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Le blues, un état d'âme

mis à jour le 10/02/12  | Page imprimable  | Envoi de la page
mis à jour le 10/02/12

Extrait de "Body an soul" par Rosetta Tharpe

jaquette du cd de l'intégrale de sister Rosetta Tharpe

A la lettre, le « blues», ce sont aussi les « bleus ». Bleus des coups reçus, bleus au corps, bleus à l’âme, blue devils (équivalent anglo-américain de nos « idées noires ») ; Body an soul. C’est souvent le cri, plus ou moins atténué, d’un homme ou d’une femme seuls, courbé par le travail ou en mal d’amour.

couverture du livre Le Peuple du blues

Cet état d’âme, cousin américain du
« spleen » ou de la « saudade », se double pourtant d’un élément collectif qui en démultiplie la portée. Tout un peuple, les africains déportés, réduits en esclavage, puis discriminés, se retrouve dans ces mélopées aux déclinaisons multiples : religieuses, politiques, existentielles. Le blues est alors un chant de souffrance traversé par l’espoir, où cohabitent extrême résignation et révolte (cf. LeRoi Jones, Le Peuple du Blues ; Paul Gil Roy, Atlantique Noir ; Alan Lomax, The Land where the Blues began).

 

Vidéo : extrait de The land where the blues begans, a film by John M. Bishop, Alan Lomax, Worth W. Long, 1979, durée totale : 58’ (source : folkstream.net).

pochette du disque Lady sings the blues

Quelle que soit la peine que chante le blues, peine du labeur ou peine d’amour, le « sujet » importe au fond moins que les affects qu’il suscite, et c’est le génie du blues d’avoir fait tantôt de chansons à motifs religieux d’explicites chansons d’amour, tantôt de celles-ci des protest songs, et vice-versa.

A écouter : " I’m a man", de Muddy Waters.

Un seul vers de Billie Holiday résume cette ambivalence, lorsque dans l’étrange romance intitulée I love my man elle lance : «I’ve been your slave» - j’ai été ton esclave… C’est de cette ambivalence que se nourrit l’universalité du blues, qui fait que cette forme inventée par les descendants des esclaves afro-américains puisse évoluer au gré de ses réappropriations successives, partout dans le monde.

Car s’il y a bien une « tradition » du blues, avec des standards révérés (traditionals, justement), non seulement ceux-ci font l’objet d’interprétations les rendant parfois méconnaissables, mais l’histoire du blues en un siècle d’existence montre que ce genre musical, que d’aucuns considèrent comme figé, est au contraire fondamentalement évolutif, malléable. Et que cette évolutivité, cette universalité, il la tient autant de sa forme et de son langage que de ses thèmes d’inspiration.

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Marguerite Yourcenar et le blues

couverture du CD blues et gospels

"J' ai écouté quelques-unes de ces musiques de percussion ou de guitare, produites souvent aussi par n'importe quoi, le raclement d'un couteau, le grincement d'une fiole de verre, le bruit d'une poignée de porte battant contre un mur, l'effet rythmique étourdissant d'un rasoir contre une courroie de cuir : tout est bon pour faire sortir des choses la musique qui est en elles."

A lire [cote 840"19" YOUR[ et  à écouter.