0   Commentaires
Chronique
Appartient au dossier :

La Chambre d'Echo(s) #5 : Miles Davis, Bitches Brew (1970)

"Bouillon électrique", labyrinthe et formule ADN de toutes les créatures musicales en gestation : jazz fusion bien sûr, mais aussi rock expérimental, dub, électro... Bitches Brew (1970) est, à égale distance de Tutu et Kind Of Blue, le centre autour duquel gravite la discographie de Miles Davis.
Pochette du disque Bitches Brew
© Mati Klarwein pour Columbia Records
Miles Davis, Pharaoh's dance (extrait)

En 2016, Miles Davis (1926-1991) aurait eu 90 ans.
Comme Coltrane et (presque) Stockhausen, de deux ans son cadet.

Le trompettiste et compositeur a révolutionné le jazz avec son classique Kind Of Blue (1959).
Visionnaire, la conception de l'espace et du son que contenait cet album s'est trouvée démultipliée dans la décennie suivante.
Mais pendant que le rock psychédélique des Beatles et Hendrix, la musique électronique de Karlheinz Stockhausen et le free jazz de Coltrane dilataient les oreilles des baby-boomers, Miles, lui, se tenait en retrait.

Aiguisant un style rare avec son second quintet, il enregistrait tout (sauf l'agitation) des révolutions en marche.
Son but : densifier l'explosion musicale en cours, capter son énergie, lui donner forme et gravité. Résultat : un premier album néguentropique (In a Silent Way, 1969), véritable gageure minimale et dark, suivi d'un second, (Bitches Brew, 1970), "bouillon électrique", labyrinthe et formule ADN de toutes les créatures musicales en gestation : jazz fusion bien sûr, mais aussi rock expérimental, dub, électro...


Miles Davis, Bitches Brew (extrait)



A la Bpi, les albums de Miles Davis sont disponibles à l'espace musique, niveau 3, 780.63 DAVI 4.

A partir du 31 mai, retrouvez dans l'espace musique une sélection d'albums que Bitches Brew a "précipités" : Hendrix, Sly Stone, Funkadelic, Stockhausen, Can, Afrika Bambaataa...
Captcha: