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The Velvet Underground & Nico (1967)

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En 1966, la contre-culture n'a pas encore pris le pouvoir, ni consacré le rock. Une musique noire adoptée par la jeunesse blanche est alors considérée comme mineure, doublement mineure.

Dans les milieux de l'art, à Londres, à New-York, on n'a pas ce mépris. Au contraire : bientôt, ce qui sortira de plus brillant des écoles d'art londoniennes, ce seront des sons. The Who, David Bowie, Pink Floyd... 

À New-York aussi, sous l'impulsion de certains membres de Fluxus, le rock attire. Yoko Ono, future compagne de John Lennon, participe aux happenings du compositeur minimaliste La Monte Young. Un certain John Cale, muni d'un alto dont les chansons de Lou Reed, au sein du Velvet, affronteront les stridences, est aussi de la partie.

Le rock attire, mais il ne dérange pas encore. Pour déranger vraiment, il doit lui-même être dérangé. Le Velvet Underground va s'y employer.

Le jeune Lou Reed, songwriter gagnant de quoi vivre en écrivant des chansons au kilomètre pour la firme Pickwick, connaît, lui, le "dérangement". Il a connu les traitements par électrochocs supposés soigner les comportements déviants. Avec Delmore Schwartz, il a ensuite étudié la littérature, comme son futur comparse au sein du Velvet, Sterling Morrison. Passionné de rythm'n'blues et de jazz free (Otis Redding, Albert Ayler, Ornette Coleman), son ambition est de sortir le rock de l'adolescence, d'en faire (comme de certaines pratiques) quelque chose d'"adulte".

Pour les besoins d'un single (The Ostrich), Lou Reed engagera John Cale, Angus McLise puis Sterling Morrison. Ils deviendront The Velvet Underground et attireront l'attention d'Andy Warhol. Celui-ci flaire en effet dans le vacarme du groupe l'élément dont il a besoin pour les shows qu'il projette à la FactoryThe Exploding Plastic Inevitable, mêlant projections, danse SM et lumières crues.

C'est à la Factory que le groupe, rejoint par Maureen Tucker (en remplacement d'Angus McLise) et la "superstar" (au sens warholien du terme) Nico, élabore les chansons de son premier album : une collection hétérogène de comptines malades (Sunday morning, Femme Fatale, I'll be your mirror), de réalisme rock (Waiting for the man, Heroin, Run run run) et de bacchanales sombres (Venus in furs, All tomorrow's parties, Black angel's death song).

Tags :
rock
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