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Professionnels
Comme dans toute bibliothèque qui se respecte, on trouve des abeilles à la Bpi qui font leur miel de rayon en rayon. Pendant que les ouvrières butinent l’information, des essaims se forment aux tables de travail ou autour des postes de consultation. Tantôt silencieuse, tantôt agitée, la bibliothèque apparaît ainsi comme une gigantesque ruche.
« Je baguenaudais là comme, comme, comme une abeille, comme une abeille d’un rayon à l’autre, je me laissais tenter. » (Propos recueillis en entretien).
Drôle d’animal à vrai dire… Parmi les « touche à rien » (ceux qui ne consultent rien pendant leur passage à la Bpi), on distinguait au début des années 80 une catégorie de visiteurs qui ne venaient que pour profiter du lieu et de ses occupants : les agoraphiles.
« Le spectacle des autres, la liberté d’aller et venir, la disponibilité du lieu peuvent devenir à eux seuls le motif principal de fréquentation. Il ne s’agit plus de consulter quelque chose, mais tout simplement d’être là. Ce n’est pas parce qu’il y a offre de médias qu’il y a nécessairement pratique de ces médias ; même si et surtout si ces médias sont extrêmement présents : ils sont consommés en tant qu’environnement, non en tant que message. » (Jean-François Barbier-Bouvet et Martine Poulain, Publics à l’uvre : Pratiques culturelles à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, Editions de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, 1986, p. 94).
Certains usagers interviewés par le service Études et recherche de la Bpi ont rapporté se sentir comme Jonas dans le ventre de la baleine ; la lumière en plus. D’une manière générale, la métaphore marine revient souvent pour caractériser la Bpi : un habitué la décrivait ainsi comme « un vieux paquebot tout rouillé qui s’est échoué ».
C’est le nom que Jean-François Barbier Bouvet donnait aux très nombreux usagers de la Bpi qui viennent travailler sur place sans utiliser les collections et les ressources mises à leur disposition.
« La Bpi n’est pas choisie uniquement parce qu’elle met à disposition gratuitement des tables et des chaises, mais parce qu’elle propose en même temps un environnement documentaire. Même si on ne compte pas en avoir soi même l’usage, cet environnement marque le lieu et les personnes que l’on y côtoie. On adopte la Bpi comme espace d’accueil ou d’étude afin de soutenir sa propre pratique en l’inscrivant dans des pratiques de même famille. » (Jean-François Barbier-Bouvet et Martine Poulain, Publics à l’uvre : Pratiques culturelles à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, p. 93).
Le caméléon quand il vient en bibliothèque « se fait passer pour », ou « se sent comme ». Il imite à la perfection l’étudiant qui bachote, le chercheur érudit, le généalogiste ou encore l’écrivain.
« Ici, je peux m’imaginer comme un écrivain, comme une artiste. un jour, on ne sait pas... on rêve toujours qu’on va faire quelque chose de bien dans sa vie. » (Propos recueillis en entretien).
C’est l’ennemi des potagers et la figure imposée de certaines soirées dansantes. Au Centre Pompidou, et à la Bpi jusqu’en 1997, les architectes ont réussi à en faire l’emblème fort d’un établissement culturel atypique. Plus qu’une voie d’accès aux différents niveaux et aux offres culturelles, la chenille et ses escalators accrochés à la façade constituent un dispositif en soi qui permet de profiter de la vue sur la Piazza, sur Paris …et sur les autres visiteurs de l’établissement.
Les chiens ne sont pas admis à la Bpi ; à une exception notable près : les chiens d’aveugle que l’on voit parfois accompagner leurs maîtres jusqu’aux cabines qui leurs sont réservées. On peut déplorer que les chiens d’aveugles ne soient jamais interrogés dans le cadre des enquêtes de public qui sont réalisées régulièrement à la Bpi.
On entend souvent dire, de la bouche même de ses habitués, que la Bpi est « chouette ». La chouette étant l’emblème de la sagesse, l’image est tout à fait justifiée.
Tous les visiteurs ne viennent pas travailler à la Bpi. Certains viennent pour se relaxer, profiter de l’ambiance, ou écouter leurs disques préférés à l’espace musique. Rares cependant sont ceux qui viennent pousser la chansonnette accompagnés de leur instrument favori.