Publié le
15/10/2015
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Le parler des jeunes : un danger pour la langue française ?

Chaque époque connaît ses variations de langue et on ne parlait pas français au 17e siècle comme on le parle au 21e siècle. Ainsi, comme le dit Françoise Gadet, le « bon français » n’est qu’une variété de français.
Pourquoi, en 2012, le parler des jeunes est-il souvent jugé comme caricatural et présenté par certains comme une menace pour la langue nationale ? Quelles spécificités linguistiques caractérisent les pratiques langagières juvéniles, par rapport à d’autres usages circulant du français ? Ces pratiques ne sont-elles pas, comme d’autres pratiques sociales, plutôt une modalité d’appropriation de la langue dans un but d’intégration et d’appartenance à un groupe. Dans quelle mesure ces usages langagiers sont-ils socialement discriminants ?

Lors de la conférence débat donnée au centre Pompidou dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la francophonie (17-25 mars 2012), Marie-Madeleine Bertucci montre comment a évolué la perception sociale de ces parlers en analysant les dictionnaires qui leur ont été consacrés entre les années quatre-vingt et la période contemporaine. Maria Candea évoque certaines habitudes de prononciation et les préjugés qui y sont attachés. Françoise Gadet analyse l’influence des langues de l’immigration sur ces pratiques langagières de jeunes. Boris Seguin, raconte comment, sur le terrain, il œuvre pour faire de la langue non plus un processus d’exclusion mais un medium de création.

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