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Le mouvement Gekiga

mis à jour le 18/02/13  | Page imprimable  | Envoi de la page
mis à jour le 18/02/13

Gekiga signifie littéralement « image dramatique ». Le terme est forgé en 1957 par Yoshihiro Tatsumi, par opposition avec celui de manga ou « images dérisoires ». Il est rapidement adopté par toute une génération de dessinateurs.

Dans les années 50, ces auteurs travaillent souvent pour le réseau des bibliothèques de prêt basé autour d’Osaka, plutôt que pour les grands éditeurs de Tokyo qui publient Tezuka et ciblent essentiellement un public enfantin. Leurs œuvres sont très différentes les unes des autres, mais elles ont en commun l’idée d’une bande-dessinée pour adultes, parfois engagée socialement ou politiquement, et n’hésitant pas à décrire des scènes violentes ou crues.

couverture de Kamui Den

 

Kamui Den, de Sanpei Shirato, mêle ainsi un récit d’aventure, des histoires de samouraïs, et un discours d’inspiration marxiste et anti-autoritaire. Dans ses récits, Tatsumi s’attache quant à lui à décrire les différents maux qui accablent la société japonaise d’après guerre en pleine reconstruction morale et économique.

 

couverture Golgo 13

Dans un genre totalement différent, Takao Saito explore les possibilités du récit de genre pour traiter de l’actualité contemporaine. Son œuvre phare, Golgo 13, met en scène un tueur à gage mutique. C’est l’une des séries les plus longues jamais créée, avec une publication ininterrompue depuis 1968.

 

 

A la fin des années 60 et au début des années 70, une véritable contre-culture se cristallise autour de ces mangas, les étudiants y trouvent une source d’inspiration pour leurs mouvements de contestation. La bande-dessinée va jouer pour eux un rôle similaire au rock pour les hippies aux Etats-Unis.

Dans les années 80, avec l’industrialisation du manga, le développement du Shonen et de ses stéréotypes, le gekiga va progressivement quitter les devants de la scène.

Avec plusieurs décennies d’avance, les auteurs issus du mouvement gekiga ont exploré des voies fort similaires à celles qui sont investies par la bande dessinée contemporaine. Traduits et publiés par des éditeurs comme Cornelius ou Kana dans sa collection Sensei, ils sont véritablement redécouverts aujourd’hui par le public français.

Focus sur :

Yoshihiro Tatsumi

 

Né en 1935, l’inventeur du Gekiga est toujours actif aujourd’hui.
En 2011, les éditions Cornelius traduisent Une Vie dans les marges, un manga autobiographique où il relate notamment la naissance de sa vocation de dessinateur et la genèse du mouvement gekiga dans le Japon d’après-guerre.

Affiche du film Tsatsumi

Sa vie et ses histoires ont également été adaptées au cinéma par Eric Khoo dans son film Tatsumi, retenu pour la sélection Un Certain regard du festival de Cannes 2011.

Les magazines Garo et Ax

 

Fondé en 1964 par Katsuichi Nagai, Garo est un magazine spécialisé dans le manga d’auteurs, étroitement lié au mouvement gekiga. D’abord centré sur les œuvres de Sanpei Shirato, Garo va s’ouvrir à différents genres et mouvements, dont la succession fournit une bonne vue d’ensemble sur 40 ans de contre-culture japonaise. Le magazine disparaît en 2002. On considère souvent la revue Ax, créée par des anciens de Garo après la mort de Nagai en 1996, comme son héritier spirituel.