Photo rehaussée au pochoir, Éditions Imbernon - Centre Pompidou, Bibliothèque Kandinsky - Guy Carrard Eileen Gray au Centre: Intérieur du living room de E 1027 17 Par le biais de ces artistes elle vit les prémices de mouvements anglais comme l’imagisme et du vorticisme, et ne peut ignorer le groupe d’artistes Bloomsbury et ses ateliers Omega. C’est donc naturellement que, dans la continuité des Arts and Crafts, elle ouvre plusieurs ateliers à Paris dès 1910 et s’entoure des meilleurs artistes et artisans pour mener à bien ses créations. L’exposition révèle ces sources d’inspiration anglo-saxonnes, mais aussi des traits typiques des Britanniques – sportifs, spar- tiates, goûtant le plein-air – reconnaissables dans les travaux d’Eileen Gray, comme ses esquisses de tentes de camping. Centre Pompidou – Photo : Jean-Claude Planchet Autre trait typiquement anglais: l’humour. Ses œuvres sont parsemées de phrases et d’antiphrases – comme les mentions « Défense de rire », « Interdiction d’entrer » apposées dans « E1027 », ou cet escabeau qu’elle nomme « Porte-serviettes ». Sa villa « Tempe a Pailla » révèle profondément Eileen Gray: « elle est perchée dans la montagne, construite en fonc- tion des schémas du vent et du soleil, avec des meubles exten- sibles en fonction des saisons, pleine d’astuces pour rentabiliser l’espace et faire en sorte que l’architecture et le mobilier accom- pagnent le mouvement du corps », précise Cloé Pitiot. Pour Eileen Gray, le modernisme et le fonctionnalisme ne Table roulante, vers 1929 sont pas des buts à atteindre mais des moyens de contribuer à ce que l’Homme vive dignement, dans la joie et la beauté. Ce que Cloé Pitiot traduit par une formule qui résume la démarche de l’artiste: « une modernité poétique et sensible ». Fin Marie-Hélène Gatto et Catherine Geoffroy, Bpi
De Ligne en ligne n°10 - Janvier à avril 2013
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