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Faust, So Far (1972)

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De façon plus tranchée sans doute que d'autres pays européens, l'Allemagne de l'après-68 connaît les secousses de la contestation politique et de la contre-culture : lasse des faux-semblants de la "génération des pères" ayant grandi sous le 3ème Reich et la reconstruction, la jeunesse adopte comme modèles des figures radicales comme Marcuse, Fassbinder ou le compositeur Karlheinz Stockhausen.

A côté d'elles, le jazz free, l'avant-garde littéraire et les modes de vie autogérés inspirent des formations rock (Can, Faust, Neu!) que la presse d'outre-manche s'empressera de dénigrer sous le vocable krautrock ("rock choucroute").

Las, ces musiciens héritiers de Dada retourneront le stigmate et produiront l'avant-garde pop sans doute la plus influente sur les décennies à venir, à côté de celle du Velvet Underground : la "pertinence", comme aurait dit Warhol, de l'art d'un Bowie à la fin des années 70, de Sonic Youth dans les années 80, du post-rock dans les années 90, et jusqu'aux musiques électroniques (hip-hop compris) et industrielles, se mesure sans doute à la fréquentation des albums-phares de cette génération.

So Far est le second album de Faust, l'une des formations les plus expérimentales et les plus influentes de la scène rock allemande. Outre une parenté stylistique évidente avec certains monochromes velvetiens, Faust a un autre point de jonction avec le groupe new-yorkais : le violoniste Tony Conrad, à qui le Velvet Underground doit d'avoir trouvé son nom définitif, fut des premières expérimentations avec John Cale au sein du Dream Syndicate puis The Primitives (les textures de Heroin ou Sister Ray en procèdent directement). Il rejoint Faust en 1973 pour un album, Outside the Dream Syndicate.


A la Bpi, niveau 3, 780.65 FAUS

Tags :
rock
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