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Les dossiers

Depuis les années 80, les médias ont souvent eu tendance à assimiler hacking et cybercriminalité, contribuant à donner du hacker une image purement négative. Or le terme "hacker", ni positif ni négatif, recouvre en fait une réalité multiforme : libre circulation des données et des informations, nouvelles formes de contestation politique, philosophie du Do it yourself... Nous vous proposons un aperçu de ce mouvement, illustré par une sélection de ressources disponibles en ligne ou à la Bpi.
A l'origine, le hacker est un "bidouilleur", un passionné qui cherche à comprendre comment fonctionnent les outils qu'il utilise et bricole pour les améliorer. On associe spontanément ce terme à l'informatique mais il peut toucher à bien d'autres domaines comme la musique, l'art, l'électronique ou la science. Le hacking s'apparente donc à un bricolage créatif qui trouve ses origines dans le prestigieux MIT (Massuchusetts Institute of Technology : université et centre de recherche américain dédié aux sciences et à la technologie).
Le MIT a joué un rôle fondamental dans la démocratisation de l'informatique. Les ordinateurs y font leur apparition dans les années 50 et les étudiants se les approprient en passant leurs nuits à en décortiquer le fonctionnement et à en corriger les bugs. A la base de cet engouement se trouve le TRMC, club de modélisme de trains, qui va transposer sa passion pour les systèmes ferroviaires aux ordinateurs.
Dans les décennies suivantes, le centre de gravité se déplace vers la Californie avec le Homebrew Computer Club qui réunit dans un garage quelques-uns des plus brillants hackers de l'époque, parmi lesquels Steve Jobs.
Dès la naissance du mouvement et jusqu'à aujourd'hui, il existe une véritable éthique du hacking. Le premier impératif qui préside à cet esprit, c'est l'aspect "bidouille" et "Do it yourself". Pour maîtriser vraiment une machine, il faut savoir comment elle fonctionne et donc ne pas hésiter à l'ouvrir, la démonter, l'observer, l'améliorer, la remonter... Et surtout partager les résultats de ses observations.

L'éthique hacker et l'esprit de l'ère de l'information
Himanen Pikka, Exils (2001)
A la Bpi, Niveau 2, 301.56 HIM
Le hacker est souvent considéré comme un voyou d'Internet. Le philosophe finlandais le voit plutôt comme un personnage incontournable des sociétés occidentales, citoyen modèle de l'ère de l'information, véritable moteur d'une profonde mutation sociale. Il s'oppose donc radicalement à l'éthique protestante de Max Weber en référence à son essai L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme.
Selon le hacker Eric Raymond, auteur du manifeste "Comment devenir un hacker", "les hackers construisent des choses, les crackers les cassent". Une différence fondamentale qui permet d'éviter la confusion entre ces hackers dont nous parlons et les pirates informatiques qui s'introduisent illégalement sur des sites à des fins frauduleuses. On parle aussi de "White hats" (chapeaux blancs, les hackers) et de "black hats" (chapeaux noirs, les crackers).

Hacker's guide
Charton Eric, Pearson (2011)
A la Bpi, niveau 2, 681.40 CHA
Présentation de tous les secrets du hacking pour mieux se protéger : où trouver les outils et quelle famille d'utilitaires pour le hacking, comment faire preuve d'imagination pour attaquer un PC, un réseau..., les outils pour "casser" des mots de passe, identifier une faille de sécurité et pénétrer un système. Un guide pour apprendre toutes les techniques du "cracker" afin de s'en protéger.
Vendredi 11 janvier 2013, une nouvelle ébranlait le monde des hackers et de tous les partisans de l'Internet libre : le suicide, à 26 ans, d'Aaron Swartz, petit génie de l'informatique et fervent militant de la libre circulation de la connaissance sur Internet.
A l'origine de son suicide, une épée de Damoclès de 35 ans de prison et un million de dollars d'amende pour avoir hacké la base de données d'articles scientifiques JSTOR et téléchargé plus de 4 millions d'articles, disponibles uniquement sur abonnement payant.
Depuis, les hommages se multiplient dans la presse et sur les blogs du monde entier pour honorer la mémoire de ce petit génie, pur produit du MIT.
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