La crise financière : travaux universitaires
La crise financière de 2008 a donné lieu à la publication de nombreux travaux universitaires. Aux côtés de travaux français de qualité, on retiendra les publication des deux lauréats américains du Prix Nobel d'économie : Joseph Stiglitz et Paul Krugman.
Sélection...
Universitaires et chercheurs français
Paul Jorion :
Si Paul Jorion est anthropologue de formation, il a également longuement
exercé le métier d'ingénieur financier pour des firmes américaines. Son
regard sur les mécanismes de la crise est à la fois original,
accessible à tous et extrêmement acéré.
- L’Implosion : la
finance contre l’économie (Fayard,
2008)
(Bpi, niveau 2, cote 333.6 JOR) - La Crise :
des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard, 2008)
(Bpi, niveau 2, cote 333.6 JOR) - La Crise
du capitalisme américain
(Éditions du Croquant, 2009)
(Bpi, niveau 2, cote, 330.71 JOR)
Michel Aglietta :
Un texte très accessible, descriptif des mêmes
mécanismes. Michel Aglietta a reçu en 2009, pour ce petit livre, le Prix de
l'excellence économique, couronnement d’un travail de longue date consacré à la
mise en lumière des relations entre système financier et croissance économique.
- Crise et Rénovation de la finance, écrit avec Sandra Rigot (Odile
Jacob, 2009)
(Bpi, niveau 2, cote 333.6 AGL)
Ce livre complète de manière érudite l'analyse financière de la crise et
les axes de refondation du système bancaire international. - La
Crise :
les voies de sortie (Michalon,
2008 et 2010)
(Bpi, niveau 2, cote 333.6 AGL)
Henri Bourguinat :
Autre figure de la recherche en économie financière en France, Bourguinat
analyse la déconnexion progressive de l'économie financière et de l'économie
réelle. Ce livre montre comment une génération d'économistes et d'experts financiers
spécialisés dans les modèles mathématiques d'ingénierie financière ont créé un
contexte favorable à l'explosion de 2007-2008. Un peu comme si la crise engagée
en 2007 constituait l'illustration ultime des mécanismes de virtualisation de
l'économie financière décrits par Bourguinat depuis près de deux décennies.
- L'Arrogance de la finance : comment la théorie financière a produit
le krach, écrit avec Éric
Briys (La Découverte,
2009)
(Bpi, niveau 2, cote 334.2 BOU)
Prix Nobel
La crise de
2007-2010 est caractérisée par un phénomène éditorial singulier : des
critiques à l’encontre des dérives de la finance internationale formulées par
plusieurs lauréats du Prix Nobel d’économie, pourtant traditionnellement remis
à des chercheurs favorables au courant néo-libéral. Au moins deux
« Nobels » ont ainsi publié des ouvrages, traduits dans de nombreuses
langues, accessibles à un large public et comptant parmi les références
incontournables de la science économique sur le sujet.
Joseph E.
Stiglitz :
- Le Rapport
Stiglitz : pour une vraie réforme du système monétaire et financier
international (Éditions
LLL, 2010)
(Bpi, niveau 2, cote 334.2 STI)
Le titre qui vient à l’esprit avant tout autre. La commission
initiée par l’ONU autour de Stiglitz, lauréat du Nobel en 2001, y analyse les mécanismes de la crise
financière, l’échec de l’autorégulation des marchés financiers et incite les
États à agir ensemble pour réformer le système monétaire et financier et le
rendre plus protecteur du bien public. - Le Triomphe de
la cupidité (Éditions
LLL, 2010)
(Bpi, niveau 2, cote 333.6 STI)
Publié en France quasiment au même moment que le "rapport", ce livre est devenu un autre «
classique ». Stiglitz y reprend sensiblement les mêmes mises en garde contre le
fanatisme du marché et la financiarisation de l’économie.
Paul Krugman :
- Pourquoi les crises
reviennent toujours (Seuil, 2009)
(Bpi, niveau 2, cote 334.2 KRU)
Prix Nobel en
2008, professeur au MIT, Krugman a publié en 2009 une édition mise à jour de cet ouvrage. Il analyse la crise financière non pas
comme le résultat de mauvaises pratiques et d’erreurs de gestion d’un système
qui resterait lui-même incontestable, mais comme une crise systémique, où la
valorisation à l’excès du capital et de sa libre circulation par les doctrines
libérales serait contraire à une prospérité durable. Prospérité durable qui
selon lui, suppose plus simplement de donner la priorité à la satisfaction des
besoins du plus grand nombre par une distribution équitable du pouvoir d’achat.