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Exposition coloniale à Paris en 1931
Dossier

Cartographie et colonialisme

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Le rôle de la carte est de découvrir, nommer, inscrire, retrouver : autant de fonctions instrumentalisées par les puissances européennes de la fin du 19e siècle, pour servir leurs ambitions expansionnistes.
En dévoilant de nouvelles terres, dont elle propose une représentation, la cartographie a permis à ces puissances de passer de l’exploration à la conquête militaire puis à la délimitation et à l’administration de ces territoires. 
Faut-il voir, avec le fondateur des études post-coloniales, Edward W. Saïd, l’impérialisme comme un « acte de violence géographique, par lequel la quasi-totalité de l’espace mondial est explorée, cartographiée et finalement annexée », et faire de la géographie la science « coloniale » par excellence ? 
Les géographes français et britanniques, face à l’héritage colonial de leur science ont exercé un droit d’inventaire implacable à partir des années 1970. Depuis les années 2000, cette évaluation du rôle colonial  de leur discipline se fait plus nuancée. 
Cet héritage colonial n’est pas sans incidences sur notre représentation du monde. Dans quelle mesure la géographie actuelle intègre-t-elle les représentations vernaculaires qu’ont les autochtones de leurs territoires, et ne véhicule-t-elle pas encore et toujours des savoirs européocentristes ? 

Dans ce dossier, nous vous proposons quelques pistes à explorer dans le monde de la cartographie des 19e et 20e siècles.