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Les dossiers
Si le « genre » blues s’est en quelque sorte constitué comme rempart (parfois considéré comme puriste) face à ses multiples avatars, ceux-ci ont pris une importance telle (pas seulement commerciale) qu’il n’est pas inutile de revenir sur la dette qu’ils ont contractée à l’égard du blues.

Celle du jazz est trop complexe pour se réduire à l’idée – fausse – selon laquelle le blues serait un « jazz primitif » : l’un des albums les plus notoirement savants de l’histoire du jazz ne s’intitule-t-il pas précisément Kind of Blue ?
Mais tout le monde s’accorde à dater la naissance du rock’n’roll aux fameuses « Sun sessions » d’Elvis en 1956. Avec Scotty Moore (guitare), le jeune interprète y décida d’accélérer le tempo de That’s allright Mama et Mystery train.
Un genre est né alors, et toute la jeunesse blanche américaine, puis européenne, s’en empara : suivront les Cochran, Vincent, Buddy Holly, la pop (Rolling Stones, Animals, Them – le groupe du chanteur Van Morrison, sans doute l’un des plus convaincants chanteurs de blues blancs) et la folk-music (Guthrie, Dylan, Neil Young), un certain psychédélisme (Cream – avec un certain Eric Clapton à la guitare –, The Doors, Hendrix, Janis Joplin, Tim Buckley) et jusqu’au blues fracassé, post-industriel, punk, de personnalités comme Tom Waits, Nick Cave ou PJ Harvey.

Largement tributaire du blues, certes, le rock’n’roll blanc l’est – jusqu'au nom, qu’il emprunte à la chute de Rock me baby, popularisé par B.B.King. Cette généalogie du rock est cependant très réductrice (le rock, souvent expédié dans l’histoire de la musique comme un simple « blanchiment du blues noir », ne peut absolument se réduire à cela – à moins de considérer que Lou Reed ou Bowie ne font pas de rock…) et profondément ségrégationniste. Elle laisse en effet complètement de côté l’apport, parallèle, du rythm’n’blues noir : Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, Little Richard, entre autres.

Toute la soul ultérieure, et à plus forte raison son avatar direct, le funk, est une variation derrière les structures complexes de laquelle percent encore et encore les « notes bleues » de Nina Simone, Otis Redding, Aretha Franklin et tant d’autres. Même le hip-hop et la musique électronique n’y sont pas complètement étrangers, jusqu’au Back to Black de notre contemporaine, Amy Winehouse.
Un film de Marc-Aurèle Vecchione
"Observer l'évolution du musicien noir américain, c'est observer le parcours de libération de l'Afro-Américain ." Marc-Aurèle Vecchione

Comment la musique noire a rythmé le combat pour l’émancipation des Afro-Américains sur près de deux siècles, des champs de coton du Sud profond aux ghettos du Bronx.
[A consulter dans l'espace Musiques et documents parlés.]