0   Commentaires
Article

Le Li-fi, nouveau Wi-fi ?

Appelée Li-fi, Light Fidelity, Li-fire ou Visible Light Communications, la technologie Li-fi pourrait changer notre quotidien. Alors que 2015 a été proclamée année internationale de la lumière, un point sur cette technologie basée sur la lumière nous permet de découvrir comment fonctionne le Li-fi, quels en sont les intérêts et les perspectives.

/files/live/sites/Balises/files/Images/Sciences%20et%20techniques/LedlightsVladimirAgafonkin.jpg
Led lights (photo Vladimir Agafonkin, Flickr, CC BY-NC 2.0)

Qu’est-ce que le Li-fi ?

Le li-fi est une technologie de transmission d’informations par la lumière, sans fil. Adaptée à une communication jusqu’à une dizaine de mètres, cette technologie utilise le spectre optique du spectre électromagnétique (et non la partie radio comme le wi-fi). Elle module l’amplitude des sources de lumière pour transmettre des données, un peu à la manière du signal Morse, en alternant le signal lumineux allumé et éteint à une vitesse si rapide que l'oeil ne peut la détecter.  (Voir la notice de wikipedia sur le Li-fi.)

Développée selon un protocole standardisé, cette technologie a été rendue possible grâce aux LED (lampes à diodes électroluminescentes) qui sont capables de transmettre une quantité très élevée d’informations.

schema explicatif du Li-Fi
schema explicatif (source : Boston University, "Les Echos")

Expérimentée au Japon depuis 2005, le Li-fi commence aujourd’hui à voir ses premiers débouchés commerciaux émerger, notamment en France avec la société Oledcomm.

 Le physicien Harald Haas a présenté le projet au TED 2011 (vidéo sous-titrée en français) :

Une technologie performante

Cette technologie présente d’indéniables avantages. Tout d’abord, la rapidité et la quantité d’informations qu’elle est capable de gérer est très supérieure aux technologies sans fil. De nombreuses universités et entreprises travaillent à son perfectionnement et le projet Ultra Parallel Visible Light Communications qui réunit notamment les universités d’Oxford, de Cambridge, St Andrews et Strathclyde a récemment réussi à obtenir un débit pouvant aller jusqu’à 3 gigabit/seconde pour un LED.

Le fait qu’il ne s’agisse pas d’ondes permet également d’éviter les interférences et donc le risque de perte d’informations. En effet, aujourd’hui, le wi-fi contraint à blinder toutes les parties électriques d’un local ce qui est très contraignant et coûteux. Mais c’est surtout la sécurité des informations qui intéressent certains secteurs économiques. En effet, le fait que le flux d’informations ne circule que dans le faisceau lumineux rend leur piratage complexe ce qui est un enjeu important pour des lieux sécurisés comme les centrales nucléaires, les avions, les hôpitaux ou ou les bases militaires.

Le Li-fi offre également un coût énergétique très faible puisqu’elle utilise l’éclairage présent dans le bâtiment et ne consomme que très peu d’énergie supplémentaire.

Enfin, contrairement aux ondes radio qui sont aujourd’hui saturées, le Li-fi utilise une bande de fréquence entièrement libre et pour laquelle il n’est pas nécessaire de se procurer de licence.

Des limites à dépasser

Cette technologie n’est cependant pas encore totalement parfaite. A moins de la coupler à une autre technologie, elle ne permet pas encore l’interactivité : pour le moment,  on ne peut que recevoir des informations d’un capteur Li-fi et non émettre vers lui. Son usage actuel, pour la première génération de Li-fi, ne peut donc permettre les transactions qui nécessitent d’envoyer des flux vers le réseau.

Parce qu’elle est liée au faisceau lumineux, elle nécessite également que la source lumineuse soit constamment allumée et demande d’être sous le faisceau pour réceptionner les informations communiquées.

Par ailleurs, en plus d’impliquer de changer le parc des lampes actuelles par des LED compatibles Li-fi, le Li-fi nécessite de déployer une infrastructure de collecte derrière les lampes LED. Pour capter les informations, il faut également télécharger un module d’extension ou une application sur sa tablette ou son smartphone.

Le Li-fi apparaît donc aujourd’hui plutôt comme une technologie complémentaire ou de substitution aux technologies de transmissions de données que sont aujourd’hui le CPL (courant porteur en ligne) ou le wi-fi, une “technologie des derniers mètres”.

De l’expérimentation aux applications

Expérimentée depuis 2010, la Li-fi a vu ses premières applications commercialisées dès 2012  et l’industrie table sur un développement à 5 ou 10 ans. Cette technologie pourrait venir compléter notre panoplie d’outils d’accès « sans fil » et notamment dans le domaine du « broadcast » de proximité (diffusion de flux très haut débit dans des espaces dédiés ou modulaires). L’un des enjeux importants est désormais de convaincre les fabricants d’équiper de base en Li-fi les smartphones, tablettes et autres objets connectés. Un consortium a d’ailleurs été créé pour répondre à cet objectif.

La géolocalisation

Le Li-fi peut être utilisé pour se géolocaliser à l’intérieur des bâtiments. Le musée du Grand Curtius de Liège est ainsi en train de s’équiper d’un système d’audioguidage en Li-fi, permettant aux personnes de capter directement les informations pour chaque oeuvre commentée, grâce au faisceau lumineux qu’il captera et sans avoir à sélectionner l’objet via un menu. 

La technologie Li-fi dans son application de géolocalisation a également été mise en oeuvre dans l’hypermarché Carrefour de Lille par l’entreprise Philips :

La transmission de données sécurisée et ciblée

La maternité de l’hôpital de Perpignan devrait également être équipée en Li-fi pour consulter les dossiers des patients sans mettre en danger la santé des nouveau-nés.

La Sncf envisage également des applications dans les gares pour informer les voyageurs.

 

Une technologie à suivre...

 
Captcha: