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Les murs frontières dans le monde

Depuis la chute du Mur de Berlin, les murs frontières ne disparaissent pas, mais au contraire se multiplient. Certaines de ces barrières sont connues : le mur entre le Mexique et les États-Unis, ou celui séparant Israël et la Cisjordanie. D'autres le sont moins, comme le «mur de sable» dans le Sahara occidental, ou encore les barrières qui séparent l'Inde du Bangladesh et du Pakistan.
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Mur de séparation israélien, près de Qalandia, Palestine, par Simio [CC-BY-SA-1.0], via Wikimedia commons


En 2015, le géographe Stéphane Rosière dénombre une trentaine de murs qui représentent 18 000 km de clôtures. Le site des murs.org propose une carte des murs actuels et a mesuré 21 000 km de murs frontières dans le monde en incluant les projets ou les murs encore inachevés.

Quelles fonctions pour ces murs ?

Historiquement le mur frontière a une fonction militaire et défensive : protéger un territoire d’un ennemi bien identifié. Le plus ancien, la grande muraille de Chine, construit entre le 5e et 3e siècle avant JC, était destiné à contrer les invasions mongoles. En Angleterre, le mur d’Hadrien, au 2e siècle après JC, faisait partie du « limes », limite entre civilisés et barbares, conçue pour protéger l’empire romain des invasions barbares.

Aujourd’hui, cette fonction militaire est toujours revendiquée.
Dans les cas de conflits gelés, le mur devient une mesure de précaution pour apaiser les tensions. Il peut être aussi un moyen d’imposer la création d’une frontière. 

Mais un nouveau type de murs apparaît avec une fonction un peu différente : combattre non plus un ennemi bien déterminé mais des menaces globales comme l’immigration ou le terrorisme, voire les deux.
 

Pourquoi toujours plus de murs ?

La mondialisation entraîne une plus grande circulation des biens, des capitaux et des hommes. Lorsque le niveau de développement de pays mitoyens est très différent, la tentation du repli sur soi devient alors très forte. De nombreux murs sont en fait des barrières anti-immigration séparant des pays riches de pays pauvres. En 2009, le différentiel de PIB, entre les Etats-Unis et le Mexique par exemple, est de 1 à 6 . Il est de 1 à 16, entre l’Espagne et le Maroc (voir l'article de Stéphane RosièreLes "murs" en l’an 2009, 20 ans après l’ouverture du mur de Berlin).

La menace terroriste réelle, ou fantasmée dans certains cas, contribue également à l’accroissement des murs. La recrudescence des attentats kamikazes en Israël par exemple, au début des années 2000,  a fortement pesé dans la décision d’ériger le mur de séparation actuel. 

Quelle efficacité ?

A court terme certains murs semblent efficaces. Le mur entre Israël et les territoires palestiniens a permis une diminution des attentats suicides mais il n’a pas solutionné le conflit. A Melilla en Espagne, la surélévation du mur, de 3 à 6 mètres, a pratiquement stoppé l’immigration sub-saharienne en ce point précis.

Mais cela n'a pas arrêté les migrants qui suivent désormais une autre route par la mer Méditerranée. "La route la plus mortelle du monde", selon le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés qui a recensé 3500 morts en mer au cours de l’année 2014, ce chiffre n’incluant pas les disparus.

Sur le long terme ces murs n’apportent aucune solution. Ils isolent le problème à l'origine de leur construction, ont tendance à l’amplifier et symbolisent surtout l’impuissance des États à le gérer.
Alors qu'il est proposé comme une solution, le mur devient donc très vite un problème en soi.
Le bilan humain est souvent lourd car quelle que soit la hauteur du mur et sa militarisation, il y a toujours quelqu’un pour le surmonter ou le contourner au péril de sa vie.
 

Recensement des murs dans le monde

par le site Des murs.org


 
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