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Trois découvertes archéologiques pour un nouveau regard sur nos sociétés

L’archéologie a connu depuis les années 1980 d'importants progrès techniques et méthodologiques. Ceux-ci ont permis de revisiter des pans entiers de l'histoire de l'humanité. La Bpi organise le 22 octobre 2018 une rencontre pour expliciter cette nouvelle approche, en écho à la sortie de l'ouvrage Une histoire des civilisations. Comment l'archéologie bouleverse nos connaissances, coédité par l'Inrap et La Découverte. Balises invite Dominique Garcia, président de l’Inrap et co-directeur de l’ouvrage, à présenter trois objets archéologiques qui montrent que l’archéologie est une science contemporaine indispensable pour comprendre l’histoire du monde.
L'ambition de l’ouvrage Une histoire des civilisations. Comment l’archéologie bouleverse nos connaissances est de proposer un cadre de référence inédit, pour une approche universelle des civilisations. Il offre une synthèse du savoir actuel sur les origines et le développement matériel des sociétés, des périodes les plus reculées au présent, avec le souci de placer chaque civilisation dans son contexte de temps et de lieu, à travers ses singularités sociales et culturelles. Il intègre les défis auxquels fait face l’archéologie aujourd’hui : la localisation du berceau de l’hominisation, les origines et l’extension des civilisations sédentaires, les stratégies économiques et politiques qui ont mené à la fondation des grands empires et les conditions de leurs dislocations, la mondialisation, sans oublier les migrations qui se sont succédées de la Préhistoire à nos jours.

Alors que naguère l’archéologue, également collectionneur et historien de l’art, ne s’intéressait qu’à des vases, des statues ou  par exemple  des monnaies, les chercheurs aujourd’hui étudient une large variété d’objets d’origine humaine (des artefacts) ou naturelle (des écofacts) qui documentent les sociétés humaines, leurs productions mais aussi leur environnement. Ainsi, des pollens, des ossements d’animaux, des graines carbonisées, des matériaux sédimentaires figurent parmi les « objets » permettant de restituer les paysages, les climats, les productions agro-pastorales des sociétés anciennes mais aussi l’impact que ces communautés ont eu sur leur environnement. Bien entendu, les restes humains, les productions artisanales (céramiques et autres objets) et les éléments d’architecture demeurent – même à l’état de fragments – des « archives du sol » aptes à nourrir la réflexion des chercheurs.
 
biface
Biface présenté en page 50 de l'ouvrage, © Hérisson/Inrap

Un biface d’au moins 300 000 ans a été mis au jour dans la Somme par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Dans cette région, la découverte de ce type d’outil en association avec des ossements d’animaux a marqué l’acte de naissance de l’archéologie préhistorique au milieu du 19e siècle.
En opposition avec les écrits religieux, ces documents ont démontré l’ancienneté des sociétés humaines.

vase à vin
Œnochoé présenté en page 279 de l'ouvrage, © Glicksman/Inrap

À Lavau, dans l’Aube, la tombe d’un prince celte du milieu du 5e siècle avant J.-C. a livré un luxueux ensemble d’objets d’origine méditerranéenne (Grèce, Étrurie…). Ce vase à verser le vin, fabriqué dans la région d’Athènes, a été enrichi d’éléments en or pour son propriétaire celte.
Il témoigne des relations étroites entre l’Europe continentale et la Méditerranée au milieu du 1er millénaire avant J.-C.

inscriptions durant la guerre 14-18
Inscriptions présentées en page 517 de l'ouvrage, © Bossut/Inrap

À Naours, dans la Somme, les archéologues ont étudié les inscriptions tracées par des soldats australiens et canadiens durant la guerre 1914-1918 : des témoignages sensibles qui complètent les informations historiques.
L’archéologie s’intéresse à nos origines mais également à notre passé le plus récent.


Dominique Garcia, Président de l’Inrap
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