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Les trames urbaines, des formes sociales

La trame urbaine, c’est le maillage des voies de circulation d’une ville. La forme des rues, la signalisation, l’aménagement des espaces qui constituent cette trame urbaine doivent permettre à tous, enfants, adultes et personnes âgées, valides et handicapés, de circuler à différentes vitesses (à pied, en vélo, en transports en commun, etc.) et sur différentes distances. L’organisation des voies urbaines a également une fonction sociale cruciale : faire de la ville un lieu d’accueil autant que de passage.

C’est quoi, la trame urbaine ?

Partager les espaces, un enjeu social

La manière de penser la trame d’une ville a des conséquences sociales cruciales. Par exemple, faciliter la circulation entre les centres et les périphéries permet de favoriser non seulement les échanges commerciaux, mais aussi la mixité sociale. À l’inverse, enclaver un quartier peut conduire au développement de violences liées à un sentiment d’exclusion ou de trafics lorsque les voies de circulation et les accès isolés sont contrôlés par les trafiquants.

La fonction sociale de l’espace public est également liée à son potentiel de sociabilité. Les voies doivent permettre de circuler mais aussi de s’arrêter. Disposer des aires de jeux, des bancs, des places, des espaces verts encourage une déambulation piétonne et des échanges entre usagers, faisant de la ville un lieu d’accueil et pas seulement de passage. Cette fonction sociale est inclusive, car elle peut profiter à tous et pas seulement à ceux dont la circulation est soumise à un objectif (aller d’un point A à un point B pour travailler, faire ses courses, etc.).

Aujourd’hui, comme l’a relevé la Fondation Abbé Pierre, de nombreux propriétaires installent des dispositifs « anti-S.D.F. » pour éviter que des personnes précaires ne s’abritent au pied de leurs bâtiments. Les pouvoirs publics eux-mêmes découragent la sédentarité urbaine, en proposant un mobilier urbain individuel et « assis-debout », comme la RATP ou la SNCF, ou en supprimant tout simplement les bancs publics, comme les municipalités de Perpignan en 2015 ou de Toulon en 2017. Penser la circulation urbaine est donc aussi une manière de définir la société dans laquelle chacun souhaite évoluer.
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