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Le partage de l'eau : géographie de l'eau

mis à jour le 29/11/11  | Page imprimable  | Envoi de la page
mis à jour le 29/11/11

L'eau est une ressource naturellement abondante, mais très inégalement répartie avec une gamme de variations allant de l'extrême sécheresse de pays du Sahel aux inondations de l'Asie du Sud-Est. Or la pauvreté, le gaspillage, la pollution aggravent cette inégalité naturelle, sur fond de conflits entre pays riverains et entre différents secteurs économiques. Et la main-mise des multinationales sur la gestion de l'eau, dans le monde comme en France, creuse cette inégalité d'accès à l'eau potable, devenue une marchandise inabordable pour les plus pauvres.
La question de l'eau au XXIe siècle est donc sociale plus qu'environnementale. Voici une sélection de documents.  Bonne traversée !

L'eau, source de vie

L'eau terrestre se répartit entre 97.5 % d'eau de mer salée et 2.5 % d'eau douce.

L'eau douce est essentiellement contenue dans les deux inlandsis géants du Groënland et de l'Antarctique, ainsi que dans les glaciers des grandes chaînes montagneuses. Seule 0.7 % de l'eau douce se trouve en surface : cours d'eau, lacs, nappes phréatiques.

De l’eau et des hommes, sous la direction de Jean-Claude Lefeuvre
(Editions De Monza, 2011)
(Bpi, niveau 3, cote 912 LEF)
L'eau est au cœur de la vie sur terre, vie humaine, végétale ou animale. 400 photos, cartes, dessins et graphiques, pour retracer l'histoire et la géographie de l'eau. Par 33 scientifiques.

 

Les grands fleuves du monde : Aux sources de la vie, Jean Louis-Blanc
(Glénat, La Société de Géographie, 2003)
(Bpi, niveau 3, cote 912.68 BLA)
C’est sur les rives et dans les deltas des grands fleuves que l'on trouve les zones de végétation les plus denses au monde, les rendements agricoles les plus élevés, la circulation la plus intense, les densités humaines les plus fortes. A partir des archives photographiques de la Société de Géographie (Certaines remontent au milieu du 19é siècle) et de photographies modernes, l’auteur présente 21 des plus grands fleuves d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique.

 

Les grands fleuves : entre nature et société, Jacques Bethemont
 (Armand Colin, 2002)
(Bpi, niveau 3, cote 912.68 BET)

       

La quantité d’eau terrestre reste stable, il s’agit d’eau recyclée en permanence. Mais avec l’augmentation de la population mondiale, avec le développement de l’économie des pays émergents, la demande en eau croit de manière exponentielle. L’Asie consomme désormais 3500 km3/an contre 2000 km3/an pour le reste du monde. Y aura-t-il pénurie d’eau ?

atlas mondial de l'eau

 Atlas mondial de l'eau : Une pénurie annoncée
Salif Diop,  Philippe Rekacewicz
(Editions Autrement, 2003)
(Bpi, niveau 3, cote 912 ATL)
Cet atlas de 2003, avec plus de 45 cartes et graphiques, s’intéresse à l’impact de la consommation d’eau sur le milieu naturel (raréfaction de la ressource, assèchement de la mer d’Aral, du lac Tchad)…
 

Atlas mondial de l’eau ; De l’eau pour tous, David Blanchon, Aurélie Boissière
(Editions Autrement, 2009)
(Bpi, niveau 3, cote 912 ATL)
L’atlas de 2009 met l’accent sue la répartition inégale, la dégradation de la qualité de l’eau, et les tensions pour la gestion de cette ressource.

 

Les géographies de l’eau : Processus, dynamique et gestion de l’hydrosystème,  sous la direction de Richard Laganier et Gilles Arnaud-Fassetta
(L’Harmattan, Itinéraires géographiques, 2009)
(Bpi, niveau 3, cote 912.68 LAG)
 La problématique de l'eau a envahi les sphères médiatiques et sociologiques, qu'il s'agisse du manque d'eau, des différentes formes de vulnérabilité liées aux inondations, à l'épuisement ou à l'altération qualitative de la ressource en eau, ou encore de la protection et de la mise en valeur des hydrosystèmes. Cet ouvrage invite le lecteur à parcourir les lieux qui unissent la société à l'eau et à découvrir les géographies de l'eau à travers les avancées les plus récentes.

Les guerres de l’eau auront-elles lieu ?

L’eau est très inégalement répartie. 20% de la population mondiale « consomme » 86% des ressources en eau de la planète.  Un Canadien dispose de 94.000 m3 par an, un Israélien 270 m3/an et un habitant de Malte 80 m3/an ! Et un milliard 500 millions d’hommes n’a pas accès à l’eau potable.
D’où une source de tensions !

Eaux et territoires : Tension, coopérations et géopolitique de l’eau, Frédéric Lasserre et Luc Descroix
(Presses de l’Université du Québec, 2011)
(Bpi, niveau 3, cote 912 LAS)
Qu’elle soit potable, agricole ou destinée à un usage industriel ou de loisir, l’eau est devenue l’objet de vives convoitises et de houleux débats quant aux modalités de son partage et de sa distribution.  L’eau sera-t-elle l’enjeu des conflits du XXIe siècle ?

 

L’eau, source de menaces ?, Barah Mikaïl
(IRIS/Dalloz, 2008)
(Bpi, niveau 3, cote 912.68 MIK)
L’auteur analyse d’un point de vue géographique, politique et juridique, les affrontements du XXe siècle pour l’accaparement et le contrôle de l’eau et s’interroge sur les solutions que la communauté internationale devra apporter pour préserver cette ressource vitale au XXIe siècle.
Les tensions se concentrent autour des ressources des grands fleuves transfrontaliers (Nil, Mékong, Jourdain, Colorado…) entre les pays « en aval » et « en amont » qui se partagent le « bassin versant » et se manifestent par des retenues d’eau, des barrages qui réduisent considérablement le débit du fleuve, de l’irrigation non maîtrisée, des nappes phréatiques pompées… Les exemples abondent : tension entre Turquie, Syrie et Irak à propos du partage des eaux de l’Euphrate, ou entre le Mexique et les Etats-Unis pour les eaux du Colorado et du Rio Grande.

L’eau en Asie du Sud : confrontation ou coopération ?, Alain Lamballe
(L’Harmattan, 2009)
(Bpi, niveau 3, cote 914(5) LAM)
L'Asie du Sud bénéficie d'un gigantesque château d'eau constitué par le plateau tibétain et la chaîne himalayenne et d'un autre plus modeste au Deccan. Mais la répartition des ressources hydrauliques est très inégale. L'accroissement démographique, l'urbanisation, le développement de l'irrigation et l'industrialisation engendrent des besoins en eau de plus en plus grands. Parce qu'elle est surabondante ou rare et parfois polluée, l'eau tue plus que les accidents, les insurrections et les guerres. En Inde comme au Pakistan, les gouvernements ont bien du mal à apaiser de vives tensions entre les provinces et au sein de celles-ci. A ces différends internes s'ajoutent des litiges internationaux car les grands fleuves Indus, Gange, Brahmapoutre et leurs affluents traversent plusieurs pays. Des accords bilatéraux ont été conclus par l'Inde avec ses voisins, le Pakistan et le Bangladesh, pays aval, le Népal et le Bhoutan, pays amont, mais ils sont parfois remis en question. Une approche régionale s'impose, incluant la Chine d'où sont originaires l'Indus et le Brahmapoutre et des affluents du Gange. 

Des fleuves entre conflits et compromis : essais d’hydropolitique africaine, sous la direction de Jean-Pierre Raison et Géraud Magrin
(Karthala, 2009)
(Bpi, niveau 3, cote 914(6) RAI)
Les cinq grands bassins étudiés appartiennent aux zones soudanienne et sahélienne : eaux rares, pluies faibles, population relativement dense. Les tracés fluviaux vont du mieux arrosé au plus sec (à l’exception du Niger). Les conflits quand la ressource se raréfie, proviennent des différences d’usage (agriculture et production d’électricité, par exemple), des problèmes techniques (décrue et irrigation, modernisation technique ou tradition…), des usagers eux-mêmes (agriculteurs contre éleveurs, pêcheurs…) ou encore entre Etat et local. Les tensions restent modérées.

L’espace hydraulique sud-africain : Le partage des eaux, David Blanchon
(Karthala, 2009)
(Bpi, niveau 3, cote 914(68) BLA)
Depuis les débuts de la conquête coloniale jusqu'à la fin de l'apartheid, la partition de l'espace sud-africain s'est doublée d'un partage inégal des eaux. Tout comme les terres les plus fertiles et les ressources minières, les ressources hydrauliques sud-africaines, indispensables au développement dans un pays marqué par l'aridité, ont été l'objet d'une conquête par les colons blancs. Ce livre retrace l'histoire de cette appropriation, à travers l'exemple des deux principaux cours d'eau, l'Orange et son affluent le Vaal. Il montre comment un vaste système de manipulation des cours d'eau a été construit autour de grands transferts d'eau, pour les faire passer de leur direction " naturelle ", vers l'océan, à leur direction " anthropique " actuelle, vers l'argent et le pouvoir.De cette conquête, les cours d'eau sud-africains, barrés par des centaines de barrages, parfois gigantesques, endigués, transférés et pollués, ne sont pas sortis indemnes. Il est devenu difficile de distinguer dans les cours d'eau sud-africains les dynamiques naturelles des modifications voulues par l'homme, souvent du fait des interactions complexes entre les grands barrages et les aménagements locaux…

L’eau dans le monde arabe : enjeux et conflits, Georges Mutin
(Ellipses, 2000)
(Bpi, niveau 3, cote 914(575) MUT)     
Le Monde Arabe est la région du monde où la disponibilité en eau par habitant est la plus faible. Conflits et concurrences se multiplient pour le partage d'une ressource précieuse - mais parfois gaspillée - entre les différents utilisateurs.
Ils ne feront que s'aviver dans les années à venir. Les discordes entre pays riverains des grands fleuves qui traversent le Monde Arabe, le Nil, le Tigre et l'Euphrate sont de plus en plus difficiles à gérer. En Palestine, avec le contrôle des eaux du Jourdain c'est une hydro-stratégie qui est à l'œuvre. Partout la ville, l'usine, les champs se disputent une eau de plus en plus coûteuse à mobiliser.

La gestion de l’eau au Moyen-Orient,
Mohamed El Battiui, (L’Harmattan (Comprendre le Moyen-Orient), 2010)
(Bpi, niveau 3, cote 914(57) ELB). 
La mauvaise répartition de cette ressource pose un sérieux problème du fait qu'elle est gérée en fonction de stratégies politiques et non en fonction des réalités hydrologiques régionales. Cet ouvrage explique que les tensions autour des bassins et des fleuves au Moyen-Orient n'aboutiront pas à des conflits armés mais à une situation de non-guerre et de non-paix, et propose un modèle coopératif de répartition de cette ressource au Moyen-Orient. 

 

Quels sont les usages économiques de l’eau ?  Sont-ils en concurrence ? Préservent-ils la ressource ?

Actuellement, la répartition de l’eau entre les différents usages se  répartit ainsi : l’industrie 22%, l’agriculture 70% et la consommation urbaine 8%. Mais celle-ci  va atteindre les 15% à l’avenir : la concurrence entre l’agriculture et les villes tend à s’accroitre. Les villes qui croissent créent des déserts autour d’elles (Le Caire, Damas, Alger, Los Angeles). Se pose aussi le problème de la pollution des nappes phréatiques par les pesticides…et les matières fécales quand l’assainissement des villes fait défaut.

Larmes salées = Salt water tears, photographies de Munem Wasif, préface de Pavel Partha, postface de Francis Hodgson
(Images Plurielles Editions, 2011)
(Bpi, niveau 3, cote 914(548) WAS)
Reportage photographique illustrant les conséquences du réchauffement climatique et de la culture intensive de la crevette sur l'écosystème de l'extrême sud-ouest du Bangladesh. Dans le golfe du Bengale, la salinité a augmenté, l'agriculture traditionnelle n'est plus possible, des millions de personnes manquent d'eau douce tandis que de nombreuses espèces ont été brûlées par l'eau saumâtre.

Avenir du fleuve Niger = The Niger River’s Future, Sous la direction de Jérôme Marie, Pierre Morand, Hamady N’Djim
(IRD Editions, 2007)
(Bpi, niveau 3, cote 914(64) AVE)
Le fleuve Niger constitue un véritable poumon humide pour l’Afrique de l’Ouest et plus spécialement pour la république du Mali. Dans ce pays, la gestion du fleuve constitue un enjeu majeur car on y trouve à la fois de remarquables systèmes de production traditionnels associés au phénomène naturel de crue – sources de moyens d’existence pour des centaines de milliers de personnes- mais aussi de grandes réalisations et promesses en matière d’aménagements modernes, hydroélectriques et hydroagricoles. L’IRD ((Institut de recherche pour le développement) et l’Institut d’études rurales du Mali fait le point sur l’état de santé de ce fleuve.

La sécheresse au Sahel : vers une gestion concertée, Nathalie Dubus, Jean Dubus
(Hermès science, Lavoisier, 2011)
(Bpi, niveau 3, cote 914(63) DUB)
Gérer la sécheresse, c'est d'abord agir "en amont", progresser dans la compréhension des phénomènes afin d'anticiper leurs effets, protéger les bassins versants, améliorer les techniques de production tout en sauvegardant l'environnement, adapter les institutions et la législation à une gestion participative des terres et de l'eau, disposer d'outils de planification et d'aide à la décision.

Mami Wata mère des eaux ; Nature et communautés du littoral ouest-africain, Pierre Campredon, photographies de Jean-François Hellio et Nicolas Van Ingen
(Actes Sud, 2010)
(Bpi, niveau 3, cote 914(64) CAM)
Le livre se propose de décrire les modes de vie des différentes communautés présentes le long du littoral de la Mauritanie à la Guinée, en montrant comment ils ont été façonnés par la nature et ont, en retour, façonné les paysages et la biodiversité. Entre le désert saharien et le littoral, le long des fleuves qui se mélangent à la mer dans des mangroves, au bord d’un delta devenu archipel, divers modes de vie traditionnels, mais aussi la culture du riz sur des terres salées (un défi technologique),la vie dans le désert entre tentes et pâturages, la pêche artisanale, et aussi malgré les convoitises, la pollution par les hydrocarbures offshore, les changements climatiques,  un projet de conservation des patrimoines naturels et culturels eu service de la paix.

Gestion des ressources en eau et développement local durable (Carabe, Amérique latine, Océan indien), sous la direction de Jean-Marie Breton
(Karthala-CREJETA, 2008)
(Bpi, niveau 3, cote 912 BRE)
Cet ouvrage analyse l'un des thèmes cruciaux de l'environnement, la gestion des ressources en eau envisagée ici à un niveau intercontinental, de l'Amérique Latine à l'Océan Indien en passant par la Caraïbe insulaire. On parle désormais d'une véritable crise contemporaine de l'eau, avec d'une part une surexploitation des ressources du fait de l'augmentation incessante des besoins chez les nations en forte expansion industrielle ainsi que des exigences d'une agriculture productiviste, et, d'autre part, une dégradation, dans les pays du Sud, de la disponibilité quantitative et qualitative de l'eau, en relation avec une croissance démographique notable, dans les zones arides en particulier. Gestion intégrée au Costa Rica, gestion équilibrée à la Réunion. gestion rationalisée dans les Antilles françaises, gestion planifiée au Brésil, gestion de priorité à Madagascar, etc., sont autans de facettes d'une approche comparative qui entend prendre en compte les différentes réponses à la crise récurrente de l'eau au service du développement local.

Grands barrages et habitants : Les risques sociaux du développement, sous la direction de Nathalie Blanc et Sophie Bonin
(Editions de la Maison des sciences de l’homme, Editions Quae, 2008)
(Bpi, niveau 3, cote 912.68 BLA)
Les grands barrages renvoient presque uniquement à une technique à l'ingénierie du XXe siècle et ses prouesses, parfois à des catastrophes mémorables (Malpasset en France).
Ils renvoient aussi à une réponse aux besoins humains, dans les domaines énergétiques et agricole notamment, qui a fait ses preuves. Seulement, au sortir d'un siècle qui a vu dominer la politique des grands équipements comme principale réponse à l'accroissement des besoins humains, la société civile  avance de nouvelles interrogations. Dégâts écologiques, appauvrissement des populations locales, échecs économiques du projet lui-même ont été parfois dénoncés. Un collectif de chercheurs en sciences sociales (géographie, anthropologie, histoire, économie, sciences de la gestion) s'est réuni,  autour d'une intuition : au cœur du malaise créé par grands équipements se trouve une figure - celle de l'habitant - abordée, voire " maltraitée ". Le volet social ne doit plus être t annexe aux études d'aménagement, mais doit être au départ d'une nouvelle logique de gestion de l'environnement.

Inégalité d’accès à l’eau potable

Dans les pays du Sud, l’eau potable n’est pas répartie équitablement entre les habitants. L’eau est fournie 24h/24 dans les quartiers des ambassades, des hôtels internationaux, mais 2h par jour ou tous les 3 ou 4 jours dans les quartiers pauvres où il n’existe qu’un robinet par rue (queues, bagarres de femmes…)
La pauvreté est la principale cause de non-accès à l’eau potable et non la rareté de l’eau ; Seules quelques dizaines de millions de personnes dans le monde manquent d’eau parce qu’elles vivent dans des régions à forte pénurie d’eau (moins de 500 m3 d’eau douce/an/hab.).Les autres, environ 1,4 milliard sont dépourvues d’accès à l’eau parce qu’elles sont pauvres. Même quand l’eau douce est abondante, les pauvres n’y ont pas accès (Pays amazoniens, Afrique centrale ; Australie, Russie). Des régions pauvres en eau comme la Péninsule arabique, la Californie, Israël, l’archipel des Canaries, peuvent surmonter la pénurie grâce au dessalement de l’eau de mer.

Les Batailles de l’eau : pénurie, réchauffement climatique, urbanisation, gaspillages, pollution, privatisation de ressources et des services, Marc Laimé, François Cuel, Jean-Louis Vibert-Guigue
(Editions terre bleue, 2008)
(Bpi, niveau 3, cote 912 LAI)

 

  

L’eau dans les villes d’Amérique latine : Inégalités sociales et concurrences des usages, Jean-Marc Fournier
(L’Harmattan, 2001)
(Bpi, niveau 3, cote 913.31(8) FOU)
Pourquoi une part importante des habitants des villes d'Amérique latine n'a-t-elle pas accès aux services de l'eau potable et de l'assainissement ? Pourquoi certaines personnes disposent-elles de piscines privées alors que d'autres doivent faire la queue à des robinets installés dans la rue ou attendre le passage d'un camion-citerne pour avoir de l'eau ? Pourquoi l'impact sanitaire de la mauvaise qualité de l'eau et du manque d'hygiène concerne-t-il d'abord les populations socialement en marge ? Pourquoi enfin de grandes firmes transnationales très prospères en arrivent aujourd'hui à gérer l'eau de manière privée dans les villes latino-américaines alors que les populations insolvables sont laissé-pour-compte ? Cet ouvrage tente de répondre à ces questions. Pour cela, l'auteur privilégie une approche de géographie sociale en étudiant les infrastructures et les comportements relatifs à l'eau. Il montre ainsi que le fonctionnement de l'eau dans la ville reflète finalement celui de la société qui lui correspond. Jean-Marc Fournier recherche constamment l'explication des paradoxes liés à l'eau en s'intéressant aux mécanismes sociaux qui produisent les inégalités de distribution.
Ces inégalités sont explicitement inscrites, traduites dans l'espace géographique ce qui explique la double perspective de la lecture ici retenue : sociale et spatiale. La réflexion est essentiellement appliquée à trois villes-laboratoires que sont Puebla (Mexique), Maracaibo, (Venezuela) et Ciudad Juarez-El Paso (villes jumelles de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis), prises comme exemples d'une problématique générale. 

Métropolisation, crise écologique et développement durable : L’eau et l’habitat précaire à Ho Chi Minh-Ville, Vietnam, sous la direction de Michel Bassand, Thai Thi Ngoc Du, Joseph Tarradellas, Antonio Cunha, Jean-Claude Bolay,
(Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, 2000)
(Bpi, niveau 3, cote 913.31(53) MET)
Cette analyse fouillée d'une métropole du Sud est faite sous l'angle des questions de l'habitat précaire et de l'eau. Ho Chi Minh-Ville, du fait de sa difficile planification, est en effet exemplaire d'une crise urbaine qui s'exprime dans les rapports entre métropolisation, pollution de l'eau et gestion de l'habitat précaire. Même si chaque métropole est unique, les auteurs de cette recherche essentielle nous rappellent que le développement durable mis en œuvre à Ho Chi Minh-Ville peut être appliqué au monde entier, que les pays du Nord ont leur part de responsabilité dans l'actuel état des choses et qu'ils doivent inventer, avec les pays du Sud, un autre mode de développement que celui exercé jusqu'à présent. 

Géographie urbaine de l’insalubrité : le cas de Saint-Louis du Sénégal,
Zeyni El Abidine Sy, (L’Harmattan, (Etudes africaines), 2009)
(Bpi, niveau 3, cote 913.31(64) SAI)
Situé dans le bas delta du fleuve Sénégal et à quelques encablures de l'océan Atlantique, le site de Saint-Louis est régi par deux éléments fondamentaux : le fleuve et la mer. L'étude vise à mesurer la nature et l'ampleur des risques sanitaires et à localiser les inégalités de santé. Elle aborde sans complaisance l'une des questions qui caractérisent les villes du tiers-monde : la gestion de l'espace urbain et de ses déchets ménagers.

L’eau et la ville au Maroc : Rabat-Salé et sa périphérie, Béatrice Allain-El Mansouri,
(L’Harmattan, 2001)
(Bpi, niveau 3, cote 914(611) ALL)
Rabat-Salé, - capitale politique - et sa périphérie semblent, a priori, épargnées par les problèmes d'eau potable, contrairement à d'autres villes du Maghreb. Pourtant bien que le réseau ait une histoire longue et complexe, il couvre inégalement le territoire de la ville. Les disparités socio-spatiales, en matière d’équipements, de volumes consommés, de dotations per capita, sont fortes. Au moment où le principe d’une nécessaire préservation de la ressource s’impose à tous, l’assainissement liquide, jusque là marginalisé, devient un véritable enjeu. Une réflexion sur un aspect du mode de gouvernement des infrastructures des grandes villes du Maroc contemporain.

Bien commun ou or bleu ?

L’eau est traditionnellement considérée comme un bien commun, un don de la nature ou de dieu, un patrimoine de l’humanité non susceptible d’appropriation privée et soumis à une gestion et un contrôle public national. Mais depuis une trentaine d’années, dans un contexte de pénurie et en raison du coût du traitement de l’eau, l’eau a tendance à devenir une marchandise contrairement à la lumière du soleil et à l’air. Et cette nouvelle conception est préconisée par des organismes à vocation économique comme la Banque mondiale, le FMI, l’OMC, l’OCDE et le Conseil mondial de l’eau.
A l’inverse, les ONG et l’Unesco préconise la non-marchandisation de l’eau considérée comme « un bien public » mondial ou régional (et donc parfois supranational).

L’eau comme patrimoine : De la Méditerranée à l’Amérique du Nord, sous la direction d’Ella Hermon
(Les Presses de l’Université Laval, 2008)
(Bpi, niveau 3, cote 912 EAU)
Cette publication inscrit la gestion de l'eau dans le champ d'étude du patrimoine culturel. L'ampleur de sa perspective, tant historique que spatiale de l'Antiquité à nos jours et de la Méditerranée à l'Amérique du Nord, démontre comment les générations antérieures ont régi cette ressource naturelle indispensable à l'existence et au développement des sociétés. Ce volume souligne ainsi la pertinence de cet héritage culturel pour les pratiques modernes de la gestion de l'eau, dans des conditions de pénurie et de dégradation environnementale.

Le dossier de l’eau : pénurie, pollution, corruption,
Marc Laimé, (Seuil, 2003)
(Bpi, niveau 3, cote 912 LAI)
Ce dossier n’aborde pas la question de l’eau que sous l’angle des scandales. Il est vrai que la France, qui a donné naissance à deux sociétés surpuissantes en la matière, détient une responsabilité particulière et pratique à l’intérieur de ses frontières et hors de celles-ci une corruption mortifère. Mais le livre de Marc Laimé est plus ambitieux que la chronique des frasques et rackets de Vivendi et autres. Il part d’un constat mondial : paradoxalement à l’aube du XXIe siècle nous connaissons une situation de pénurie d’eau comparable à ce que vécut l’humanité au début du XIXe siècle. 15 millions d’êtres humains périssent annuellement pour cette raison. Le dossier de l’eau n’est donc pas simplement un dossier économico-judiciaire, c’est une affaire de démocratie, de respect global de l’environnement et de survie des plus démunis à travers la planète. En France et à l’étranger des milliers d’associations sont extrêmement actives sur la question ; elles vont trouver leur bible dans le livre de Marc Laimé.

La ruée vers l’eau, Roger Cans
(Gallimard, 2001)
(Bpi, niveau 3, cote 912 CAN)
L’ouvrage du journaliste Roger Cans est, dans sa première moitié, une source d’informations d’une grande richesse en matière de traitement et de distribution des eaux. On y trouve de nombreuses données chiffrées particulièrement intéressantes (par exemple, le prix du m3 d’eau en France qui varie de 4,80 à 33,90 F) et quelquefois surprenantes (par exemple, la surabondance d’apport d’eau en irrigation n’améliore pas forcément les rendements en maïs).

L’eau comme fait social : Transparence et opacité dans la gestion locale de l’eau,
Corinne Berger, Jean-Luc Roques
(L’Harmattan, 2005)
(Bpi, niveau 3, cote 912 BER)
Ce livre propose de montrer qu'avant d'être une oeuvre de génie civil, la gestion de l'eau est surtout une construction sociale. Dimension trop souvent oubliée. Ce livre montre comment l'eau s'immisce dans les conflits d'intérêt, dans les oppositions de force, et est aussi un instrument de résistance. Sa gestion reste un objet de pouvoir sur les sujets, leurs activités et leurs imaginaires. Si partager l'eau c'est partager le pouvoir, posséder l'eau c'est aussi posséder son pouvoir.

L’eau : Pour une culture de la responsabilité, Antoine Frérot
(Editions Autrement, 2009)
(Bpi, niveau 3, cote 912 FRE)
Après un constat alarmant, Antoine Frérot attaque deux bonnes idées : « la gratuité de l’eau et le paiement complet par l’abonné » et défend « le juste milieu : un prix de l’eau socialement abordable.

  
 

Gouvernance de l’eau : Intercommunalités et recomposition des territoires,
sous la direction de Marguerite Boutelet, André Larceneux et Aleksandra Barczak
(Editions Universitaires de Dijon, 2010)
(Bpi, niveau 3, cote 912 GOU)
La gestion de l'eau est, en France, sous la responsabilité des autorités locales, communes ou syndicats techniques intercommunaux, tout en étant fortement encadrée par la loi et des directives européennes d'une part, et par l'action des agences de bassins d'autre part. L'action consistant à distribuer à tous une eau potable de qualité a été complétée depuis trente ans par la volonté de préserver les milieux aquatiques.

L’eau des villes : Aux sources des empires municipaux, Géraldine Pflieger
(Presses polytechniques et universitaires romandes 2009)
(Bpi, niveau 3, cote 913.31(490) EAU)
La maîtrise des sources, le pompage des lacs et rivières ou l’élargissement de la distribution relèvent d’un pan méconnu de l’histoire de la Suisse et de ses villes. Les municipalités, pour créer leur réseau d’eau, l’étendre et s’assurer des revenus confortables, ont agi en concurrence, parfois épique, avec les entreprises privées et l’Etat.

L’eau mondialisée : La gouvernance en question, sous la direction de Graciela Schneier-Madanes
(La Découverte 2010)
(Bpi, niveau 3, cote 912.68 SCH)
Le « rés-eau-ville » du CNRS, atelier pluridisciplinaire relie la gestion de l’eau au processus de la mondialisation, à travers une suite d’exemples nationaux, régionaux et locaux sur les quatre continents. Il prend en compte la dynamique des forces sociales (usagers, collectivités territoriales, ONG, technocraties nationales et internationales…) pour réunifier les différentes thématiques du champ de l’eau : réseau, ressource, service public, marchandise, bien collectif, droit à l’eau) dans la perspective d’une prise en charge collective d’un accès à l’eau du plus grand nombre.

Focus sur :

CINQ sites

  • Le partage des eaux : Plateforme indépendante d’information et de références sur la question de l’eau au niveau mondial sous tous ses aspects : Eau et changement climatique, rareté de l'eau, accès à l'eau, eau source de conflits ou de coopération, gouvernance de l'eau, assainissement, pollutions et dépollutions, la question des barrages...
  • Carnets d'eau : Blog sur la gestion de l'eau de Marc Laimé, journaliste au "Monde diplomatique", auteur d’ouvrages critiques sur les politiques de l’eau et animateur d'un autre blog spécialisé "Eaux glacées".
  • Aqueduc.info : Site internet personnel et indépendant (dans sa rédaction et son financement) consacré à l’information sur les problématiques actuelles de l’eau (douce) sous l’angle du développement durable (aspects économiques, environnementaux, sociaux, politiques et culturels).
  • Les eaux glacées du calcul égoïste : Blog autour des enjeux de l'eau en France et les politiques publiques en la matière.
  • L'eau, trésor de l'Himalaya : exposition du 9 novembre 2011 au 25 février 2012 au Pavillon de l'eau (Paris 16e).

SIX revues

Une sélection de numéros spéciaux de revues sur le thème du partage de l'eau.

DES films

Disputed waters : site de reportages, de photos et de vidéos sur les fleuves

L'Or bleu, film réalisé par Damien de Pierpont en 2007, (53 mn)  : Au Maroc, l'Etat distribuait plus ou moins gratuitement l'eau potable. Mais, avec le développement du tourisme (constructions immobilières, terrains de golf) et la sécheresse, les oliveraies des petits paysans disparaissent et les campagnes se désertifient. La distribution de l'eau, assurée jusqu'ici par une Régie d'Etat est peu à peu confiée à la filale locale d'une des deux plus grandes multinationales, d'origine française. Consultable sur les postes multimédias de la Bpi.