléchargement sont autorisés par l'auteur sous réserve d'un usage non commercial.

 

Focus sur Vraooouuuuummm

ou le  bruit graphique !
En japonais le registre des onomatopées est très étendu. Un échantillon des sons  possibles vous est proposé sur ce wiki autour de la langue japonaise.
Vous trouverez une liste encore  plus exhaustive, mais en anglais, sur le site baka-tsuki et vous pourrez apprendre que pour un clin  d'oeil l’onomatopée est  : « tsubu » ;-)