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Makers : Programmer et partager

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Thomas Thilbault du Collectif BAM répond à la question "Qu'est-ce qu'un maker ?" 
Designer de formation, il anime des ateliers de programmation sur la base d'outil du libre . Nous l'avons interviewé à la Bpi lors de l'atelier "Ma petite station météo avec Arduino" .
 

Thomas ThibaultBonjour, je m'appelle Thomas Thibault, je suis membre du collectif BAM, designer et cofondateur du collectif Bam, un collectif de designer qui travaille sur les pratiques numériques et les pratiques collaboratives.

Balises : Quelles définition donneriez-vous d’un maker ?

Thomas Thibault : Un maker, c’est quelqu’un qui a envie de partager et qui a envie de faire, tout simplement. Une personne qui tricote, qui aimerait partager ce qu’elle fait, la façon de tricoter, etc... et qui le partage via des plateformes, devient un maker. Un maker, n’est pas forcément concerné uniquement par le numérique.
On ne doit pas prendre les objets juste comme des objets passifs. L’intéret du numérique, des Fablabs etc…, c’est qu’on peut se permettre de hacker, de transformer, réadapter chacun des objets de notre environnement à nos propres usages. Tous ces objets, notre environnement, sont très normalisés. Faire soi-même cela permet de reprendre un peu la main sur des choses comme ça. Et même reprendre un peu la main sur des problèmes, comme l’obsolence programmée et de devenir plus acteur, en fait, par rapport à son environnement.
Il y a un lien entre maker et hacker, culturellement.  Déjà, le hacker est un maker dans les années 80. Il aime partager, faire avec la matière qu'est pour lui le code. Mais le maker sort un peu de cette culture de hacker, d’internet. Même si les deux sont très liés, en fait.

Balises : Pourquoi animer des ateliers makers ?

Thomas Thibault : Animer des ateliers dans des lieux comme la Bpi, cela permet aussi une autre approche. C’est la première fois aussi que j’ai des gens qui ne sont pas du milieu ou de l’écosystème des makers. Cela permet d’ouvrir à d’autres personnes, qui ne s’y connaissent pas forcément ou qui ne sont pas passés par la porte de la culture Geek, la culture Open source, mais qui ont juste envie de faire et d’apprendre des choses.

Balises : Qu’est-ce que vous allez apprendre à ces personnes qui participent à un atelier Arduino ?

Thomas Thibault : Je commence par une découverte pendant une vingtaine de minutes de tous les outils qui existent et qui ont permis de démocratiser la programmation électronique ou la création de façon assez large en terme d’interaction physique, etc…
Il y a vraiment plein de choses qui se sont développées ces dix dernières années et du coup, il n’y a pas juste Arduino, il y a plein d’autres outils.
Et après, on leur apprend à utiliser la breedboard qui est une plaque de prototypage soudure, puis à commencer à comprendre le langage code. C’est à dire pas forcément Arduino mais la manière dont fonctionne le code, parce que c’est une logique particulière, une grammaire particulière, avec un vocabulaire particulier.
A la fin, on doit pouvoir comprendre les bases pour pouvoir ensuite se débrouiller tout seul en allant chercher un bout de code, en en prenant un autre, en sachant comment les mixer… Il n’y a pas besoin de savoir complétement tout faire en programmation.
Il y a tellement de choses qui se font sur Internet. Il suffit de prendre des morceaux de code, de les imbriquer et comprendre comment la grammaire se fait permet de mixer ça et de se débrouiller tout seul.

Balises : Vous faites partie d’un collectif de designer. Quel rapport entre design et makers ?

Thomas Thibault : Le designer est un peu un maker dans le sens où il s’interroge sur les objets qui l’entourent et les requestionne. Il se pose la question : Est-ce que cet objet est bien fichu ? Quel est le problème qu’il sous-entend  ? Peut-être qu’il pose mal le problème, cet objet ?
Dans ce sens-là, on peut considérer que le designer réinvente ces objets, ces environnements comme pourrait le faire la culture maker.
Après, ce n’est pas exactement la même chose. C’est vrai qu’on retrouve beaucoup de designers dans les Fablabs ou autres, mais beaucoup de designers ne se retrouvent pas du tout dans la culture maker.
Nous, on se retrouve beaucoup dans la culture Open source, on met tous nos projets en Creative Commons, en Open source. On prend même l’Open source comme une contrainte de conception, ce que ne font pas tous les designers.


Les extraits et images illustrant la vidéo proviennent :
d'une vidéo de la chaîne Viméo-tangiblemedia
d'une vidéo : Firewall de la chaîne Viméo de Aaron Sherwood
du site l'increvable.com
du site poc21.cc 
de la vidéo Youtube de MakerTheMovie

Le site de Thomas Thibault et celui du collectif BAM

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