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Les dossiers

Portrait de Diderot par Louis Michel Vanloo, 1767. Public domain, Wikimedia.
Déjà emprisonné à plusieurs reprises à cause de ses écrits, Diderot décide par prudence de publier La Religieuse par feuilletons dans la Correspondance littéraire, philosophique et critique de Friedrich Melchior Grimm entre 1780 et 1782. Cette revue circule clandestinement sous forme manuscrite et sa diffusion, réservée à une aristocratie cultivée, reste très confidentielle. Il prend la précaution de léguer plusieurs copies de son texte à des proches après sa mort.
Ce n’est qu’en 1796, neuf ans après sa mort qu’une édition est publiée, fondée sur des copies des manuscrits qu’il a laissés.
La Religieuse. Par Diderot
Paris, chez Buisson, imprimeur-libraire, rue Haute-Feuille, n° 20. Ed. 1796
Source : Bibliothèque nationale de France, département Réserve des
livres rares, RESP-Y2-2275
Le contexte politique révolutionnaire exacerbe la polémique qui entoure l’oeuvre ; peu connue au 19e siècle, elle est utilisée comme un texte de propagande anticléricale et honnie par les défenseurs de l’ordre moral. C’est ainsi qu’elle subit deux censures, en 1826 et en 1828.
La Religieuse est redécouverte au 20e siècle, quand on exhume le manuscrit autographe que Diderot avait légué à sa fille. Ce manuscrit permet de rétablir un texte plus correct que celui qui était connu jusqu’alors grâce à l’édition de 1796.
L’auto-censure de Diderot qui a renoncé à publier son texte de son vivant et la censure officielle après sa mort expliquent donc l’histoire mouvementée de cette oeuvre, peu diffusée, publiée sous une forme incorrecte, et redécouverte plus largement dans les années 60. Le scandale autour de l'interdiction du film de Jacques Rivette en 1966 avait d'ailleurs attisé la curiosité et entraîné l'augmentation des ventes du roman !