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Fil d'ariane

Filmer la ville

mis à jour le 26/12/12  | Page imprimable  | Envoi de la page
mis à jour le 26/12/12

"La ville est au 7e art ce que la muse est au poète".

Ville et cinéma ont  souvent été  intimement liés. Le cinéma est né à peu près au moment où la notion de ville a vu le jour et où les premières métropoles ont surgi de terre.

On pense tout de suite au chef d'oeuvre de Fritz Lang Metropolis mais depuis, cet objet de fascination a engendré tous styles de documentaires, des symphonies cinématographiques aux satires sociales ou descriptions ethnographiques ....
José luis Guerin
est un exemple de cinéaste qui a décortiqué la ville ou en a fait son personnage principal. Une rétrospective lui est consacrée en décembre 2012 au Centre Pompidou. La Bpi conjugue également ville et cinéma en programmant en 2013 un cycle sur les imaginaires des villes.
La ville nourrit aussi l'imaginaire des écrivains, des photographes, des peintres et des cinéastes. Souvent associée à la modernité, la ville est un des objets privilégiés de réflexion pour les historiens, les sociologues, les philosophes. Elle sert de cadre à de nombreux récits, réalistes, oniriques, et porte souvent les traces d'une mémoire. C'est par elle aussi que se définit l'identité d'une nation.

José Luis Guerin

José Luis Guerin, moteur de la nouvelle garde espagnole, fait des films pour activer une expérience. 

José Luis Guerin, né en Catalogne, a grandi avec le cinéma qu’il a fréquenté et pratiqué dès son adolescence, au milieu des années 1970. Ses films, documentaires et fictions, mettent en scène des lieux traversés et transformés par le temps : le village irlandais où John Ford a tourné L’Homme tranquille, un quartier de Barcelone en mutation (En construcción), une villa normande où un drame se serait noué quatre-vingts ans plus tôt (Thuit), les rues de Strasbourg à la recherche d’une femme (Dans la ville de Sylvia), la pauvreté globalisée au fil des pérégrinations du cinéaste de festival en festival (Guest), sa rue à Barcelone témoin d’une tragédie (Recuerdos de una mañana)…

« Le désir d’avoir une révélation, c’est ce qui me pousse à faire du cinéma. » J.L.G.

Deux films emblématiques

Une fiction : « Dans la ville de Sylvia »

affiche du film Dans la ville de sylvia

Les méandres d’une ville taisent à nos regards nombres de fantômes, prompts à se révéler si l’on veut bien s’en donner la peine. Ils apparaissent sous la forme de silhouettes incertaines, esquissées, assourdies par le souvenir d’un passé déjà trop lointain et confus … Dans la ville de Sylvia, un film hanté par ces présences.
Dans une ville qu’il ne connaît pas, un jeune homme part à la recherche d’une jeune femme, Sylvia qu’il a rencontrée quelques années avant. José Luis Guerin, avec Dans la ville de Sylvia revèle un joyau aux formes et ramifications plus complexes que l’apparente simplicité, l’argument du film ne le laisserait présager.

 

 

 

 

Un documentaire : En construccion    

Affiche du film En construccion

Dans  En construccion, film sur la transformation d’un quartier populaire de Barcelone, José Luis Guerin rend compte des mutations urbaines en oeuvre dans nos grandes métropoles et de leurs conséquences…
Le « Barrio Chino » quartier central et mythique de Barcelone avec sa population ouvrière, un lieu qui recueillait les immigrés, qu’ils soient andalous ou maghrébins, attirés par la riche et industrieuse Barcelone, où les marins en goguette côtoyaient les prostituées dans les multiples bars qui jalonnaient ses étroites ruelles, … Le « Barrio Chino » qui servit d’écrin à André Pierre de Mandiargues dans son roman La marge ou encore à Edouardo Mendoza pour Le mystère de la crypte ensorcelée dont le personnage principal est un pur enfant du « Chino »… Un quartier né et mort avec le siècle, comme José Luis Guerin l’écrit en exergue de son film…

 

José Luis Guerin a répondu aux questions de Judith Revault d'Allones pour la revue Débordements.

En voici quelques extraits :

Comment est arrivé En construccion ? Tu connaissais bien le barrio chino et ses habitants ? Tu as eu vent du projet de réhabilitation/reconstruction ?

Faire un film suppose aussi un processus de connaissance, d’investigation, de recherche. Jusque là, je m’étais servi de tous mes films pour faire un voyage. Un film, un voyage. Pour la première fois, j’ai filmé ma ville, parce que c’était une commande d’une université, dans le cadre d’un master de documentaire - dont il est sorti aussi un film de Jean-Louis Comolli sur Durruti [Durruti, portrait d’un anarchiste, 2000]. J’ai peut-être choisi le barrio chino parce que c’était le quartier le plus ouvert aux immigrés, aux étrangers, où on pouvait sentir les échos du monde. C’est un quartier très attaché au 20e siècle, qui est né et qui est mort avec le 20e siècle, et je l’ai filmé juste à sa fin. J’ai travaillé cette identification entre le siècle et le quartier. C’est aussi comme un western crépusculaire : il y a là toute une morphologie humaine, une société qui va être chassée, à nouveau, par des colons.
J’ai essayé de retrouver mon point de vue de voyageur, mais dans ma propre ville : j’ai fait ma valise. J’ai logé dans de petits hôtels du barrio chino, avant de commencer à tourner. Le processus de fabrication a duré longtemps, près de trois années.

En construccion est surtout un film de dialogues populaires, très beaux, très expressifs, très éloquents. L’expressivité de la parole dans ce film, qui est celle du quotidien, a une beauté, une signification, à condition d’être filmée d’une certaine façon. J’ai découvert avec En construccion que la valeur des paroles est très différente si on les filme comme un chasseur - qui se dit, "tiens, cette parole est entrée ici, mais ce n’est pas une parole désirée, elle est accidentelle" - ou si le dispositif permet de faire une composition plus équilibrée, travaillée, fixe, avec une écriture qui est une façon de dire “ écoute, parce que tout ce que contient ce cadrage est très important pour moi. C’est une autre écoute.

Le mystère de ce qu’on ne peut pas représenter, c’est très important. Montrer les choses, c’est une première façon de les banaliser.

J’ai toujours cela présent à l’esprit quand je fais des films. Je fais des images, mais avec une morale d’iconoclaste. Il ne faut pas tout montrer, jamais. Il faut laisser un espace pour que l’image ne perde pas ce pouvoir de la feuille blanche, de la gravitation des images qui ne sont pas là. Une image est un médium pour convoquer d’autres images, qu’on ne peut pas représenter.

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L’esquisse m’intéresse énormément parce qu’à partir d’une petite trace, le spectateur doit créer l’image. C’est une implication très riche du spectateur dans le film. C’est la même chose avec les ruines. Les ruines et l’esquisse sont très proches. Avec des ruines, à partir de quelques traces, quelles qu’elles soient, on va reconstruire une image qu’on n’a pas. Cela m’inspire beaucoup.

 je ne voudrais pas être un cinéaste nostalgique ou mélancolique. J’aimerais être un cinéaste de l’avenir. Mais c’est vrai que, pour une question d’urgence, comme je l’ai fait avec Innisfree, on doit donner la priorité à ce qui en train de disparaître. "

Imaginaires des villes : un programme de films documentaires

Tout au long de l'année 2013, la Bpi propose d’appréhender l’imaginaire d’une ville à travers le regard d’un cinéaste.

Liverpool, en janvier, Rekjavik, en février et à venir, Tokyo, Johannesburg, Shangai, Bruxelles, Rio, New York.

Liverpool avec Terence Davies

image du film of time and the city, de terence davies

Magnifique poème visuel de Terence Davies : Of time and the city

Of Time and the City est une chanson d’amour mais également une ode à Liverpool, ville natale du réalisateur Terence Davies. S’appuyant sur un montage d’images d’archives et de prises de vues actuelles, il égrène les souvenirs du Liverpool qui l’a vu grandir, celui des années 40-50, remontant jusqu’à nos jours, s’attardant sur quelques-uns des principaux événements de l’histoire britannique récente et nous montrant les effets du passage du temps sur sa ville natale par le biais de commentaires entre poésie et ironie, mélancolie et colère.

Focus sur :

Les films de José Luis Guerin

 

  • 1983 : Los motivos de Berta, son premier long métrage
  • 1990 : Innisfree, présenté à Cannes, qui révèle José Luis Guerín sur la scène cinématographique internationale.
  • 1997 : Tren de sombras, qui obtient le Méliès d’or et d’argent de la Fédération européenne des festivals de films fantastiques.
  • 2001 : En construcción, primé à San Sebastián
  • 2007 : En la ciudad de Sylvia
  • 2010 : Guest, en compétition à la Mostra de Venise

  • 2010 : Dos cartas a Ana

  • 2011 : Recuerdos de una manana

 

Pour aller plus loin dans les collections de la Bpi

Des ouvrages

Filmer la ville
dir. Noël Barbe, Philippe Chaudat, Sophie Chevalier, Presses Universitaires franc-comtoises, 2002
A la Bpi, niveau 3,
791.041 FIL

La ville au cinéma : encyclopédie
sous la direction de Thierry Jousse et Thierry Paquot, Cahiers du Cinéma, 2005A la Bpi, niveau 3,
791.041 JOU

Regards sur la ville
Gérard Althabe, Jean-Louis Comolli, éditions de la Bpi, 1994
A la Bpi, niveau 3,
791.11 ALT

La ville dans le cinéma : de Fritz Lang à Alain Resnais
Jacques Belma, ed. A. de Boeck, 1977
A la Bpi, niveau 3,
791.041 BEL

Visions urbaines : villes d'Europe à l'écransous la dir. de François Niney ; textes de François Barré, Jean-Michel Bouhours, Michel Boujut, éditions Centre Pompidou, 1994
A la Bpi, niveau 3,
791.041 VIS

L'art et la ville
Jean-Luc Chalumeau, Cercle d’art, 2005
A la Bpi, niveau 3,
7.155 CHA

Images et imaginaires de la ville à l'époque moderne
s
ous la dir. de Claude Petitfrère, Université François-Rabelais,Maison des sciences de la ville, 1998
A la Bpi, niveau 3,
913.28 PET

Des films à visionner sur tous les ordinateurs :

La Cité durable
Nicolas Vidal, Jean Vercoutère, 52', 2003

L'Ange de Doel
Tom Fassaert, 76', 2011

Firminy, le maire et l'architecte
Olivier Cousin, Xavier Pouvreau, 53', 2007

Grèce et Istanbul - Athènes
de Muriel Coulin, 42', 2005

Homemad(e)
Ruth Beckermann, 85', 2001

Marseille de père en fils
Jean-Louis Comolli, 185', 2005

La Mémoire des anges
Luc Bourdon, 70', 2010

Métal et mélancolie = Metaal en melancholi
Heddy Honigmann, 80', 1993

Murs, murs : Los Angeles : 1980
Agnès Varda, 78', 1980

Paris périphRichard Copans, 55', 2004

Pas lieu d'être
Philippe Lignières, 52', 2003

Plan de situation : Joliette
Till Roeskens, 137', 2010

Le Rêve de Sao Paulo
Jean-Pierre Duret, Andréa Santana, 100', 2004

Russie - Saint-Pétersbourg
Béatrice Limare, 43', 2005

You'll never walk alone
Evelyne Ragot, Jérôme de Missolz, 80', 1992