venez! 32 On ne sait plus où donner de la tête quand on parle de Grems. Cet artiste prolifique est sur tous les fronts de la culture hip-hop. À la Bpi, il vient de peindre le fronton du nouveau Salon Graphique. Ce touche-à-tout insatiable nous parle de sa vision du Street Art et de l’évolution du graffiti, dans une interview franche et percutante à l’image de sa musique et de sa peinture. tiennes. Je suis particulièrement fan de l’art africain. J’adore aussi l’écriture et la typographie. En musique j’aime le rap bien entendu mais aussi la house, la deephouse, le broken beat, les musiques de Détroit et de Londres. Aujourd’hui quand je vais voir un concert, quel qu’il soit, je le regarde avec le même intérêt qu’un concert de rap. J’ai dans tous les cas des choses à apprendre des artistes qui font de la scène comme moi. Et dans le Street Art, y a-t-il des choses qui te paraissent plus intéressantes que d’autres? Le Street Art n’est pas le graffiti. Ce sont deux choses différentes notamment à cause de la fermeture d’esprit des graffeurs euxmêmes. Il s’est installé une sorte de conventionnalisme dans le lettrage des graffitis qui ne laisse plus de place à la vraie création. Le Street Art c’est à mes yeux la peinture venez! Grems, le hip-hop au bout de la bombe GREMS, LE HIP-HOP AU BOUT DE LA BOMBE Graffeur, graphiste, illustrateur, directeur artistique, auteur compositeur, producteur et rappeur, tu es un véritable touche-à-tout. Comment te présenterais-tu? Je suis un jeune passionné d’art qui veut être un artiste, avec le temps je pense que j’y arrive doucement. Mais c’est si vaste, j’ai encore tellement de choses à apprendre. Il y a tellement de choses déjà faites qu’il me faut encore assimiler. Il y a beaucoup de médiums à connaître et j’aime en maîtriser un maximum pour ne pas être restreint dans ma création. De quelle culture viens-tu à la base: le graff ou la musique? Je viens du hip-hop avant toute chose. C’est une culture, un mouvement. J’ai commencé par faire de la danse, j’ai appris le graffiti puis le rap et la production. C’est magnifique pour évoluer, le hip-hop, mais © Michael Eveno je me suis vite retrouvé devant trop de contraintes. Le mouvement n’est plus aussi ouvert qu’avant, alors je me suis tourné vers d’autres choses. Avant, la caractéristique première du hip -hop était d’être créatif, aujourd’hui c’est rébarbatif. Est-ce que tu te tournes vers d’autres cultures pour les intégrer à tes projets ? Absolument et de plus en plus. Grâce à ma formation aux Beaux-Arts, je me suis énormément intéressé à la peinture abstraite. J’aime Cy Twombly, De Kooning, Pollock, les expressionnistes abstraits, DADA et bien sûr, Basquiat et Keith Harring qui sont pour moi les ancêtres du Street Art. S’en est suivi un graffiti particulier, qui va plus loin et à l’arrivée, un Street Art qui ne s’enferme pas dans les codes du hip-hop. J’adore les peintures archéologiques, les représentations divines des cultures égyp-
De Ligne en ligne n°11 - Avril à septembre 2013
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