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Vous avez dit manga ?

Les origines historiques du manga divisent les spécialistes : fin du XVIIIe siècle, seconde moitié du XXe siècle ? Tout le monde s’accorde en revanche pour situer au Japon l’apparition de ces « images dérisoires », traduction littérale du terme. 
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Epitamine 2009, mangas par Kos (CC-BY-2.0)

Mais le manga a beaucoup voyagé depuis les années 1980-1990, aux Etats-Unis et en Europe notamment, au point que la France apparaît désormais d’après certaines données comme le second marché mondial de ce type de bandes dessinées. 

Nombreux sont les jeunes et moins jeunes lecteurs français, garçons et filles, qui lisent ainsi de droite à gauche, sens de lecture traditionnel du manga au Japon, et qui se familiarisent de manière plus ou moins approfondie avec la culture japonaise : langue, coutumes, histoire, etc.. 
Il existe même aujourd’hui des dessinateurs de mangas français dont les productions sont simultanément publiées dans les deux pays… 
Près d’un manga sur deux est cependant lu sur un téléphone portable au Japon, ce qui est loin d’être le cas pour le moment en France.

Le mot Manga



Le mot Manga est composé de deux idéogrammes : 

ga qui signifie image dessinée, dessin, peinture

man, notion plus complexe, qui peut se comprendre comme léger, divertissant, et qui signifie pour un dessin, esquisse rapide.

Employé à l’origine uniquement pour désigner la bande dessinée japonaise, le terme est aussi utilisé aujourd’hui pour les bandes dessinées en provenance d’Asie ou d’Europe quand celles-ci respectent les codes ou l’esthétique des mangas.

Par extension le mot manga sert aussi à désigner les productions audiovisuelles : dessins animés ou films inspirés des mangas.

Les grandes catégories de Mangas

Si les grandes catégories qui divisent le genre sont désormais bien connues en France, « shônen » et « shôjo », elles ne couvrent qu’une petite partie de la galaxie manga dans laquelle on trouve aussi les catégories telles que « seinen », « josei », et même les sulfureux « hentai » et « yaoi » :

Shônen : mangas destinés aux jeunes garçons (enfants et adolescents jusqu'à 17 ans) 
C’est de loin le genre le plus populaire. A titre d’exemple, le shônen Naruto (plus de 50 volumes) s'est vendu à 14 millions d'exemplaires en France depuis sa première parution. Un tome de Narutose vend toute les 18 secondes.

Shôjo : mangas destinés aux jeunes filles, (enfants et adolescents jusqu'à 17 ans) 

Seinen : mangas destinés aux hommes adultes
Au Japon, où la publication des mangas remonte à plus de 60 ans, les jeunes lecteurs de shônen, devenus adultes, continuent de lire des mangas…

Josei : mangas destinés aux femmes adultes

Manhua : Bande dessinée chinoise

Manhwa : Bande dessinée coréenne

Hentai : mangas érotiques destinés aux adultes 

Yaoi : mangas mettant en scène des personnages homosexuels masculins, lus par un public essentiellement féminin.

Ces découpages, comme on le voit, concernent essentiellement des catégorisations par tranches d’âge, très utiles aux éditeurs asiatiques pour positionner leurs publications sur le marché éditorial. 
Elles n’empêchent pas une certaine forme d’hybridation et l’existence en France de catégories spécifiques, telles que le roman graphique, par exemple, dans laquelle on classe volontiers Taniguchi.
Pour tenter d’en savoir plus et apprécier la richesse et la diversité des différents mangas, il faut se jeter à l’eau, en prenant bien soin d’ouvrir les mangas dans le bon sens de lecture…

Histoire du Manga

Au japon


1814 : le mot Manga est employé pour la première fois par le peintre japonais Hokusaï pour intituler un de ses recueils de dessins : Les images dérisoires de Hokusaï.
Feuilleter la "Manga" d'Hokusaï sur le site de la BnF

1914 : le terme Manga  se systématise au Japon avec le lancement de la première revue pour les jeunes garçons, Shônen-club des éditions Kodansha.

1947 : Manga Shônen, premier magazine mensuel japonais à ne publier que du manga.

1950 : création des librairies de prêt qui diffusent une production exclusive de mangas et apparition des bandes dessinées pour jeunes filles avec le magazine Sôjo Book.


En France


1978 : en France, l’émission de télévision « Récré A2 » animée par Dorothée, propose les dessins animés Candy, Albator et Goldorak.

1980 à 1990 : les éditeurs se lancent dans l’édition des titres connus en tant que dessins animés et rencontrent progressivement un grand succès. 

1996 à 1998 : certains éditeurs renoncent à l’édition de mangas, mais le public de fans continue d’entretenir sa passion aidé par Internet

2000 : reprise des publications en grand nombre, le manga s’installe alors comme un genre à part entière faisant partie intégrante du paysage de la bande dessinée française.

2004 : début du boom des mangas, en 2005, 937 mangas édités, en 2006, 1110 mangas édités et 13 millions d’exemplaires vendus.
 
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