Le Dernier Chantier © Pirouette Films Au milieu du Gué Le Dernier Chantier Guyotat en travail France France France Réalisation Jean-Christian Riff Réalisation Olivier Cousin, Réalisation, production et Production et distribution Xavier Pouvreau distributionJacques Kebadian, 2011 Les Films d’ici, 2011 Production Pirouette Films, Couleur, 1 h 25 min Couleur, 1 h 20 min Télénantes, 2011 Distribution Pirouette Films Couleur, 1h Depuis plus de dix ans, Jacques Un garçon sort de deux années de Kebadian fi lme Pierre Guyotat, l’au- prison, un autre a vécu une enfance teur entre autres deTombeau pour abusée par son beau-père. Une fi lle S’appuyant sur le destin du chantier cinq cent mille soldats (1967),Éden, arrive après des années de vie itiné- naval Dubigeon de Nantes, déjà en Éden, Éden (1970), Prostitution rante avec son chien, une deuxième diffi culté lors de l’arrivée de la gauche (1975),Le Livre(1984),Progénitures a connu pendant longtemps la au pouvoir en 1981, le fi lm élargit peu (2000), Coma (2006), Arrière-fond prostitution. Ces quatre jeunes toxi- à peu son propos à tout le secteur (2010). comanes essaient de se défaire de industriel de la construction navale DansGuyotat en travail, Kebadian leurs dépendances au Gué, centre de française, érigé en exemple de la fi lme l’auteur en train de composer, postcure provençal disposant d’une désindustrialisation de la France. La en direct, son dernier livre, Arrière- ferme et de terrains cultivables. force du fi lm, qui n’est pas un fi lm de fond, puis d’en interpréter le texte Travailler la terre, une manière plus sur une usine qui ferme, réside défi nitif, quelques mois plus tard, au d’oublier la dépendance, de recons- d’abord dans un montage alterné Festival d’Avignon. Guyotat, ici, dicte truire un corps et un esprit en friche d’images d’archives, d’interventions à une amie le texte qu’il invente au après une jeunesse souvent sombre de personnages-clé des années 1980 fur et à mesure des séances: il s’agit et diffi cile. Un jeune homme résiste et d’aujourd’hui : patrons de l’industrie donc d’une improvisation: on entend violemment, puis parvient à se navale, hommes et femmes politiques et on voit le texte en train de se faire, questionner plus intimement, plus successivement en charge du de se préparer dans l’esprit de l’au- lucidement sur ses errances. Une portefeuille ministériel de l’Industrie teur, de sortir de sa bouche, les jeune femme fait la gueule tout le (Edith Cresson), ouvriers et syndicats. hésitations, les retours, les commen- temps. Un jour un sourire, un rire, Chacun livre sa part d’expérience taires, souvent drôles, l’inquiétude, et les émotions reviennent en force. que d’autres, chercheurs spécialistes la tension, le soulagement ; l’acte L’indifférence recule. Le chemin est de l’industrie, du travail ou des poétique sorti de son secret. long, ponctué de désespérants retours mouvements sociaux, tel Robert L’ensemble de ces images et sons en arrière, mais le fi lm accompagne Castel, se chargent de synthétiser. (entretiens, performances, séances de patiemment, respectueusement, sans De ce montage, qui met en regard travail, lectures commentées à Paris interviews ni commentaires, le proces- et en tension les interventions des VIII de 2000 à 2004, actes publics, etc.) sus de reconstruction de chacun. divers protagonistes, émerge une sont conservés au département de enquête solide, qui laisse apparaître l’audiovisuel de la Bnf. l’antagonisme irréductible entre la fi nalité d’une économie capitaliste dérégulée et la conduite d’une politique nationale de gauche, économiquement équilibrée et dirigée par l’exigence de justice sociale, dans un contexte «mondialisé». Le fi lm est, à cet égard, éclairant. 3
Catalogue national des films documentaires - Supplément 2012-2
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