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Les dossiers

Ubunchu, Hiroshi Seo, CC by NC
Un manga se distingue physiquement par sa taille, son sens de lecture de droite à gauche, par la prédominance du noir et blanc et surtout par un nombre de planches beaucoup plus important que dans une bande dessinée occidentale. Mais le manga diffère aussi de par sa grammaire narrative, c'est-à-dire par les techniques employées pour faire vivre le récit. Un manga doit se lire rapidement et dans ce but, les mangakas ont recours à de nombreux codes graphiques.
Si à l’origine, les auteurs usent d’un trait simple, c’est surtout en raison de
contraintes techniques inhérentes au choix d’un papier de basse qualité
(beaucoup de pages pour un prix le plus modique possible) et aux procédés
d’impression utilisés auparavant et nécessitant un dessin sobre.
L’avantage d’un trait réduit à son strict minimum, est l’immersion instantanée
du lecteur dans le dessin.
Techniquement, cela permet aussi de produire un plus grand nombre de planches. En
effet, au Japon, le rythme de parution est plus élevé et le nombre de planches
demandé aux auteurs beaucoup plus conséquent.
Autour d’un trait à première vue simple, les auteurs déploient des procédés afin de faire vivre le récit. Il faut toujours garder en tête qu’à la différence de l’école franco-belge, le dessin est au service du récit.

Ubunchu, Hiroshi Seo, CC by NC
Le recours aux grands yeux par exemple, est un des procédés employés. Il permet de rendre les visages beaucoup plus expressifs et d’élargir la gamme des émotions que les auteurs souhaitent leur faire exprimer.

Ubunchu, Hiroshi Seo, CC by NC
Autre technique : le décor dans lequel évoluent les personnages est souvent
stylisé ou remplacé par une trame.
Pourtant à certains moment ce même décor pourra être dessiné de manière très minutieuse lors de sa mise en place, par exemple afin de situer les personnages dans leur environnement ou
au cours du récit pour apporter une respiration.

Ubunchu, Hiroshi Seo, CC by NC
Le découpage d’un manga s’inspire beaucoup du cinéma dans le but de donner une dynamique au récit. Ceci est d’autant plus vrai que les auteurs n’hésitent pas à multiplier les angles de vue sur une même action. Ce qui, paradoxalement en la décomposant, provoque un effet de ralenti qui en amplifie la puissance. L’usage des hachures est utile pour donner une sensation de vitesse ou amplifier les gestes des personnages. De même, l’usage de différents cadrages comme le recours au gros plan, à l’insert, le nom respect des limites de la case, sa déformation contribuent au rythme du récit.
Autre particularité la rupture du style du dessin au cours d’un récit. Il arrive que sur une case ou plusieurs, un personnage soit représenté déformé et avec des traits grossiers. C’est une technique utilisée pour signifier un changement de registre notamment lorsque l’auteur veut introduire un effet comique.
Enfin, un travail conséquent est réalisé pour simuler des sons et des mouvements par le biais des onomatopées dont le registre est beaucoup plus étendu que dans la bande dessinée occidentale. L’expression du son est fondamentale. Elle participe de toutes les techniques employées pour apporter de la fluidité au récit et favoriser l’immersion du lecteur dans le manga.

Ubunchu, Hiroshi Seo, CC by NC
Ubunchu, est un manga un peu particulier. Créé en 2009 par Hiroshi Seo, il raconte les aventures de jeunes passionnés d'informatique autour de l'univers de linux.
Il est traduit en 15 langues, dont le français, et est accessible gratuitement sur Internet . Sa reproduction et son téléchargement sont autorisés par l'auteur sous réserve d'un usage non commercial.
ou le bruit graphique !
En japonais le registre des onomatopées est très étendu. Un échantillon des sons possibles vous est proposé sur ce wiki autour de la langue japonaise.
Vous trouverez une liste encore plus exhaustive, mais en anglais, sur le site baka-tsuki et vous pourrez apprendre que pour un clin d'oeil l’onomatopée est : « tsubu » ;-)