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Fil d'ariane

Théâtre, cinéma et New Deal

mis à jour le 22/03/13  | Page imprimable  | Envoi de la page
mis à jour le 22/03/13

La politique sociale et culturelle engagée par le président Roosevelt pour aider le théâtre va se révéler d'une très grande envergure. Le cinéma accompagne ce mouvement en montrant la crise. Le cinéma documentaire devient outil de propagande. D'innombrables artistes émergent grâce au Federal Theatre Project avant de devenir célèbres après la guerre.

Le Federal Theatre Project


Créé sous les auspices de la Works Progress Administration (WPA), le Federal Theatre Project représente l'effort le plus ambitieux du gouvernement pour produire des spectacles théâtraux à travers tout le pays. L'objectif est de donner du travail aux professionnels du théâtre au chômage. Dirigé par la dramaturge et administratrice Hallie Flanagan, le projet emploie 12700 professionnels. Les artistes ont la liberté de créer des oeuvres controversées ou expérimentales qui ne pourraient être produites dans le circuit commercial.

Hallie Flanagan, Library of Congress [Public Domain]

Le Théâtre Fédéral crée également des compagnies itinérantes s'adressant au jeune public, enseignant les techniques théâtrales, et produisant des comédies musicales populaires.
Voodoo Macbeth Poster WPA Federal Theater ProjectCes compagnies parcourent le pays apportant le théâtre dans les régions les plus isolées. On estime que près de 25 millions d'Américains ont pu voir des pièces du Théâtre Fédéral entre 1935 et 1939.

Parmi des dizaines d'artistes lancés par le New Deal, de futurs réalisateurs comme John Huston, Nicholas Ray, Joseph Losey et surtout Orson Welles, ont fait leurs débuts dans le cadre du théâtre subventionné.
Mais dès 1938, ce projet suscite de nombreuses controverses. Les conservateurs accusent les productions de véhiculer l'idéologie communiste et de porter atteinte à la sécurité de la nation.
En 1939, le Congrès vote l'arrêt du financement du projet et se termine ainsi ce qui fut une des périodes les plus dynamiques du théâtre américain.

Voodoo Macbeth Poster, WPA Federal Theater Project [publicdomain]


Left-wing dramatic theory in the American Theatre
Ira Alan Levine, Umi Research Press, 1985
Ira Levine analyse les influences des politiques de gauche sur la théorie théâtrale des années 20 jusqu'aux années 40. Il revient sur les origines du Federal Theatre Project, son implication sociale, ses pièces politiques et engagées, et plus particulièrement sur le théâtre des minorités, l'influence de la culture populaire et les mises en scène émanant de la classe ouvrière. De grands auteurs sont apparus grâce à ce théâtre de la marge, comme O'Neill, Odets, Baraka ou Elmer Rice.
Illustration photographique des représentations de l'époque.
A la Bpi, niveau 3, 821-2 LEV

Federal Theatre, 1935-39: plays, relief and politics
Jane Sherron De Hart, Princeton University Press, 1967

L'auteur étudie le Federal Theatre Project, FTP,  et son action de soutien auprès des metteurs en scène et des acteurs. Bien qu'ayant été un projet relativement modeste, le FTP donne matière à une analyse plus globale sur le New Deal : en plus de donner du travail aux personnes travaillant dans le théâtre, le FTP avait pour but de créer quelque chose de nouveau : proposer un théâtre qui fasse sens pour les gens, tout en changeant le rapport entre le gouvernement et les arts.
Prochainement à la Bpi

Orson Welles

Après avoir travaillé comme metteur en scène et acteur en Irlande, Orson Welles s’est forgé une solide réputation dans le milieu du théâtre. Il travaille avec le producteur John Houseman dans le cadre du Théâtre Fédéral. Passionné par l’œuvre de Shakespeare, il monte en 1936 une adaptation originale de Macbeth où l’action est transposée aux Caraïbes et interprétée par des acteurs noirs.  En 1937, il met en scène une comédie musicale, The Cradle Will Rock, satire de la vie politique américaine qui provoque le scandale. Le spectacle est interdit à la demande de nombreux opposants politiques. Il démissionne du Théâtre Fédéral et fonde le Mercury Theatre. Après le triomphe de son adaptation radiophonique de La Guerre des mondes de H.G. Wells, il arrive à Hollywood en 1939 et obtient toute la liberté de création à la RKO. Tous les  acteurs du Mercury Theatre participent à sa première production, Citizen Kane (1941) inspiré de la vie du magnat de la presse William Randolph Hearst.

Extait annoté de "Voodoo" Macbeth d'Orson Welles, the Federal Theatre Project's 1936. Brice Stratford, [CC-by] via Youtube


couveture du livreOrson Welles
Alain Bergala, Jean Narboni et Claudine Paquot
Cahiers du Cinéma, 1986
Cet ouvrage se présente à la fois comme un recueil d’entretiens avec Orson Welles sur son travail et comme une étude critique de son œuvre. Il s’ouvre sur un texte bio-filmographique de François Truffaut qui mêle la vie et l’œuvre pour mieux mesurer la place occupée par Orson Welles dans l’histoire du cinéma.
A la Bpi, niveau 3, 791.6 WELL 2

Nicholas Ray

Né en 1911 dans le Wisconsin, Nicholas Ray se passionne très jeune pour la musique et le théâtre puis pour l'architecture après avoir suivi les cours de Frank Lloyd Wright à l'université. Il arrive d'abord à Chicago, puis à New York en 1934 et travaille dans plusieurs théâtres de gauche, dont le Group Theatre et le Theatre of Action, comme  acteur, animateur, directeur d'atelier. Il joue en 1935 dans la pièce The Young Go First dirigée par son ami Elia Kazan et par la suite collabore avec le producteur et découvreur de talents John Houseman qui l'emmène à Hollywood où il débute dans sa carrière de réalisateur.


Roman américain : Les vies de Nicholas Ray
Bernard Eisenschitz, Bourgois, 1990
Dans cette biographie de Nicholas Ray très richement documentée, Bernard Eisenschitz raconte minutieusement la vie et le travail de ce grand réalisateur. Témoignage sur le fonctionnement du cinéma de Hollywood, c'est surtout l'histoire de l'Amérique qui se déroule en parallèle avec ses crises et ses bouleversements.
A la Bpi, niveau 3, 791.6 RAY.. N 2

Joseph Losey et Elia Kazan

Nés tous les deux en 1909 mais d'origine très différente, ils entrent au Parti communiste et remportent leurs premiers succès au théâtre dans les années 30, Kazan comme acteur au Group Theatre, Losey comme metteur en scène à Moscou. Tous deux ont travaillé pour la radio. Leurs premiers films sont marqués par leur engagement social et politique qui date de la période du New Deal avant de s'orienter vers un cinéma plus psychologique. La chasse aux sorcières marque leur séparation, avec les dénonciations de l'un et l'exil de l'autre en Europe.


Kazan, Losey : entretiens avec Michel Ciment
Stock, 2009
Après voir mené des entretiens dans les années 1970 avec ces deux grands réalisateurs de la même génération, il est apparu à Michel Ciment que leurs destinées étaient parallèles et pouvaient être lues en miroir, avec leurs points de convergence et de divergence.

A la Bpi, niveau 3, 791.6 LOSE 1

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Hollywood : un cinéma “social”

La crise économique éclate alors qu’Hollywood est en plein "âge d’or"grâce à l’arrivée du cinéma parlant. Au plus fort de la crise, 60 à 80 millions d’Américains fréquentent les salles de cinéma pour oublier leurs souffrances à peu de frais. Malgré la crise, Hollywood produit plus de 5000 films, des films comiques, des comédies musicales, des mélodrames...
Cependant, la plupart des films de cette période s’intéresse à la réalité sociale et au sort des plus démunis. Dans Les Temps modernes, en 1936, Chaplin dénonce les conditions de travail des ouvriers. Les comédies de Frank Capra, comme Monsieur Smith au Sénat, Ruée, sous un air léger, critiquent les excès du capitalisme. William Wellman réalise en 1933 deux films, Wild Boys of the Road, qui raconte l’errance des jeunes chômeurs dans les rues et  Heroes for Sale, qui met en scène des anciens combattants réduits à la misère. La production Warner est une des plus engagée : Je suis un évadé (1932) de Mervyn LeRoy est l'exemple type, inspiré de faits réels. La Warner est  également à l'origine de films de gangsters, Little Caesar, The Public Enemy, 1931 qui reflètent les problèmes de la société et diffusent le message rooseveltien.


Histoire du cinéma américain
Brigitte Gauthier, Hachette Supérieur, 2007
Dans cet ouvrage, Brigitte Gauthier relate avec clarté et concision l'histoire du cinéma américain des origines à 1990. Elle aborde l'évolution des genres, des tendances de la production et des goûts du public en fonction du contexte politique.
A la Bpi, niveau 3, 791(73) GAU


Hollywood, années 30 : du Krach à Pearl Harbour
Jean-Loup Bourget, 5 Continents, 1986
Cet ouvrage très pédagogique met l’accent sur certains aspects fondamentaux du cinéma de cette période. Du Krach à Pearl Harbour, des années foisonnantes qui voient triompher le cinéma parlant, la comédie musicale, les films de gangsters, les comédies loufoques. Engagée auprès du président Roosevelt, la Warner produit des films participant d’une veine réaliste, montrant les drames sociaux et mettant en scène des personnages de la vie quotidienne.
A la Bpi, niveau 3, 791(73) BOU

Grand design : Hollywood as a modern business enterprise, 1930-1939
Tino Balio, University of California press, 1993
L'avènement de la couleur, les grandes comédies musicales, les grands studios et la mise en place de la censure institutionnelle ont fait de la décennie 1930 un moment clé dans l'histoire de Hollywood.1939 a vu la sortie de films inoubliables, tels Gone With the Wind, The Wizard of Oz, et  Stagecoach. C'est aussi l'époque où les studios ont exercé leur contrôle sur les films et les acteurs comme Bette Davis, Clark Gable ou Humphrey Bogart. Dans cet ouvrage, Tino Balio examine chaque aspect de l'élaboration d'un film ainsi que le système de production et de diffusion des films tel qu'il s'est mis en place à partir de la Grande Dépression.
A la Bpi, niveau 3, 791(73) HIS


"The motion picture is potentially one of the greatest weapons for the safeguarding of democracy : activisme et censure dans le monde hollywoodien des années 1930"
Véronique Elefteriou-Perrin, Revue française d’études américaines, 4/2004 (no 102), p. 62-81.
Cet article aborde la question de l’engagement politique à Hollywood dans les années 1930. Au début de la décennie l’activisme des salariés de l’industrie cinématographique se porte plus sur les questions intérieures liées à la Dépression, par la suite il s’oriente vers les problèmes internationaux (Guerre d’Espagne, montée des fascismes).

A la Bpi, sur les postes informatiques à partir de la base de données CAIRN

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Le cinéma documentaire et le New Deal

Lors du second New Deal, en 1935, le gouvernement américain met en place un ensemble de projets visant à illustrer les crises que le pays traverse et à faire connaître au public la politique du New Deal. Sous l’égide de la Resettlement Administration (RA), le gouvernement lance d’abord des campagnes radiophoniques et photographiques qui produisent les oeuvres majeures d’artistes comme Walter Evans ou Dorothea Lange. Puis, la RA décide de produire des films afin de toucher un public encore plus large.


Film on the left : American documentary film from 1931 to 1942
William Alexander, Princeton University press, 1981
L’auteur retrace le développement du cinéma documentaire au cours des années 1930 avec la formation de la Film and Photo League en 1930, organisation communiste internationale. Après sa dissolution suite à des querelles de factions, un groupe de cinéastes crée Nykino, puis en 1937 Frontier Films. L’auteur analyse les interactions entre de grands réalisateurs comme Joris Ivens, Pare Lorentz, Willard Van Dyke qui travaillent avec des membres de ces groupes.
A la Bpi, niveau 3, 791(73) ALE

Pare Lorentz

Pare Lorentz, journaliste et critique de cinéma, est choisi comme cinéaste consultant en raison de son intérêt pour Roosevelt et le New Deal et de ses préoccupations pour les problèmes environnementaux. Lorentz avait écrit un article sur le Dust bowl (tempête de poussière) pour le magazine Newsweek et avait tenté de convaincre en vain Hollywood de faire un film sur ce sujet. Au cours des cinq années suivantes, il réalise pour le gouvernement une série de films qui connaissent un grand succès critique et populaire dont  The Plow That Broke the Plains et The River et qui reflètent fidèlement l'idéologie du New Deal.

Le film The Plow That Broke the Plains  (1936) a pour sujet les tempêtes de poussière qui ont touché la région des grandes plaines du Middle West ravagées par la sécheresse et qui ont détruit toutes les récoltes en obligeant les fermiers ruinés à migrer notamment vers l’Ouest. L'abus du labour qui a détruit les grandes plaines est dénoncé avec vigueur. Le film qui marie images picturales, musique symphonique et poésie en vers libres est une ode à l'environnement.

The Plow That Broke the Plains



Le film The River  (1937) raconte l’histoire du fleuve Mississippi et de ses affluents, accompagné par un commentaire poétique dont Lorentz est l’auteur et une musique originale composée par Virgil Thompson. Il déplore les destructions sur l'environnement causées au nom du progrès, notamment les pratiques agricoles et forestières, responsables d'une érosion massive et de l'apport de grosses quantités de terre dans les eaux du fleuve. Il se termine par une note d'espoir en célébrant les efforts entrepris par le gouvernement, à travers la Tennessee Valley Authority, pour redonner du dynamisme économique, par des grands travaux (barrages) et de nouvelles techniques agricoles.

The River

Deux sites à consulter :

  • Pare Lorentz, Poet and Filmmaker, site proposé par l’Université de Virginia qui décrit la vie et l’oeuvre du cinéaste.
  • le site du  Pare Lorentz Center qui a pour mission de mettre en oeuvre les techniques audiovisuelles mises au point par Pare Lorentz, d'enseigner l'histoire et les sciences sociales et de perpétuer l'usage du film documentaire pour délivrer un message social et politique. Le Centre est situé dans le “Franklin D. Roosevelt Presidential Library and Museum” à New York. L'oeuvre de Pare Lorentz, synthèse d'une superbe imagerie, de narration poétique et de musique évocatrice, a inspiré de nombreux réalisateurs de films documentaires.   


FDR’s moviemaker : memoirs and scripts
Pare Lorentz, University of Nevada press, 1992

Les mémoires et autres écrits de Pare Lorentz. L'ouvrage contient les scripts de ses films, sa correspondance avec son ami John Steinbeck, des anecdotes et réflexions de Roosevelt sur le cinéma.

Prochainement à la bibliothèque

"Pare Lorentz et le documentaire New Deal"

Guy Gauthier, Jeune Cinéma, n°324-325, été 2009, pp. 20-30

A consulter sur internet

Focus sur :

La crise et ses représentations

Comment l’art peut-il représenter la crise ?
André Orléan, Mathieu Laine, John Berger, Sophie Ristelhueber, Thomas Ostermeier, Emmanuel Latreille
Le Monde 19/07/2012
Face à l’abîme des sommes emportées par la débâcle financière, à la misère qui en découle et au cycle sans fin de la violence, de quelle manière l’artiste arrive-t-il à donner à voir des choses qui dépassent l’entendement ?

La crise, comment la raconter ?
Esprit, juin 2012
Depuis 2008 : quelles représentations esthétiques ? Cinéma, théâtre, télévision, danse : les métaphores et les fictions du choc économique
À la Bpi, niveau 2, O ESP

La crise au théâtre
À Londres


La crise financière vue par le théâtre
Sylvie Bressier, janvier 2010
Deux pièces de théâtre à Londres sur les dérèglements du système financier témoignent de la réactivité de la scène britannique aux secousses qui traversent la société et la conduisent à se regarder autrement.

À la Bpi, niveau 2, O ESP et sur les postes informatiques, tous secteur à partir de la base de données Cairn.

À Paris  


D’un retournement l’autre. Comédie sérieuse sur la crise financière. En quatre actes et en alexandrins. Le texte de la pièce est suivi d’un post-scriptum : Surréalisation de la crise
Frédéric Lordon, Seuil, 2011
À la Bpi, Niveau 2, 333 LOR
Le sujet de la pièce : la crise financière que nous traversons. La pièce reprend les grands chapitres, les actes qui ont scandé l'histoire de cette crise financière jusqu'à cette situation folle dans laquelle nous nous trouvons...

La crise au cinéma

Le grand retournement
Gérard Mordillat, 2013
D'après la pièce de Frédéric Lordon, D'un retournement à l'autre, comédie sérieuse sur la crise financière.

The Cradle Will Rock (Broadway, 39e rue)
Tim Robbins, 1999
Le réalisateur Tim Robbins adapte l'histoire d'Orson Welles : dans l’Amérique des années 1930, le jeune Orson Welles se débat pour essayer de monter une comédie musicale très controversée sur un fait social.

 

Tous les films sur la Grande Dépression
répertoriés sur le site de l'Université de Bloomington, Indiana. Il s'agit des films tournés des années 1930 jusqu'à nos jours, montrant la crise économique et sociale. Ils sont classés par genre :  fictions et documentaires.

Le film de King Vidor, Our Daily Bread, 1934

image du film

Un couple de chômeurs hérite d’une ferme abandonnée sur un lopin de terre et y fonde une coopérative à laquelle se joignent d’autres personnes sans emploi.

Ce film est programmé dans le cadre du Festival Cinéma du réel , jeudi 21 mars 2013.


La Grande parade : autobiographie
King Vidor, J.C. Lattès, 1981
A la Bpi, niveau 3, 791.6 VIDO 1

"Je suis né avec le cinéma, j’ai grandi avec lui" King Vidor raconte l’histoire du cinéma avec humour et passion. Très touché par la crise qui secoue l’Amérique, il décide de montrer le malaise dans un film. Il reprend les deux personnages du film La Foule et, à partir d’articles de presse qu’il collecte, trouve la trame de son film Our Daily Bread, la création de coopératives pour résoudre le problème du chômage. C’est le seul film indépendant hollywoodien car non financé par les studios.