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filet sur le sable
Disparitions – filet, Zarzis, Tunisie, 2012 © Laetitia Tura
Dossier

Je suis pas mort, je suis là

Publié le 
Nous vous proposons de découvrir chaque jour de février, sur la Une de Balises, une photographie tirée du travail de la photographe Laetitia Tura, intitulé « Je suis pas mort, je suis là ». 32 images viendront enrichir ce dossier. 
Ce projet parcourt les endroits traversés par les migrants africains à travers une série d’images dans lesquelles on distingue les traces légères et éphémères de ceux qui y ont souvent laissé leur vie. .
Pour traverser les frontières, murs réels et lignes imaginaires, chacun apprend sur le tas. Un savoir caché se transmet de rencontres en rencontres.
Dans cette entreprise identifiée à une guerre, l’on devient soldat pour sa propre survie. Aventuriers. Abandonner provisoirement son identité, tra­verser le territoire à la marge des villes, se camoufler, avec ses seuls pieds en guise d’arme et son corps pour unique rempart.
La durée, l’effort, l’incertitude : loin des regards, le mouvement des migrants est souvent peu spectaculaire et sillonne des lieux isolés où rien ne se passe.
 
La frontière marocco-algérienne, fermée depuis 1994. Voie d’entrée sur le territoire marocain et lieu de déportation.
Pour traverser ce no man’s land, il faut détecter les signes-repères – fils électriques, rail de trains, lumières nocturnes d’une ville –, éviter les lieux pièges.
Arrivés au front.
Melilla et sa barrière, seule frontière terrestre de l’Europe sur le continent Africain.
Se préparer pour l’offensive. Disparaître des radars.
Plus tard, les fantômes refont surface.
Ceux restés dans la mer ; ceux que les courants n’ont pas déposés sur les plages. Ceux dont les corps ont été perdus dans le désert.

 
Photographies et textes Laetitia Tura
Extraits d’entretiens réalisés avec Hélène Crouzillat