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Les dossiers

Christopher Felver Courtesy of the John Cage Trust
John Cage naît en 1912 à Los Angeles, où il découvre le piano enfant. Après avoir eu l’intention de devenir architecte, il étudie la composition dans les années trente avec Arnold Schönberg, alors exilé en Californie. Ces deux expériences le convainquent qu’il ne pourra jamais consacrer son existence entière à une seule discipline, une seule tradition. A partir des années quarante, son oeuvre musicale commence ainsi à croiser les enjeux d’autres disciplines, comme la danse (avec la rencontre décisive de Merce Cunningham, à laquelle il doit la technique du piano préparé qu’on entend par exemple dans les Sonates et Interludes), les arts plastiques (les White Paintings de son ami Robert Rauschenberg, notamment) ou la philosophie (celle de H.D.Thoreau imprègnera durablement sa pensée, son rapport au silence et à la nature, tout comme le bouddhisme zen).
Les années cinquante révèlent l’originalité de Cage au monde entier, avec la fameuse partition de 4’33’’ (qui à la fois prescrit de s’abstenir de jouer pendant cette durée précise et ouvre la voie à l’indétermination), les Music of Changes inspirées du Yi-King, les uvres graphiques comme Cartridge Music. Parmi les compositeurs réunis à Darmstadt (Stockhausen, Berio, Boulez), Cage fait figure de trublion, à la manière d’un Satie (ou d’un Duchamp, deux figures auxquelles il se réfère souvent). Mal accepté par ses pairs européens, son travail détermine en revanche outre-atlantique l’essor de toute une génération de compositeurs (Brown, Feldman et Wolf). Il est un pilier de l’enseignement dispensé au Black Mountain College, université connue pour la place qu’elle fait aux pratiques artistiques et modes de vies alternatifs. Surtout, il irradie la sphère artistique entière, le mouvement Fluxus (à travers des figures comme Nam June Paik, Yoko Ono ou Joseph Beuys) ayant reconnu Cage, aux côtés de Dada ou Duchamp, comme source d’inspiration majeure. A l’instar de son Roaratorio, véritable pérégrination dans les entrelacs complexes de Finnegans Wake de Joyce, l'oeuvre protéiforme de Cage suscite par ailleurs de nombreux échos dans le champ de la création littéraire contemporaine.
Il meurt à New-York en 1992. En 2012, il aurait donc cent ans.

Rencontres, conférences et performances à la Bpi le lundi 24 septembre de 18h à 21h.
A réécouter en ligne sur le site des Archives sonores de la Bpi
Vous pouvez découvrir le dossier pédagogique John Cage, le génie ingénu, sur le site du Centre-Pompidou.

Peter Greenaway a réalisé John Cage dans la série "Four american composers", produit par Transatlantic Films en 1985. Ce film, édité en DVD par les Films du Paradoxe en 2007, d'une durée 54 minutes est consultable à la Bpi (niveau 3, Espace Musique et documents parlés).
Le
film est basé sur une série de performances par John Cage pour célébrer
son 70e anniversaire, dans l’église désaffectée St James de Londres. Il
fait partie d’une série intitulée «Four American Composers», tournée en
1983 pour présenter quatre compositeurs d’avant-garde au public
anglais.
On y voit des extraits de « Music Circus » (un concept qui
consistait à rassembler plusieurs groupes et interprètes dans un grand
espace où différentes musiques se superposaient selon un ordre déterminé
de manière toujours aléatoire), on écoute John Cage lire un texte sur
le son, présenter lui-même ses uvres, et retracer son autobiographie
avec la fantaisie et l’élégance qu’on lui connaît.