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Les dossiers
Pour compléter cet état des lieux, nous vous proposons une sélection de films documentaires, consultables à la Bpi, autour du thème du droit au logement.
Le Camp de Noisy : ou l’inversion du regard
Claire Jeanteur, 90 minutes, 2001
Le camp de Noisy a été créé en 1954 par l’abbé Pierre. Les familles mal-logées accourues par centaines à la suite de son appel à la mobilisation contre la misère sont d’abord accueillies Porte de Vanves et Porte d’Orléans sous la tente, puis c’est l’achat d’un terrain, dit du « Château de France », une ancienne carrière, sur le territoire de la petite commune de l’Est parisien qui comptait à l’époque 10000 habitants. En quelques mois, plus de 2000 personnes s’y ajoutent et des abris en forme d’igloos sont rapidement construits. C’est dans ce camp, grâce à l’action menée par le père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD-Quart-Monde que les expressions « exclusion sociale », puis « Quart-Monde » ont été forgées et que l’évidence du maintien de la pauvreté dans las pays occidentaux, pourtant en pleine croissance, a été admise par les gouvernements. Le film est composé de nombreux témoignages de personnes ayant vécu dans le camp , de volontaires y ayant travaillé, de proches de Joseph Wresinski comme Geneviève Anthonioz De Gaulle, et de nombreuses archives filmées et photographiques. La réalisatrice retrace, à travers l’histoire de ce camp qui fut fermé en 1971, l’évolution du regard de la société sur les plus pauvres.
Roms en errance
Bernard Kleindienst, 68 minutes, 2005

Quelques mois après la chute de Ceaucescu en décembre 1989, les premiers Roms roumains arrivent en France. Entre 2002 et 2005, B. Kleindienst a rencontré des Roms installés en région parisienne sur des terrains vagues et des bâtiments abandonnés. Il les filme chez eux, dans les camps de Choisy-le-Roi, Achères ou Saint-Michel-sur-Orge. Ceux-ci expriment une déception à la mesure des attentes qu’ils placent dans l’Europe occidentale : elle représente pour eux la dernière chance d’obtenir une reconnaissance et une dignité qu’ils n’ont jamais connue en Roumanie, et à laquelle ils ne peuvent toujours pas accéder. Ils déplorent les reportages télévisés qui assimilent toute la communauté à ceux qui, parmi eux, commettent des exactions. Le film montre aussi avec quelle violence ils peuvent parfois être rejetés par les habitants vivant dans les communes avoisinantes . Les maires des communes concernées, complètement démunis, se tournent sans succès vers les services de l’Etat ou des régions, et finissent par procéder à des expulsions dans un climat de tensions et d’exaspération, ce qui constitue pour eux, avant tout, un échec, la conséquence étant , notamment, que les enfants ne sont plus scolarisés.
Plan de situation : Joliette
Till Roeskens, 137 minutes, 2010
Entre 2006 et 2010, Till Roeskens a filmé les transformations en cours dans le quartier de La Joliette à Marseille, situé près du port : progressivement, des pâtés de maison anciens disparaissent pour donner naissance au quartier « Euroméditerranée ». Missionné par le Fonds régional d’art contemporain qui va s’installer là, le réalisateur prend le temps de brasser les paroles des anciens habitants expropriés, des premiers nouveaux habitants, des acteurs du projet d'urbanisme. Le film est une étude de cas exemplaire de la violence douce des transformations urbaines.

Les gens des baraques
Robert Bozzi, 1h 28 minutes, 1995
En 1970, de nombreux bidonvilles encerclaient Paris et Saint-Denis comptait une multitude d'immigrés portugais fuyant la misère et la dictature de Salazar. R. Bozzi y tournait alors un documentaire. 25 ans après, il part à la recherche de certaines personnes filmées, dont un bébé et sa mère...
La tribu du tunnel
Florent Marcie, 49 minutes, 1995
Un
an dans la vie de Richard, Sylvain, Nono, et Calou qui squattent un
tunnel ferroviaire désaffecté du treizième arrondissement de Paris.
Cleveland contre Wall Street
Jean-Stéphane Bron, 98 minutes, 2010

A Cleveland (Ohio), les quartiers pauvres de la ville sont laissés à l’abandon, suite à l’expulsion des habitants de leurs logements saisis par les banques qui leur avaient proposé des crédits hypothécaires (subprimes) à des taux frauduleux, qu’ils n’ont pu rembourser. Les banques, et leurs courtiers peu scrupuleux ont, grâce à ces « subprimes », engrangé de fabuleux profits jusqu’à ce que l’emballement de ce système financier ne provoque une nouvelle crise économique, financière et sociale plus large. Les avocats de la ville de Cleveland assignent en justice les 21 banques qu’ils jugent responsables des saisies immobilières qui dévastent leur ville. Mais les banques de Wall Street qu’ils attaquent, s’opposent par tous les moyens à l’ouverture d’une procédure. Jean-Stéphane Bron va la faire exister par son film. Comme il l’indique : « Rien n’a été écrit ou répété, chacun exprime sa vérité dans un jeu de questions-réponses spontanées. Il n’y a pas d’acteur, tout le monde tient ici son propre rôle : les témoins, les avocats, le juge, tout comme les membres du jury. Ce sont les avocats qui ont choisi les membres du procès parmi un panel d’habitants de Cleveland. Les témoignages ont été enregistrés au palais de justice de Cleveland, Ohio. » Le film met à nu le système financier des « subprimes » et ses conséquences tragiques, il rappelle opportunément la logique du système capitaliste.
Palazzo delle aquile
Stefano Savona, Alessia Porto, Ester Sparatore, 128 minutes, 2011
Le film a obtenu le Grand Prix au Festival Cinéma du réel, à Paris, en 2011.

Le Palazzo delle aquile (Palais des aigles) est le siège de la mairie de Palerme (Sicile). En 2010, dix-huit familles mal-logées viennent réclamer aux élus un toit et, faute de mieux, s’installent dans les lieux, avec familles et bagages. Au fil des jours et des nuits, la vie communautaire s’organise, les citoyens perdant peu à peu leur timidité de départ et marquant leur territoire au point d’en refuser l’accès à d’autres démunis désireux de les rejoindre. L’élu de gauche qui les représente est pris à partie par les demandeurs, tout comme les éloquents politiciens locaux accusés de manquer de transparence sur l’épineux dossier de la redistribution des biens confisqués à la mafia. Le film suit pendant plusieurs semaines les difficiles tractations, pleines de rebondissements, entre les uns et les autres. Cela donne une chronique haute en couleur où la réalité de la vie politique et la lenteur du processus législatif doivent composer avec l’urgence sociale, et où certains découvrent les vertus, ou les limites, de la démocratie.