Comment progresser vers l’inconnu ?

Comment progresser vers l’inconnu ?  Enquête sur l’exposition Archipel

Archipel est un dispositif interactif qui entend proposer, via une borne d'écoute à écran tactile, une exploration intuitive des musiques aventureuses apparues depuis le début du XXème siècle et développées grâce aux nouvelles techniques d'enregistrement et de modification des images et des sons. Conçu par la Médiathèque de la Communauté française de Belgique et proposé à la Bpi à l'automne 2010, ce dispositif innovant a fait l'objet d'une enquête qualitative auprès des visiteurs.
Exposition Archipel
Photo Cécile Desauziers, Bpi (cc By-NC-ND 2.0)
 

Trois modalités d’approche du dispositif (ou dynamiques d’usage) ont ainsi été identifiées : l’exploration restreinte, la progression pas à pas dans un domaine de connaissance, enfin le goût pour l’aléatoire.
Ces dynamiques se combinent avec des projets d’usages qui vont au-delà d’un intérêt ponctuel et supposent un investissement du dispositif décelable dans la répétition des venues et dans le rapprochement établi avec d’autres activités.
Les utilisateurs, dans leurs cheminements, procèdent en partant de repères connus, utilisant des « prises » qu’ils prélèvent sur l’interface (noms des artistes, graphisme des pochettes, etc), pour se risquer dans l’exploration de territoires inconnus.

Trouvant des points d’appui dans leur expérience personnelle, ils font appel au registre de l’émotion. La découverte de ce que présente Archipel paraît pouvoir se situer dans une frange de l’expérience fragile, toujours à redéfinir, qui correspond au temps pour soi. La dimension ludique du dispositif, le fait qu’il soit conçu pour deux personnes et favorise la sociabilité, joue un rôle important dans cette expérimentation d’un temps de découverte culturelle qui laisse au désir la chance d’émerger.

 

En un clin d’oeil

 
Objectif de l’étude
  • Évaluer les conditions de réception de l’exposition Archipel : recueillir des données sur la façon dont les visiteurs se sont emparés du dispositif mis à leur disposition. L’axe privilégié consiste à mettre en perspective le projet des concepteurs – transmettre l’apport esthétique de musiques nouvelles en invitant le public à élargir son mode d’écoute – et les façons de faire du public, ses cheminements, ses explorations.
 
Méthodologie
  • Enquête par observations et entretiens semi-directifs.
 
Principaux résultats
  • Des modalités différentes peuvent être dégagées dans l’approche du dispositif, des dynamiques d’usages, dont l’enquête a permis de préciser trois figures : l’exploration restreinte, la progression pas à pas dans un domaine de connaissance, enfin le goût pour l’aléatoire. Ces dynamiques se combinent avec des projets d’usages qui vont au-delà d’un intérêt ponctuel et supposent un investissement du dispositif décelable dans la répétition des venues, dans le rapprochement établi avec d’autres activités. Ces projets structurent les pratiques d’appropriation et jouent un rôle essentiel quant au temps passé dans l’exposition.
  • Les utilisateurs, dans leurs cheminements, procèdent en partant de ce qu’ils connaissent pour aller vers l’inconnu. Pour ce faire, ils utilisent des « prises » qu’ils prélèvent sur l’interface (noms connus, graphisme des pochettes….), combinant différents outils (index, îlots) pour se risquer vers ce qu’ils ne connaissent pas. Pour ce faire, ils trouvent également des points d’appui dans leur expérience personnelle et font appel au registre de l’émotion. La découverte de ce que présente Archipel paraît pouvoir se situer dans une frange de l’expérience fragile, toujours à redéfinir qui correspond au temps pour soi. La dimension ludique du dispositif, le fait qu’il soit conçu pour deux personnes et favorise la sociabilité joue un rôle important dans cette expérimentation d’un temps de découverte culturelle qui laisse au désir la chance d’émerger.
  • Ce travail actif de recherche de points d’appui qui soutiennent l’exploration est cependant le fait des visiteurs les plus motivés. D’autres, intéressés dans un premier temps, se découragent plus rapidement. L’enquête montre que ces usagers ne se tournent pas spontanément vers des professionnels susceptibles de les orienter. Il s’agirait donc, pour ces médiateurs d’aller à la rencontre de l’usager afin d’opérer un bon aiguillage qui consisterait à mettre en relation l’usager avec ce qu’il cherche parfois sans le savoir.

Liens

Captcha: